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LETTRE OUVERTE A EMMANUEL MACRON, par Olivier Mathieu, écrivain

12 juin 2018
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LETTRE OUVERTE A EMMANUEL MACRON,

PAR OLIVIER MATHIEU, écrivain

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La lettre qui suit va être adressée à M. Emmanuel Macron, président de la République française, au Palais de l’Elysée à Paris.

Nous la publions en outre, en tant que « lettre ouverte »: conjointement sur le blog « En défense de David Hamilton« , et sur le blog « Lequichotte » de Jean-Pierre Fleury, docteur en sociologie de l’Université française.

Nous vous appelons à la lire et à la diffuser aussi massivement que possible.

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Olivier Mathieu, écrivain.

Destinataire:
Monsieur le Président de la République,
Emmanuel Macron

Palais de l’Elysée
55, rue du faubourg Saint-Honoré
75008 Paris
(Courrier dispensé d’affranchissement).

Le 26 février 2018

Objet : défense de la mémoire de David Hamilton.

Monsieur le Président de la République,

Léonard David Hamilton, le fameux photographe britannique universellement connu, né à Islington (Londres) le 15 avril 1933, installé en France depuis des dizaines d’années, aurait été retrouvé mort, à son domicile du 41 boulevard du Montparnasse à Paris, le 25 novembre 2016. J’écris aurait, au conditionnel, dans la mesure où l’acte de décès de la victime stipule que « le jour du décès a été impossible à déterminer ».

L’exercice des fonctions d’officier de l’état civil est placé sous le contrôle des juridictions judiciaires. Comme chacun sait, aux termes de la loi française, il appartient à l’officier de l’état civil de s’assurer de la véracité des informations amenées à figurer dans les actes qu’il établit. Il doit notamment inviter les partis, déclarants et témoins dont le nom de famille et le prénom sont amenés à figurer sur l’acte à justifier de leur identité (réponse du garde des Sceaux à la question écrite n°23 921 du 13 février 1995, J.O. du 27 mars 1995 p.1684). En d’autres termes, l’officier de l’état civil doit s’assurer de la réalité des faits matériels portés à sa connaissance pour enregistrement en matière de naissance et de décès. L’officier d’état civil veille à la légalité des informations qu’on lui demande d’acter. Il est tenu de refuser de faire figurer sur les actes des énonciations illégales et contradictoires ou qui révéleraient par elle-mêmes leur caractère mensonger. Il doit bien sûr refuser de dresser des actes illégaux, mensongers ou frauduleux. En cas de doute, l’officier de l’état civil se réfère au procureur de la République, lequel lui donnera toute instruction utile. Il lui est de même conseillé d’attirer l’attention des personnes concernées sur les sanctions encourues en cas de déclarations mensongères. Si une déclaration est mensongère, s’appliquent les peines du délit de faux en écriture publique (art. 441-4 1er Code pénal).
Je vous écris aujourd’hui, Monsieur le Président de la République, parce que je désirerais savoir ce que vous pensez – vous qui incarnez l’autorité de l’État; vous qui veillez, par votre arbitrage, au respect de la Constitution: vous qui assurez le fonctionnement des pouvoirs publics et la continuité de l’État – de cet acte de décès.

Soit cet acte de décès (« le jour de la mort a été impossible à déterminer ») dit la vérité et, dans ce cas, je serais curieux – non seulement en tant que simple citoyen, mais aussi en tant qu’admirateur de l’oeuvre photographique de Léonard David Hamilton – de savoir le jour exact de sa mort, et la cause précise de son décès. Soit cet acte de décès n’a pas été rédigé correctement et, dans ce cas, je m’applique et m’appliquerai à chercher à savoir pour quel motif.

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M. Léonard David Hamilton, qui était la cible d’une campagne de presse de très grande ampleur depuis la fin du mois d’octobre 2016 (au point d’avoir été défini à la télévision par M. Thierry Ardisson comme, je cite, un « enculé » et un « connard », insultes qui à ma connaissance n’ont étrangement pas donné suite à la moindre réprimande de la part du CSA!), avait adressé à l’AFP et à la presse française un communiqué par lequel il rejetait catégoriquement les allégations proférées à son encontre, mais encore avait-il indiqué craindre pour sa vie.

