Skip to content

« C’est David Hamilton qu’on assassine », article de l’écrivain et cinéaste Sébastien Guillet

6 juin 2017

se retrouve également sur le Blog en Défense de David Hamilton.

https://defensededavidhamiltonblog.wordpress.com/2017/06/05/cest-david-hamilton-quon-assassine-article-de-lecrivain-et-cineaste-sebastien-guillet/

Olivier Mathieu,

avec une préface de Roland Jaccard,

« C’est David Hamilton qu’on assassine »

ou le monde postmoderne en roue libre,

un grand article de Sébastien Guillet

*

C’est un livre très important qui a paru il y a à peine deux semaines. Un livre qui, à travers l’enquête sur la mort d’un grand artiste lynché au crépuscule de sa vie, révèle l’extraordinaire renversement des valeurs qui pourrit la civilisation européenne. Ou ce qu’il en reste.

Les « faits divers » — que l’on me pardonne l’emploi de ces mots pour qualifier l’événement tragique relaté dans l’ouvrage dont je vais parler — concentrent rarement assez d’éléments permettant de disséquer toute la société dans laquelle ils sont apparus. Mais quand ce miracle se produit, il faut, pour en dévoiler les contours, qu’un autre miracle se produise; par exemple, qu’un écrivain et qu’un éditeur s’allient et soient suffisamment courageux et « irrédents » pour permettre cet éclairage.

Dans le cas du « suicide » du photographe David Hamilton, survenu en novembre 2016, la lecture globale des faits autorise de profondes interrogations sur l’état de santé « moral » du monde dans lequel nous sommes condamnés à survivre. Olivier Mathieu propose une enquête-analyse passionnante autant qu’indispensable. Ce livre est édité par Jean-Pierre Fleury, préfacé par Roland Jaccard et est constitué d’articles ayant paru sur le blog « En défense de David Hamilton » ainsi que de textes inédits, essentiellement de Mathieu et Fleury.

Ce « fait divers », passé sous silence par les médias (plus exactement évoqué avec ses aberrations, sans aucune contre-enquête) mais précédé d’un lynchage hystérique totalement fou et bafouant toutes les règles établies par la justice, c’est celui de la mort suspecte d’un artiste photographe, David Hamilton. Une ex-animatrice vedette de la poubelle télévisuelle avait, quelques mois auparavant, déclenché cette folie inquisitrice grâce à un livre (un « roman » autobiographique) destiné à dévoiler et dénoncer le viol qu’elle aurait subi lorsqu’elle avait treize ans. Les contradictions s’accumulent, la famille elle-même met en doute son récit (car c’en est un, déguisé), les journalopes recrachent telles quelles les accusations sans preuve et sans respect de la présomption d’innocence et de la prescription légale. Un summum sera atteint lors d’une émission où le vulgaire percutera la diffamation dans une surcharge évidemment programmée.

Tout, dans cette affaire, raconte le monde moderne : la décadence morale renversée, la civilisation européenne reniée, la justice médiatique, les crétin-e-s dictant les valeurs aux esthètes, la populace qui boit le poison des « élites » politico-médiatiques, l’inculture crasse, la beauté condamnée, la pornographie célébrée ou refoulée, je vous laisse compléter la liste… Tout, absolument tout donne la gerbe dans cette histoire. Nous vivons une époque bien pire que celles imaginées par G. Orwell et F. Nietzsche réunis. C’est pourquoi il est salutaire que ce livre existe, qu’il compense, même modestement, l’exsudat d’abrutissements qui s’échappe des pustules démocratiques.

David Hamilton, le photographe des jeunes filles blondes (mais pas que), cinéaste de la sensualité naissante, était la proie idéale dans une société malade qui exige, telle une tribu qui a soif de sacrifice humain pour conjurer la pluie torrentielle, un lynchage médiatique expiatoire pour se pardonner ses propres renoncements, ses propres crimes moraux. Et quoi de plus facile à détruire que l’honneur d’un vieil homme, quasiment seul et sans défense ni témoins, sans enfants, tremblant devant l’hystérie collective des zombies drogués à la télé et la presse subventionnée ?

Olivier Mathieu démonte point par point le discours et la mise en scène médiatique organisée par le système et fait le boulot que les « journalistes » d’aujourd’hui ne font plus, car ils sont payés pour bêler aux moutons d’en face. Il affirme, avec J.-P. Fleury que ce « suicide » n’en est probablement pas un, que cette affaire révèle la postmodernité effroyable qui s’impose à nous et nous impose de ne pas baisser les bras, de lutter jusqu’au bout pour la liberté et la beauté. Combattre sans frein la fausseté, les manipulations criminelles et le simulacre généralisé.

 

Ce livre, faites-le lire à vos amis et votre famille. Vous obtiendrez un résultat explosif, la cartographie sociale de la vraie fracture intellectuelle dans le pays avec d’un côté les dominés bêlants et de l’autre, fort rares, les esprits libres et informés. Et si j’en crois le rapport des forces en présence, la bascule vers la dictature moderne a déjà commencé.

Sébastien Guillet

*

Note de Sébastien Guillet : j’ai contribué avec deux petits textes à ce livre, et j’en suis très fier.

MATHIEU (O.) ET FLEURY (J.-P.), C’est David Hamilton qu’on assassine, préfacé par ROLAND JACCARD. Éditions des Petits Bonheurs, 2017.

**************************************************************************

 

 

Publicités

From → divers

Les commentaires sont fermés.