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David Hamilton, seul animateur d’une époque désanimée

8 février 2018

Publié le 8 février 2018 par defensededavidhamilton

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version avec « images » ici : https://defensededavidhamiltonblog.wordpress.com/2018/02/08/david-hamilton-seul-animateur-dune-epoque-desanimee/

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Le livre « David Hamilton suicidé… mais par qui? » est sorti aujourd’hui (8 février 2018) de son imprimerie parisienne et commence donc, dès aujourd’hui, sa route vers les lieux où il sera publicisé, exposé et lu.

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Le grand problème de cette époque (qui n’est pas la mienne) est, je le crois, celui du rôle donné aux « animateurs » de télévision. Inutile de citer des noms, car tous se valent dans la nullité. C’est quelque chose dont je ne cesse de m’émerveiller. Je crois qu’il serait bon que des psychiatres sérieux se penchent sur les dégâts qui doivent menacer ces pitoyables cerveaux d’oiseaux. Ces gens ont des attitudes d’empereurs romains (mais ne sont pas, que non, des empereurs romains). Ils dévisagent le monde  avec des regards, des gestualités, des tons de voix, des expressions qui font facilement comprendre le sentiment de supériorité qui les a envahis… Ils sont habités par un sentiment de surpuissance. Le réveil risque d’être difficile, pour eux.

Dans un monde sans intellectuels, un monde où les intellectuels sont de plus en plus médiocres, un monde où les intellectuels comprennent (intelligere) toujours moins de choses; dans un monde où le niveau intellectuel ne cesse de baisser, où la langue française est devenue une langue morte, où l’illettrisme et l’inculture se développent de façon exponentielle; dans ce monde-là, les émissions de téloche remplacent les salons littéraires (qui n’existent plus depuis longtemps), les émissions de téloche remplacent tout et notamment les tribunaux (« Il y a des allégations le matin, on est jugé à midi et exécuté en soirée », vient de dire à juste titre Gilbert Rozon, même si lui aussi faisait partie du monde télévisuel).

Des « animateurs » de téloche sans aucune culture, sans aucune finesse – intellectuels  sans pensée, humoristes sans humour – sont alors chargés, par le Système, d’élargir au peuple l’opium de toute cette médiocrité infinie et quotidienne, de toute cette tiédeur, de toute cette féteur. Donnez-nous, tous les jours, notre médiocrité quotidienne.

Le Système a sciemment choisi de rendre milliardaires et célèbres quelques imbéciles pour mieux imbécillifier (imbécilliser, disait Léon Bloy) les masses. On a donc offert un maximum de célébrité et de pouvoir à des gens doués d’une intelligence, d’une culture et d’une noblesse d’esprit minimales. Ce ne peut pas être un hasard. Ce n’en est pas un. Les animateurs de téloche sont les grands prêtres de la société de la médiocrité, la société voulue par les médiocres pour les médiocres.

« Animateur » vient du mot « âme ». Les « animateurs » sont ceux qui devraient donner une âme. En vérité, leur tâche, leur boulot, leur rôle est d’éradiquer toute âme. Sans talent, ils sont chargés de chercher, pour l’avenir, de futurs non talents, de futures absences de talent. Sans âme, ils sont chargés de faire la chasse aux âmes. De tuer les âmes. Les animatueurs, ce fut le titre d’un livre paru il y a quelques années.

« Il y a des allégations le matin, on est jugé à midi et exécuté en soirée », vient de dire  Gilbert Rozon. Il a raison de dire: « exécuté »…

David Hamilton a-t-il été exécuté? La voilà, la question que tant d’animateurs se gardent et se garderont bien de poser (sur les plateaux de leurs émissions de télévision où ils pérorent par dizaines, en rigolant grassement, de sujets qu’ils ne connaissent pas, de préférence les plus insignifiants possibles). Petits pantins, petits minables, ils dissertent du néant et de leur néant.

David Hamilton a -t-il été exécuté? Qui voudra le savoir le saura en lisant mes livres.

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Oh certes, il y avait et il y a toujours, parmi les admirateurs de David Hamilton, exactement le même nombre d’imbéciles que partout ailleurs: une majorité. Beaucoup des admirateurs de David Hamilton avaient plus de sensiblerie que de sensibilité. Pourtant, l’oeuvre de David Hamilton aurait pu forger une sensibilité, une vraie sensibilité collective. Alors « l’air du temps » (c’est un clin d’oeil à Nina Ricci, grande amie de David Hamilton) aurait pu être respirable.

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Mais voilà, David Hamilton était seul. C’était un solitaire, comme Léon Bloy que j’ai cité plus haut. On pourrait même dire que David Hamilton fut l’un des derniers grands solitaires, dans une époque qui est désormais celle des masses incultes, abruties (étymologie: « rendues semblables à la brute ») et lobotomisées. L’époque inanimée, désanimée, des animateurs.

Au fond, ses adversaires ont peut-être rendu service à David Hamilton. Par sa mort, David Hamilton est devenu définitivement un personnage tragique.

Par sa mort comme par son existence voilà que David Hamilton, qu’il se soit ou qu’il ait été suicidé, s’est définitivement élevé au-dessus du « bétail ahuri des humains » (Mallarmé).

Voilà le grand crime de David Hamilton: celui d’avoir eu une âme. Celui d’avoir essayé de donner une âme à ses admirateurs. Celui d’avoir développé une vision du monde encore douée d’âme, enchantée, animée.

L’un des rarissimes animateurs – l’un des rarissimes donneurs d’âme – de la seconde moitié du XXe siècle, en France, aura été David Hamilton.

 

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