M. Léonard David Hamilton méritait la protection de l’Etat, je le crois et l’espère; et cela d’autant plus qu’il avait contribué à la grandeur de la culture française pendant des décennies puisqu’il fut un collaborateur de nombreuses revues en France, par exemple en tant que directeur artistique au journal Elle.

J’ignore quelles mesures a alors prises (ou peut-être devrais-je dire: aurait pu prendre) l’Etat pour protéger un vieillard de 83 ans, divorcé, sans enfants, et dont la santé déclinait, qui déclarait publiquement sur Internet craindre pour sa sécurité.

Si j’en crois les récits (d’ailleurs souvent contradictoires, ou visiblement partiels) donnés par la presse, on aurait retrouvé M. Léonard David Hamilton avec « un sac de plastique sur la tête » et « la porte ouverte » de son appartement sis 41 boulevard du Montparnasse, à 75 006 Paris, au premier étage.

Cette mort aurait eu lieu le 25 novembre 2016 et, encore une fois, j’emploie le conditionnel aurait dans la mesure où cette date n’est nullement confirmée par l’acte de décès de la victime. Le 25 novembre 2016 est, comme l’ont noté plusieurs journaux français avec une très grande sagacité, le « Jour de la violence contre les femmes ».

Selon plusieurs articles de presse, on peut déduire que quelques jours avant son suicide présumé, M. Léonard David Hamilton avait des projets; et qu’il se rendait par exemple chez des commerçants de son quartier de Montparnasse, qui en ont témoigné dans la presse.

Deux jours avant sa mort, M. Léonard David Hamilton avait surtout indiqué sa volonté de porter plainte en diffamation contre Madame Flavie Flament.

Cette dernière, après avoir laissé passer les délais légaux de prescription pour éventuellement porter plainte contre M. Léonard David Hamilton pour le « viol » présumé dont elle aurait été victime, remontant selon elle à l’année 1987, avait en revanche publié un ouvrage présenté comme un « roman » aux éditions Lattès, dont le titre est: La consolation.

Cet ouvrage est illustré en couverture d’une photographie prise par M. Léonard David Hamilton en 1987, image publiée par Madame Flavie Flament et par les éditions Lattès sans l’autorisation de l’auteur de la photographie. Il y avait donc là une claire, évidente et indéniable infraction à la législation sur le droit à l’image, ce que Madame Flavie Flament a bien volontiers avoué à diverses reprises dans la presse française, déclarant que cette infraction, de sa part, était « intentionnelle ». A titre personnel, il me semble assez curieux qu’une dame co-chargée d’une mission ministérielle de « consensus » claironne publiquement se rendre coupable intentionnellement d’infractions. Il m’a donc semblé, et il me semble que voilà un décès susceptible peut-être que l’on se pose maintes questions à son sujet. L’acte de décès de M. Léonard David Hamilton, enfin, a été enregistré hors délais légaux par la mairie du sixième arrondissement de Paris.

N’y a-t-il pas ici des éléments dignes d’être pris en considération dans l’optique d’une réouverture d’une enquête?

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Je désire également attirer votre attention, Monsieur le président de la République, sur d’autres faits de notoriété publique.

S’entretenant avec la presse, Madame Flavie Flament a elle-même et publiquement indiqué que, « quatre heures avant » la mort de David Hamilton, elle lui avait fait téléphoner, et cela pour l’apeurer en lui faisant communiquer qu’une certaine « Elodie » s’était rangée dans son camp.

D’une part, quelques jours auparavant, Madame Flavie Flament avait été nommée pour co-diriger une « mission de consensus » sur le prolongement des délais de prescription au sujet des viols sur mineurs.

Je me demande, nul ne pouvant être juge et partie, s’il n’y avait pas conflit d’intérêts lorsque, le 25 novembre 2016, cette dame a fait téléphoner à David Hamilton, c’est-à-dire à l’homme qu’elle accusait elle-même d’un « viol » remontant, à l’en croire, à 1987.

Elle le faisait appeler, au demeurant, alors que David Hamilton avait publiquement fait savoir qu’il ne désirait pas avoir de contacts avec les journalistes. Elle le faisait appeler, en dernière analyse, pour lui communiquer une nouvelle sans nulle importance du point de vue judiciaire ou pénal, puisque la plainte déposée autrefois contre David Hamilton par cette « Elodie » avait été rejetée par la justice française.

