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27 mai 2017

Ali Arkady, photographe irakien : « je me demandais si, un jour, ils n’allaient pas décider de me tuer ».

Titré ce jour même, à la une de la feuille de choux Télérama, cette accroche concerne une dite « rencontre exclusive » que cet Ali Arkady accorderait à la gazette.

Suit un texte de présentation dont je dirais qu’il est un exemple éclairant de la logique dégénérative implacable du diarisme journaleux courant. J’appelle « diarisme » (du latin diarium, journal, cf. itou l’espagnol diario) cette propension journalistique à tuer toute éthique. J’ajoute que ce diarisme pourrait tout aussi bien se nommer diarrhisme : manie « intellectuelle » consistant à débiter à grands flots un ensemble d’insanité, ou si l’on préfère de flux continus cérébro-alvins.

C’est ce vieux Léon Bloy déjà, qui conchiait, dans son Journal à l’année 1900, « le flux alvin d’une incessante prose lâchée sur le papier des journaux dans les latrines de la curiosité populaire. » On ne saurait mieux dire.

Je lis donc ce texte sidérant :

Photojournaliste, Ali Arkady a passé des semaines, fin 2016, auprès de soldats irakiens engagés dans la bataille de Mossoul. Il s’est rapproché d’eux, est devenu leur confident. Au point d’assister à leurs exactions. Au point, avoue-t-il, d’y participer. Menacé de mort, il s’est enfui avec sa famille dans un pays tenu secret, où nous avons pu le rencontrer. Alors que ses images, enfin publiées, révèlent aux yeux du monde de véritables crimes de guerre, « Télérama » retrace le destin de ce journaliste qui en a trop vu à Mossoul.

Je traduis en langue française normale, courante : le journaliste Ali Arkady a participé étroitement aux exactions de soldats irakiens à Mossoul. Menacé de mort, il se terre, lui et sa famille. Sans problèmes moraux particuliers, nous dirons même, de connivence, nous avons rencontré le salopard, qui peut enfin révéler par l’image et pour du pognon, les crimes de guerre dont il a été non seulement complice mais plein acteur. Destin de salaud.

Et je ne peux m’empêcher de penser à un autre destin d’un autre photographe, celui de David Hamilton. Lui n’a tué personne, a été diffamé, traité de salop, n’a jamais été condamné à quoi que ce soit, mais malgré tout il est mort du poids du rouleau compresseur médiatique dominant, de l’impunité journaleuse, de la bassesse de la populace anonyme, vile et perroquet, de l’indifférence judiciaire. On ne lui a même pas épargné le bâclage d‘une enquête de police, et bien entendu l’injure post-mortem, puis le silence sidéral et sidérant des journaleux, graines de médiocres larbins et collabos ; et… comme on voit, de charognards, amis complaisants des salauds.

Ce ne fut pas un crime de guerre chez les barbares, mais un assassinat de paix (certes, sous état éternel d’urgence) chez les bobos et « beaux » beaufs. Qui plus est, orchestré par la valetaille journaleuse et « grand public ».

Vous n’allez pas comparer l’incomparable, quand même !

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