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L’AMI DAVID VA SE SENTIR MOINS SEUL AD PATRES

5 décembre 2017

« Tout ce que vous peignez peut être retenu contre vous. » (Pierre Alechinsky)

« Thérèse rêvant » à ne pas confondre avec « Jeune fille au chat » :

Encore plus tarés que des français, les habitants de New-York ?

On a coutume de voir dans les américains de cette contrée du nord-est des États-Unis des gens un peu moins bornés et un peu plus ouverts (« européens ») que ceux des fins-fonds du pays aux mentalités primaires de sectaires protestants bien hypocrites qui divinisent avant tout cette « culture qui accepte l’artificialité des armes et de l’argent mais refuse le naturel du sexe. » (Guillaume Champeau, site Numerama, Internet).

Or, on a appris avant-hier, (cf. le New York Post du 3 décembre), que « New Yorkers call for removal of Met Painting that « sexualizes » girl », autrement dit que des new-yorkais (ou si l’on préfère : des nouilles hors quai) réclament le remisage d’une peinture du Metropolitain Museum of Art qui sexualise [sic] la jeune fille.

Une pétition circule, mais fort heureusement la direction du Musée reste de marbre comme (je suppose) les atours du bâtiment, du moins pour l’instant. Pétition où l’on peut lire le dernier prêche à la mode :

The artist of this painting, Balthus, had a noted infatuation with pubescent girls and this painting is undeniably romanticizing the sexualization of a child,” writes Mia Merrill, 30, a New York City entrepreneur who started the petition.

Given the current climate around sexual assault … The Met is romanticizing voyeurism and the objectification of children.”

*

« L’artiste de ce tableau, Balthus, avait un notable engouement pour les jeunes-filles pubères et cette peinture idéalise indéniablement la sexualisation d’un enfant », écrit Mia Merrill, 30 ans, entrepreneur new-yorkais qui a lancé la pétition. »


« Compte tenu du climat actuel autour de l’agression sexuelle … Le « Met » est en train d’idéaliser le voyeurisme et la réification [la chosification] des enfants. »

*

On peut donc constater qu’une simple peinture figurative, datant d’avant la Seconde guerre mondiale (1936 ou 38 selon les sources), donc bien « ringarde » ou « kitch » aux yeux des « modernes », par un revirement, renversement du réel, devient un objet de scandale artistico-moral en 2017 en rapport avec les soi-disant bonnes mœurs du moment. Plus scandaleux encore qu’une pissotière à la Duchamp (ce grand fumiste des ready-merdres) qui, je crois bien, se trouve dans ce même musée. Voilà quelque chose que les meilleurs critiques du pseudo-art moderne (situationnistes et autres) n’avaient pas encore envisagés, il me semble.

Personne ne sera sans remarquer que le tableau, l’unique tableau visé est celui d’un peintre français d’origine polonaise : Balthus.

Voilà donc que le deuxième de la trilogie artistique  » Nabokov (1899-1977) – Balthus (1908-2001) – Hamilton (1933-2016)  » reçoit, post mortem, du mondialisme contemporain puritain, pudibond et prude (du moins en apparence) les foudres des ligues de vertu, ou plus précisément ici de pétitionnaires à l’esprit (et aux fantasmes?) tordus. Notons que Lolita de Nabokov fut édité en France à la fin des années cinquante avant de l’être aux États-Unis ; et que David Hamilton élut domicile en France.

Que dire alors des fresques (catholiques, donc toujours nimbées de paganisme) de la Chapelle Sixtine qui ont été remises en leur état d’origine sous Jean-Paul II ? En effet, ces dernières qui abordaient la cause de la nudité originelle, oeuvre de Michel Ange et de son atelier (1505-1512) furent une première fois « censurées » et retouchées par un élève de Michel Ange à cause de la Contre-réforme (la pire époque du catholicisme en tous domaines qui singea et en rajouta sur le protestantisme naissant) et plus précisément suite aux directives du concile de Trente de 1563 ; puis d’autres voilements et caleçonnades suivirent.

C’est ainsi qu’en 1994, Jean-Paul II — que je ne savais pas espiègle — énonça que la Chapelle Sixtine était le véritable sanctuaire du corps humain et était un témoignage de la beauté de l’homme créé par Dieu. Quoi de mieux pour un dieu d’amour ? Les mal-pensants y verront de l’idolâtrie et bien évidemment une confirmation que tout le clergé romain était, est et sera de toute éternité torturé par la chair et potentiel pédéraste (pédophile comme on dit aujourd’hui).

Enfin, j’aurais une (vaine) suggestion à soumettre aux censeurs amerloques : pourquoi ne pas remplacer le tableau de Thérèse rêvant par un vrai sujet pris dans le monde réel ? Je veux dire substituer au tableau une photographie, pas une de David Hamilton, « bien sûr », mais une adaptée au Metropolitain Museum of Art de New-York ? Par exemple, celle-ci qui a fait le tour de la Terre, et qui est de Nick Ut (Vietnam, 8 juin 1972, après un bombardement au napalm) :

Mais, on me dit que ce n’est pas possible non plus. Déjà à l’époque, il fallut attendre quatre jours, soit le 12 juin pour que la photographie paraisse dans le New York Times. Non pas pour des problèmes techniques, ni même politiques, mais parce qu’il fallut quatre jours aux « grands rédacteurs » de « l’immense journal » de « la si belle démocratie pas belliciste pour deux sous » pour se décider à publier la photo d’une jeune personne nue ! Finalement, devant l’importance « choc » de cette photographie (donc somme toute, bon coût financier), elle fut publiée ; le journal s’engageant à ne pas en faire d’agrandissement (!) et, paraît-il, en floutant légèrement la région pubienne de la petite fille, Kim Phuc, qui brûlée, après 14 mois de soins et 17 opérations chirurgicales, s’en est sorti. C’est aujourd’hui une mère de famille qui vit au Canada. Elle a été nommée Ambassadrice de Bonne Volonté de l’UNESCO en 1997.

Ouais, bonne volonté… y a du boulot !

En attendant, à chacun de juger de ce qui est le plus indécent ou le plus obscène ou le plus chosifiant : le dénudé ou la guerre ? La chair ou le napalm ? …

 

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