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SUR L’ « A R T » OFFICIEL VANDALE, L’INDIGNITÉ NATIONALE DU CENTRE DES MONUMENTS NATIONAUX ET DE L’ACADÉMIE DES BEAUX – ARTS

16 mai 2018

UN COPIÉ-COLLÉ DE :

mardi  15 mai 2018 :

Carcassonne ciblée par l’Art contemporain [sic]

NB : Pour mieux comprendre les enjeux de l’Art financier la nouvelle édition des « Mirages de l’Art contemporain », sera en librairie dès le 31 mai !

Des cercles jaunes concentriques sur les remparts de Carcassonne… pour célébrer les vingt ans de leur inscription au patrimoine mondial par l’Unesco ! Peinturlurer la Cité d’un jaune chantier en forme de cible, n’est guère heureux vu les attentats ambiants. C’est le  Centre des monuments nationaux (CMN) lui-même qui est à l’origine de cette intervention de l’artiste [sic] Felice Varini, mieux inspiré lorsqu’il transfigure de ses anamorphoses, des hangars industriels ou des lieux déshérités.

Le traitement réservé aux vénérables pierres médiévales restaurées au XIXe siècle par Viollet-le-Duc a suscité le cycle habituel d’un AC habile à cliver et hystériser la vie sociale. Indignation sur les réseaux sociaux, pétition, dégradations volontaires (de fines bandes colorées enrobant la pierre ont été décollées), dépôt de plainte, restauration et mise sous surveillance vidéo et, bien sûr, clou du spectacle : l’artiste qui joue l’incompris persécuté.

Mais là, les acteurs de l’AC se sont surpassés. L’artiste  commença  doucereusement : « cela prouve que les gens sont attachés à leur patrimoine ». Ces gens sont des citoyens qui veulent que le bien commun ne soit pas mis à disposition de quelques-uns. Or l’installation des bandes jaunes a porté atteinte à la liberté de circulation : pendant trois semaines l’accès à la porte d’Aude a été interdite. Celle-ci, piétonne, est l’accès privilégié des habitants à la Cité.

La maquette du projet a été volontairement tenue secrète : procédé peu démocratique. Normalement, pour intervenir sur la voie publique, il devrait y avoir appel à projet et concours. Le jaune choisi par Varini, indique-t-il que la France devient une République bananière ? Car le CMN, commanditaire de l’œuvre, refuse de communiquer le moindre budget ni de dire sur quels critères Varini fut désigné. Or c’est un établissement public qui vit essentiellement de fonds publics ! Son directeur général s’est fendu d’un « C’est un principe !», singulière récusation de la transparence républicaine.

Les journalistes ont fait les comptes de ce lourd chantier qui a nécessité nacelles-araignées et cordistes. La région Occitanie  a investi 50 000 euros. Une association, joliment dénommée  le Passe-muraille, en a reçu 30 000. Elle a, par ailleurs, le but louable de restaurer et d’animer les monuments historiques mais  possède une section « Art contemporain » or la commissaire de ses expositions est aussi galiériste. N’y a-t-il pas un risque de fabriquer des positions privées dominantes avec de l’argent public ? C’est toute l’ambiguïté des associations pro-AC, soi-disant loi de 1901, donc privées, mais avec financement public… Au total, les ronds jaunes auraient coûté 250 000 euros. Soit autant que pour l’accueil d’une étape du Tour de France en 2018, à Carcassonne.

Le président du CMN laissa entendre que la couleur choisie serait un clin d’œil au maillot jaune. Voilà une manière désinvolte de traiter le patrimoine en le ravalant au rang d’un support publicitaire quelconque. Mais en juillet, les cercles jaunes vont crever l’écran télévisuel : un beau placement de produit, les investisseurs, pardon les collectionneurs, de Varini  seront contents. La ficelle est  grosse et l’artiste franco-suisse a vigoureusement démenti cette explication, préférant s’offusquer des manants qui osent demander des comptes. Et là, Varini s’est surpassé, sa « phrase qui tue » censée clouer le bec des vilains populistes radins est en fait un aveu sur la nature profonde de son travail [sic] : « Est-ce que l’on demande combien coûte une journée de bombardements en Syrie ?».  Aveu implicite d’un « vandalisme de rapport »…?

Christine Sourgins

PS L’Académie a élu académicien un conceptuel, Fabrice Hyber, dans la section Peinture. Pour protester contre cette non reconnaissance de la Peinture par les institutions françaises,  Rémy Aron, président de la Maison des artistes, vient de démissionner : sa lettre est lisible sur https://www.lamaisondesartistes.fr/site/wp-content/uploads/2018/04/Lettre-de-de%CC%81mission-de-Re%CC%81my-Aron.pdf

Lettre de démission de Rémy Aron de la présidence de La Maison des Artistes.

28 avril 2018

Depuis 1980 je suis engagé bénévolement, pour une très grande partie de mon temps et de mon énergie dans l’action collective.

J’ai cru que l’action pouvait aider à faire bouger le cheminement chaotique de nos arts en tentant de rassembler les forces représentatives des artistes pour agir et promouvoir une nouvelle politique culturelle, basée sur la liberté et la diversité bienveillante. La diversité des expressions, la diversité des esthétiques, la diversité des natures, la diversité des artistes et des désirs, devrait être acceptée et encouragée par les pouvoirs politiques. C’est une conviction que j’ai voulue défendre jusqu’à maintenant avec persévérance et humilité dans le quotidien militant.

