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« Liberté d’importuner » de Catherine Deneuve: faut-il braire comme l’Ane ou rossignoler comme le Rossignol?

10 janvier 2018

Publié le 10 janvier 2018 par defensededavidhamilton

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C’est curieux. J’avais cru entendre chanter les vertus de la libération de la parole. Or, voici que Catherine Deneuve prend la parole, et ça ne va plus… Or, si Mesdames Flavie Flament Laurence Rossignol et Marlène Schiappa, par exemple, ont certes droit à la parole, si elles ont certes le droit de libérer leur parole (et qui les en empêche?), ce droit ne leur est suppose-t-on pas réservé. On suppose donc qu’Elisabeth Lévy (« Causeur ») Catherine Deneuve et d’autres aient elles aussi droit à la parole.

A moins que dans l’esprit de certaines, la libération de la parole ce soit pour elles seules, et que les paroles des femmes qui ne pensent pas comme elles n’aient aucune valeur?…

Dans une tribune publiée dans Le Monde, une centaine de femmes ont défendu avec beaucoup de courage et d’esprit «la liberté d’importuner» pour les hommes, «indispensable à la liberté sexuelle».  C’est signé Catherine Millet, Catherine Robbe-Grillet, Catherine Deneuve, Brigitte Lahaie, Elisabeth Lévy. Pas n’importe qui.

Bref, une tribune parfaitement rationnelle et sereine, qui s’émeut d’un retour «du puritanisme» et de l’avènement d’«un féminisme qui prend le visage d’une haine des hommes et de la sexualité».

Sur Twitter, l’ancien ministre des « Droits des femmes », une certaine Laurence Rossignol, a parlé d’une «étrange angoisse de ne plus exister sans le regard et le désir des hommes. Et qui conduit des femmes intelligentes à écrire des énormes âneries».

Dois-je comprendre que, dans l’esprit de Madame l’ex-ministre Rossignol, celui qui ne pense pas comme elle dit des « âneries »?

Que dirait-on, puisque Madame Rossignol parle d’âneries, et pour former un charmant bestiaire, que d’autres gens rossignolent (http://www.cnrtl.fr/definition/rossignoler  ) ?

«Dommage que notre grande Catherine Deneuve se joigne à ce texte consternant», a tweeté un autre ex-ministre, Ségolène Royal, adressant ses «pensées aux victimes de violence sexuelle, écrasées par la peur d’en parler».

Curieux, parce que le texte de Catherine Deneuve et des signataires de la tribune condamnent bien évidemment le viol.

Ce texte est «une tribune pour défendre le droit d’agresser sexuellement les femmes (et pour insulter les féministes)», a pour sa part affirmé une certaine Caroline De Haas.

«Révoltant. À rebours de la prise de conscience actuelle», selon Osez le féminisme, qui rappelle qu’«une femme sur six sera agressée ou violée au cours de sa vie».

On ne voit pas très bien le rapport. La tribune de Catherine Deneuve revendique le droit à la drague, et à ce qu’un homme ne soit pas poursuivi pour « viol » s’il a dragué une femme. Il ne s’agit pas de légitimer le viol ou l’agression, mais de ne pas placer les relations entre homme et femme sous l’épée de Damoclès de la délation et de la suspicion systématiques.

Des hommes ont été «sanctionnés dans l’exercice de leur métier, contraints à la démission, alors qu’ils n’ont eu pour seul tort que d’avoir touché un genou, tenté de voler un baiser, parlé de choses “intimes” lors d’un dîner professionnel ou d’avoir envoyé des messages à connotation sexuelle à une femme chez qui l’attirance n’était pas réciproque», qu’y a-t-il de scandaleux à dire cela?

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