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À PROPOS DE LA CHANSON DES ESTIVELLES

10 juin 2018

Les Estivelles, comme déjà dit, est un court métrage de promotion du Cap d’Agde auquel David Hamilton a participé (sans doute au niveau des plans fixes, des photos).

Je ne sais pourquoi la chanson qui accompagne ce film est une chanson en anglais, ce qui à mon goût ne cadre pas du tout avec le Midi de la France ; mais bon, c’est une ballade dont la musique agréable à écouter, qui date de 1975 est, dit-on, d’un certain Eric Carmen auteur également des paroles ; petit minet détonnant de la chanson nord-américaine des années 70, un romantique « chanteur de charme » très propre sur lui, comme il y en eut plusieurs de sa génération en France également et à la même époque, et s’accompagnant comme lui au piano (genre Alain Le Govic dit Alain Chamfort (né en 1949) ou Patrick Juvet (né en 1950) qui, comme on sait, a réalisé la musique du film Laura, les ombres de l’été).

Eric Carmen dont j’ignore si c’est le nom véritable, est né en 1949 à Cleveland d’une famille d’immigrants russes juifs ; il fit des études musicales classiques, et a été actif essentiellement dans les années 70 et 80 du siècle dernier, avec un retour dans les années 2000. Chanteur du « hit-parade », il a vécu une partie de sa vie sur les droits (chansons, cinéma) de certaines de ses romances à succès.

https://www.youtube.com/watch?v=iN9CjAfo5n0

La musique de cette chanson est d’autant plus agréable à écouter (enfin limite rengaine, cependant) qu’elle est articulée et arrangée (commentée) autour du thème répété plusieurs fois au long du second mouvement (adagio sostenuto) du Concerto pour piano, n° 2 en Do mineur, opus 18, de Serge Rachmaninov :

https://www.youtube.com/watch?v=21z-K5ChWbE

Evgeny Kissin et le London Symphony Orchestra.

« All by myself » comme chante Carmen (Eric) à satiété…

On me dit également que le refrain est emprunté à la chanson « Let’s Pretend » que Carmen a écrite du temps où il faisait partie du groupe Raspberries des débuts de sa carrière.

*

Enfin, je crois que dans le genre, d’autres ont fait nettement plus fort que lui, tel le (mauvais) génie Gainsbarre, d’origine russe et juive lui aussi, mais qui ne s’en cachait même pas (je veux dire : de « pomper » sur les autres, de préférence des morts dont les œuvres sont passées dans ledit domaine public; véritable procédé de « composition » sans l’excuse des réminiscences), tout en cultivant jusqu’à son propre pastiche de singeries caricaturales de décadent (en mauvaise part du terme) et de provocateur à la petite semaine ; c’est sans doute pourquoi il aimait à dire (quand il en était encore capable) : « la chanson n’est pas un art », ce qui n’avait pas l’heur de plaire à certains de ses pairs, tel Guy Béart * :

https://www.youtube.com/watch?v=o7K6WUSdyHw&t=47s

Je ne commente pas les paroles…

C’est ce qu’on appelle tout simplement du plagiat. Qui existe au niveau de la musique, mais tout autant au niveau des paroles, comme cette chanson chantée par Polnareff (qui lui aussi a fait des études musicales classiques) :

https://www.youtube.com/watch?v=7yDfygERWYw&feature=youtu.be

1969… Ah, Nostalgie !

« Je te donnerai / Tous les bateaux, / Tous les oiseaux, / Tous les soleils, / Toutes les roses, / Toutes les choses / qui t’émerveillent / Petite fille de ma rue. » Paroles de Jean-Loup Dabadie, aujourd’hui académicien, démarquant un poème de René-Guy Cadou :

Je t’attendais…

     Je t’attendais ainsi qu’on attend les navires

    Dans les années de sécheresse quand le blé

    Ne monte pas plus haut qu’une oreille dans l’herbe

    Qui écoute apeurée la grande voix du temps

 

    Je t’attendais et tous les quais toutes les routes

    Ont retenti du pas brûlant qui s’en allait

    Vers toi que je portais déjà sur mes épaules

    Comme une douce pluie qui ne sèche jamais

 

    Tu ne remuais encore que par quelques paupières

    Quelques pattes d’oiseaux dans les vitres gelées

    Je ne voyais en toi que cette solitude

    Qui posait ses deux mains de feuille sur mon cou

 

    Et pourtant c’était toi dans le clair de ma vie

    Ce grand tapage matinal qui m’éveillait

    Tous mes oiseaux tous mes vaisseaux tous mes pays

    Ces astres ces millions d’astres qui se levaient

 

    Ah que tu parlais bien quand toutes les fenêtres

    Pétillaient dans le soir ainsi qu’un vin nouveau

    Quand les portes s’ouvraient sur des villes légères

    Où nous allions tous deux enlacés par les rues

 

    Tu venais de si loin derrière ton visage

    Que je ne savais plus à chaque battement

    Si mon cœur durerait jusqu’au temps de toi-même

    Où tu serais en moi plus forte que mon sang.

 

Hélène ou le règne végétal (Seghers 1952)

*

À ne pas confondre avec la parodie burlesque dont l’un des « maîtres » fut, est Francis Blanche.

La Pince à linge par feus les Quatre Barbus :

https://www.youtube.com/watch?v=hUb88_bfZjU

Le Complexe de la truite par feus les Frères Jacques :

https://www.youtube.com/watch?v=YC9AXob4zGE

L’Ouverture du Barbier de Séville :

https://www.youtube.com/watch?v=OJb_vHfVSn4

* Note qui n’a rien à voir avec le reste. Guy Béhar-Hassan, ou Béhart-Hasson, dit Guy Béart a la particularité peu commune d’avoir été enterré dans un carré juif et selon les rites du judaïsme, mais en présence d’un imam et d’un prêtre.

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