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Brigitte Lahaie et le fantasme du viol : la grande violée de cette époque s’appelle liberté d’expression.

12 janvier 2018

Publié le 12 janvier 2018 par defensededavidhamilton

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Brigitte Lahaie causerait-elle davantage de scandale que, à son époque, la scène fameuse du viol de Cécile Volanges, racontée par Choderlos de Laclos dans  Les liaisons dangereuses?…

Il est curieux de voir que les propos de Brigitte Lahaie suscitent tant de fureur. Le petit monde médiatique, qui est bien souvent ignorant de toutes choses, et qui coïncide avec les « bons » autoproclamés, semble s’horrifier du fait que, selon Brigitte Lahaie, une femme puisse jouir d’un viol. Chose qui ne peut pourtant pas être exclue, à la lumière de divers travaux scientifiques.

Brigitte Lahaie a-t-elle lu Bivona J. and Critelli J. (2009). The Nature of Women’s Rape Fantasies : An Analysis of Prevalence, Frequency, and Contents. Journal of Sex Research, 46 (1), 33-45…

Car, à en croire les travaux récents de deux psychologues (Jenny Bivona et Joseph Critelli) et d’un sociologue (Michael Clark) américains, entre 31 et 62 % des femmes ont des fantasmes de viol.

En France, Peggy Sastre ( https://fr.wikipedia.org/wiki/Peggy_Sastre   ) écrivait dans l’Obs: « Pour 52% d’entre elles, il s’agissait d’être « sexuellement forcée par un homme ». Question fréquence, 40% le concevait au moins une fois par mois et 20% au moins une fois par semaine. (…) Niveau lien entre « vraie vie » et imagination, les chercheurs n’ont observé aucune corrélation significative entre le fait d’avoir réellement subi un viol et de fantasmer dessus ».

Voir:

http://leplus.nouvelobs.com/contribution/548716-comment-les-femmes-peuvent-elles-fantasmer-a-propos-de-viol.html

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Pour qui comprend l’anglais, encore, cet article scientifique décrivant à quel point le fantasme du viol serait assez largement répandu:

http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/jsm.12734/full

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Lire :

http://www.lessymboles.com/les-fantasmes-sexuels-anormaux-existent-ils/

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A consulter aussi, pour parfaire l’information au sujet des travaux de ces chercheurs américains:

« D’après une étude menée par Jenny Bivona, Joseph Critelli et Michael Clark, psychologues et sociologues américains, l’origine de ce fantasme serait le manque d’estime de soi. Selon cette théorie, le fantasme implique la femme serait si attirante que les individus qui la croisent n’arriveraient plus à contrôler leurs pulsions sexuelles. Ainsi, le fantasme du viol participerait à donner confiance à la personne à laquelle il appartient ».

https://www.softparis.fr/2017/07/fantasme-les-questions-se-poser-avant-de-les-realiser/

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Que le viol effectif soit un crime, nul ne le nie (et notamment pas Brigitte Lahaie). Que ce soit aussi un thème littéraire et un fantasme, il faudrait pour le nier être un bel hypocrite.

Mais au train où vont les choses, que pourra-t-on bientôt dire? La liberté d’expression n’existe plus. Elle n’est plus que l’apanage de certains, les mêmes.

Des hommes  et des femmes (celles par exemple qui, avec Catherine Deneuve et Elisabeth Lévy, ont signé la tribune dans Le Monde sur la « liberté d’importuner ») le savent. Ou l’apprendront rapidement.

C’est tout de suite qu’il aurait fallu défendre la liberté d’expression. Dès qu’elle a été menacée. Parce que la liberté d’expression est inconditionnelle. Quand on interdit à qui que ce soit de dire quoi que ce soit, on a déjà condamné la liberté d’expression dans son ensemble à l’agonie et à la mort. La société moderne et contemporaine en donne la preuve. La grande violée de cette époque, c’est la liberté d’expression.

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