En d’autres termes, Madame Flavie Flament, quoique fraîchement nommée par Madame Laurence Rossignol pour co-diriger une mission de consensus, faisait téléphoner à David Hamilton, âgé de 83 ans, et cela pour lui communiquer une pseudo-« nouvelle ».

Il y a ici quelque chose d’inquiétant, me semble-t-il, puisque Madame Flavie Flament, dans divers entretiens avec la presse, établit elle-même un rapport temporel de cause à effet entre ce coup de téléphone et la mort de David Hamilton.

Madame Flament a déclaré à la presse connaître l’heure du coup de téléphone donné à David Hamilton, le 25 novembre 2016. Voilà une information extrêmement importante puisque, selon l’acte de décès de David Hamilton, le jour de son décès a été impossible à déterminer. Pourtant, Flavie Flament semble en connaître jusqu’à l’heure précise.

Voilà une affaire – celle de la mort de David Hamilton – à laquelle les proches de Madame Flavie Flament ont apporté une attention toute particulière, à dire vrai… Ainsi, quelques heures après la mort du photographe britannique, voilà que Mademoiselle Lou Pachkévitch (fille du premier lit du concubin actuel de Madame Flavie Flament, un certain Vladimir Pachkévitch) « tweetait » le tweet suivant, disons à tout le moins péremptoire et qui manifeste peu de commisération chrétienne ou simplement humaine : « Justice est faite ». De quelle conception de la « justice » s’agit-il là?

Je n’ai pas réussi, je le confesse, à déterminer quelle serait la conception de la justice de Madame Flavie Flament en personne, lorsqu’elle déclare par exemple à la presse, et cela dans les plus importants journaux français, que les ayants droit de David Hamilton auraient « vidé les appartements » de ce dernier des « preuves de ses crimes, qu’ils devaient contenir »? Comment Madame Flament peut-elle accuser les ayants droit de David Hamilton, qui sont ses demi-soeurs extrêmement âgées, de « vider » des appartements de « traces de crimes »? Effacer des traces de crime est un délit lourdement puni. Mais en outre, de quels crimes parle-t-on ici? David Hamilton n’a jamais été condamné à quoi que ce soit; les rares plaintes déposées contre lui ont été rejetées par la justice. De la sorte, accuser deux vieilles dames d’effacer des traces de crimes – comme le fait Flavie Flament – est-ce là quelque chose de raisonnable, de sensé, d’équilibré? Est-ce là quelque chose de compatible avec l’attitude professionnelle et objective qui devrait être celle d’une « co-chargée de mission de consensus » par le gouvernement français?

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A une époque où le gouvernement français a été interpellé par exemple par Madame le député Valérie Boyer au sujet de « l’Affaire Théo », et où les sociologues, les intellectuels mais aussi les politiciens sont à juste titre très attentifs aux « fake news » et à l’usage que certains font aujourd’hui de Twitter, comme si des internautes érigés en justiciers croyaient s’appuyer sur les lynchages médiatiques de Twitter, en délaissant hélas le recours démocratique aux tribunaux de la République française, j’avoue être inquiet.
Le gouvernement français est en train, me dit-on, de proposer des amendes destinées à lutter contre le sexisme et le « harcèlement de rue ». Ne pensez-vous pas, Monsieur le président de la République, que quelque chose doive aussi être fait contre – par exemple – les insultes télévisées?

Je suis fils de deux enseignants réputés de l’Université française et je me permets de penser que cela ne saurait être un fort bon exemple pour la jeunesse française si un homme de 83 ans, David Hamilton, a été insulté ignominieusement (« connard ») et peut-être même de façon homophobe (« enculé »), en toute impunité, par M. Thierry Ardisson. Quelle émulation positive cela pourrait-il produire parmi les « chères têtes blondes »?
J’ai pour ma part la certitude que Léonard David Hamilton aurait dû avoir – comme tout un chacun – le droit à la présomption d’innocence, ce très noble principe inscrit depuis des siècles dans le droit français. Et par conséquent de ne pas être « lynché » lors d’un de ces terribles lynchages médiatiques qu’ont dû affronter récemment, pour n’en citer que deux, MM. les ministres Darmanin et Hulot, membres de votre gouvernement et auxquels ledit gouvernement a réitéré sa confiance en mettant en avant, à très juste titre, leur présomption d’innocence. La loi étant égale pour tous, ce qui est valable pour MM. Darmanin et Hulot ne devait-il pas l’être pour David Hamilton?