L’élection de Fabrice Hyber à l’Académie des beaux-arts est, pour moi, une très importante désillusion quant à la capacité des artistes à anticiper et à gérer les affaires qui les concernent. Avoir élu comme membre de la prestigieuse Académie des beaux-arts l’inventeur du « plus grand savon du monde » me paraît, une profonde injure à l’idéal et la trahison absurde et inutile de l’assemblée de l’élite de nos pairs.

Vous pouvez le croire je n’ai aucune acrimonie envers les personnes ou des artistes que je ne connais pas directement pour la plupart ; et en outre je n’aurais pas l’outrecuidance de revendiquer pour moi-même une qualité artistique personnelle, cela d’ailleurs ne regarde que le secret de mon coeur. Je ne veux donner de leçons à personne.

Néanmoins, je pouvais penser que cette assemblée de praticiens d’art du « bâtiment », que je respectais, se devait d’avoir une éthique professionnelle collective et que l’Académie des beaux-arts devait avoir une mission fondamentale. Elle devrait se concentrer sur le service de la création artistique avec une certaine hauteur de vue et un respect pour les langages spécifiques de chacune des disciplines artistiques représentées en son sein avec une conscience de la continuité et de la permanence.

Comme les devoirs de mon mandat à La Maison des Artistes me contraignent à la réserve, fatigué et attristé une fois encore par le résultat de l’action collective alors qu’il faudrait continuer à avoir la foi et être sur la brèche en permanence, je démissionne de la présidence de notre grande association de solidarité. Je souhaite bien entendu que du sang neuf reprenne le flambeau.

Défendre la diversité a des limites – les armes sont inégales – et je souhaite le dire et recouvrer ma pleine liberté de parole et d’action après treize années bridées, à la présidence de La Maison des Artistes.

Je ne crois pas à la rupture dans l’histoire de l’art et ne veux plus que peindre – admirer les maîtres que j’aime et la nature. Mais je dois dire que je suis vraiment atteint car nous assistons avec cet événement, à une accablante constatation : il s’est manifesté à cette occasion un signe symbolique fort de la décomposition intellectuelle de notre société. Cela met en évidence quelque chose de grave sur l’état de conscience de la France de notre temps et sur le rôle pédagogique et la responsabilité éducative de ses institutions officielles vis -à-vis de la société tout entière.

Enfin, je pouvais espérer que l’élection de Jean-Marc Bustamante se soit inscrite dans une stratégie préméditée à cause de ses fonctions à l’École des beaux-arts de Paris. Mais cela ne fait plus aucun doute, la section de peinture et avec elle, tous les membres – électeurs votant à bulletin secret – de l’Académie des beaux-arts, de l’Institut de France, ont capitulé en rase campagne devant la collusion de l’Institution étatique et de l’art financier globalisé. Ce mariage ne dit que le « snobisme/fashion » occidental de cette époque, mais il pervertit en profondeur le silence nécessaire à la contemplation et à la compréhension des choses de l’art.

Pour moi, cette élection est injustifiable, mais l’« Histoire » – si cela a encore un sens – jugera!

***

LE PLUS GROS SAVON DE MARSEILLE DU MONDE. Cette immondice industrielle (et publicitaire) pesant près de 21 tonnes dans son hangar idoine, a été présenté à la Biennale d’art [sic] contemporain de Lyon en 1991.

Sous cette photo prise d’Internet je lis : « Droits Creative Commons… Pas d’utilisation commerciale. Pas de modification. » N’étant pas marchand de savon ni ne voyant pas comment je pourrais détourner cette photographie indigente et sans intérêt artistique aucun, je ne peux qu’en rigoler.

Une certaine Françoise Lafuma en son temps commenta ainsi le dessein du fumiste de cette manière :

Derrière cet objet aux dimensions impressionnantes (6,4 mètres de long sur 2,3 de large et 1,6 de haut), on découvrira le talent et le goût d’entreprendre d’un artiste, Fabrice Hybert, intéressé avant tout par la symbolique de la transformation et qui, pour réaliser son rêve, a contacté lui-même ses futurs mécènes. En face, deux groupes lyonnais, Chimiotechnic-SED et Idéal, ont accepté l’idée et soutenu financièrement l’opération qui s’inscrit au bon moment dans une logique de rapprochement basée sur une même philosophie. « Nous faisions depuis déjà un certain temps les mêmes constats. Pour assurer a nos entreprises respectives, grosses pme indépendantes sur des marchés dominés par des multinationales, une vie saine et pérenne, nous devions trouver des complémentarités, mettre en place une stratégie d’alliances, créer un réseau d’entreprises partenaires au niveau international, en gardant à chacune son identité propre » explique Michel Riera, directeur général d’Idéal. « Chimiotechnic et Idéal se développent autour d’une éthique tout à fait comparable en interne et en externe. Nous avons décidé d’aller plus loin en signant fin 1990 un accord de collaboration ». Chimiotechnic apporte son savoir-faire industriel dans la fabrication des savons et autres détergents, à destination des collectivités et des grands distributeurs qu’Idéal n’a pas. En revanche, la société de Vaulx-en-Velin, connue par le grand public notamment pour sa gamme de teintures pour textiles, dispose d’un important savoir-faire marketing et commercial. Les deux groupes ont donc décidé de partager ces compétences, afin d’accroître leur compétitivité et leurs marchés, en France comme à l’étranger.

(« Symbole d’un partenariat » in Lyon Figaro (Cahier saumon), 20 août 1991, p.11)

Misère ! Que dire de plus, en évitant de devenir rapidement grossier ?!

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