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26 juillet 2018

CITATION

Ah! si les jeunes littérateurs qui se pressent sur les avenues étroites du Parnasse savaient à quel prix on achète cette renommée vaporeuse qu’ils recherchent, ils seraient moins jaloux de s’enivrer d’un encens si cher. Puissent-ils ignorer du moins combien il est difficile de concilier, comme dit Labruyère [sic] : « La justesse d’esprit qui fait écrire de bonnes choses, avec celle qui fait appréhender qu’elles ne le soient pas assez pour mériter d’être lues ; » puissent-ils ignorer l’embarras d’un écrivain obligé de calculer sans cesse si chaque pas qu’il fait vers le temple de mémoire ne le rapproche pas trop de la police correctionnelle.

Ces réflexions moroses m’étaient suggérées, hier matin, par la difficulté de trouver le sujet d’une nouvelle romantique, qui m’était demandée par mon libraire ; de l’impatience qu’il m’avait fait éprouver une recherche jusqu’alors infructueuse, j’étais arrivé à une déclamation mentale contre la vie errante que j’ai menée vingt ans, et qui, après m’avoir tenu constamment éloigné d’une profession de mon choix, m’a conduit tout doucement à la nécessité d’aligner quelques phrases d’un mérite, et surtout d’un succès douteux.

Georges Touchard-Lafosse (1780-1847) : Les Réverbères, deuxième édition, volume VI ; Charles Lachapelle éditeur, Paris, 1838 ; Nuit XIIIme , pages 6 à 8).

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