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Une « société de délation » est inimaginable, vous l’avez-vous-même et à très juste titre rappelé, et ne serait-ce que parce que cette délation rappelle de tristes périodes de l’Histoire et que l’on ne doit souhaiter à toute société démocratique d’échapper aux excès et aux horreurs de toutes les épurations de sinistre mémoire.

Tôt ou tard, des intellectuels, des journalistes consciencieux, des enquêteurs se pencheront sur les circonstances de la mort de David Hamilton. La lettre que je vous adresse aujourd’hui a pour désir et pour ambition de prendre date dans un débat qui, un jour ou l’autre, devra avoir lieu.

Les citoyens français en général, et les lecteurs de mes livres en particulier, que vont-ils ou que doivent-ils penser de l’attitude de Madame Flavie Flament qui (bien que co-chargée d’une « mission de consensus » sous le quinquennat du président François Hollande par Madame Laurence Rossignol, mission de consensus qui la conduit encore aujourd’hui à s’exprimer devant le Parlement français) accuse publiquement deux vieilles dames « d’effacer les traces de crimes »?

Que vont-ils ou que doivent-ils penser de l’attitude de Madame Flavie Flament qui (bien que co-chargée d’une « mission de consensus » sous le quinquennat du président François Hollande par Madame Laurence Rossignol, mission de consensus qui la conduit encore aujourd’hui à s’exprimer devant le Parlement français) déclare que si David Hamilton l’avait attaquée en diffamation et que si elle avait été alors condamnée par la justice, il se serait agit d’une injustice? N’est-ce pas dire là que la justice ne vaut à ses yeux que si la justice lui donne raison, à elle seule?

Que vont-ils ou que doivent-ils penser de l’attitude de Madame Flavie Flament qui (bien que co-chargée d’une « mission de consensus » sous le quinquennat du président François Hollande par Madame Laurence Rossignol, mission de consensus qui la conduit encore aujourd’hui à s’exprimer devant le Parlement français) a déclaré publiquement qu’elle aurait voulu « voir David Hamilton menottes aux poings devant un juge », ce qui dénote me semble-t-il chez une chargée de mission gouvernementale une ignorance assez stupéfiante de la loi, car le port de menottes est considéré contraire aux Droits de l’Homme par la Cour européenne des Droits de l’Homme… Même dans la (parfaitement improbable) hypothèse où une plainte contre David Hamilton eût été reçue et instruite, il est heureusement exclu que la justice française ait jamais menotté, dans un tribunal, un accusé de 83 ans qui, en outre, eût été à considérer innocent jusqu’à un jugement définitif. Madame Laurence Rossignol définissait Madame Flavie Flament comme une « spécialiste du viol », elle n’est en tout cas pas spécialiste de droit.

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Que pensez-vous qu’il soit possible de faire, Monsieur le président de la République, afin de mettre un terme aux délations et aux divagations qui ont frappé cet artiste ou son entourage, en d’autres termes afin de défendre la mémoire de David Hamilton et de réparer, au moins dans la mesure du possible, les torts évidents qui ont été commis contre sa personne – alors qu’il n’avait jamais été condamné à strictement quoi que ce soit – mais aussi contre son oeuvre artistique, immense?

Auteur pour ma part de trois ouvrages récents publiés par Jean-Pierre Fleury, docteur en sociologie de l’université française (Le portrait de Dawn Dunlap; puis C’est David Hamilton qu’on assassine, avec une préface de l’écrivain suisse Roland Jaccard, collaborateur du journal « Causeur »; et enfin, David Hamilton suicidé… mais par qui?), je me permets, Monsieur le président de la République, de solliciter votre éminente et bienveillante attention sur les points que j’ai brièvement soulevés dans mon courrier.

Dans l’espoir d’avoir retenu votre attention, je vous prie de bien vouloir agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression de ma considération très distinguée.

Olivier Mathieu

Ecrivain

Auteur des livres:

Le Portrait de Dawn Dunlap

C’est David Hamilton qu’on assassine (préface de Roland Jaccard)

David Hamilton suicidé… mais par qui?

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