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David Hamilton et le grand chœur des molestées

10 mars 2018

Publié le 10 mars 2018 par defensededavidhamilton

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Hier, le pouvoir – l’Eglise, l’Etat, les tribunaux… – pouvait interdire que quelque chose soit dit: petit homme, si tu brises le dogme, si tu dis que Dieu n’existe pas, tu finiras sur l’échafaud, au bûcher. Vive l’alternance, tu auras le choix entre les geôles royales et l’Hôtel de la République.

On te reprochait de parler, petit homme.

Tais-toi. Ferme ta gueule! Silence!…

Aujourd’hui, le pouvoir – les histrions médiatiques, Facebook, Twitter et compagnie – t’interdisent si tu ne parles pas.

D’abord, c’est très bien pour eux que tu papotes, parce que si des milliards d’ineptes ne papotaient pas, Zuckerberg et compagnie fermeraient leur boutique des vains propos. La Bible disait : « Il te sera compté les paroles inutiles ».  Facebook, c’est : « Tes paroles inutiles nous rapportent du bon pognon ».

Hier les dictatures, présumées ou non, ou les démocraties, présumées ou non, t’obligeaient à taire ceci ou cela.

Mais aujourd’hui?

Aujourd’hui (ou demain et il est minuit moins cinq), ce n’est pas  seulement la liberté d’expression qui est (ou sera) niée ou menacée. Pas seulement. Ce qui est (ou sera) nié ou menacé, c’est la liberté de te taire.

Tel pseudo-artiste ou telle pseudo-artiste « ne se sont pas exprimés » lors de la mort de tels pseudo-artistes? Haro !

Un tel ou une telle « ne se sont pas exprimés » pour clamer leur soutien à la voix de la meute? Haro!

Une telle actrice ne porte pas de robe noire? Va te rhabiller! Elle ne porte pas de ruban blanc? Va mettre ton ruban blanc! Une telle actrice « ne s’est pas encore exprimée » pour raconter ce qui lui est arrivé (dit-elle) il y a cinquante ans (devinez quoi, il va vous falloir de l’imagination)? Méfiance! Haro!

Vite vite, il faut que toute actrice, jusqu’à la dernière, dise: moi aussi! (Comme on est en France, colonie américaine, disons-le en anglais: me too !)

Tu n’as pas le droit de ne pas bêler, petit homme.

Bêle!

Bêle avec nous! Bêle comme nous! Bêle! Dis que tu es un mouton!

Le torturé par la nouvelle inquisition avoue : « Oui, M’sieur! Oui, je suis un mouton! Bêêêêêêê! Bêêêêê! Que dis-je, un mouton? Je suis un porc! »

Il faut bêler. Tu dois bêler, petit homme.

Les hommes naissent libres et égaux et il faudra bientôt ajouter un paragraphe sur l’obligation de bêler, sinon, hop, outrage de rue, l’outrage d’avoir été surpris alors qu’on ne bêlait pas. Verbalisation immédiate.

Si tu ne bêles pas, tu es suspect. Si tu ne bêles pas, la meute des moutons qui veulent que tu bêles avec eux te donne la chasse, et te lynche.

Ou alors, tu finis avec un sac de plastique sur la tête, avec ta porte ouverte, quelque temps après que tu as eu l’impudence de dire que tu craignais pour ta vie, et qu’en plus tu avais le culot de vouloir porter plainte en diffamation devant les tribunaux !

Ce David Hamilton, car c’est de lui qu’il s’agit, que comprenait-il donc au monde moderne? Par son communiqué, il avait déclaré sa volonté de ne pas causer avec les journalistes! De ne pas alimenter la machine à haine!

Quoi? Comment? Ne pas parler avec les journalistes?

Oui Madame Michu! Il avait choisi, David Hamilton, de ne pas contribuer à la chaîne alimentaro-médiatique du vomi, revomi, bouffé, rebouffé (je te déshérite, il a déshérité, ouin il m’a déshérité, ouin ouin mon père m’a déshérité aussi, non ce n’est pas vrai il n’a pas déshérité mon fils, si c’est vrai, si, non, si, non, si, non ce n’est pas vrai il ne l’a pas  déshérité, en tout cas moi monsieur je suis un gentil, je ne déshériterai pas, moi je ne déshériterais pas, moi je ne déshériterais jamais)…

Oh! Le vomitoire, je vous en prie, que l’on m’apporte un vomitoire!

Pauvre David Hamilton, il voulait s’adresser aux tribunaux, aux vrais, enfin, à ceux qui encore hier étaient les vrais, les tribunaux qui disent (ou qui sont censés dire) le droit.

Le naïf!

Pauvre David Hamilton, il ne voulait pas s’adresser aux tribunaux des petites nullités autoproclamées « animateurs », qui ont lu (peut-être) trois livres dans leur vie, et qui ont plagié ceux qu’ils ont « écrits », et dont l’inculture est peinte sur la tronche et qui pontifient leurs lieux communs et leurs blagues déplorables (seulement si elles sont, ces blagues, « acceptables » par la masse qui est malléable et qui a eu le cerveau martelé depuis des décennies par ces mêmes lieux communs)…

Pauvre David Hamilton, convaincu qu’il était de vivre dans un état de droit!

Ouin il m’a molestée, ouin ouin moi aussi, ouin ouin nous aussi, fait le chœur que l’on appelait hier le choeur des vierges, puis avec Marcel Prévost celui des demi-vierges, et que l’on devrait appeler aujourd’hui le chœur des molestées.

 

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