Skip to content

SUR LE BLOG EN DÉFENSE DE DAVID HAMILTON

7 avril 2017

Nostalgie de la civilisation européenne et de David Hamilton

Publié le 7 avril 2017 par defensededavidhamilton

J’apprends avec tristesse ce matin, mais sans stupeur hélas, que les Etats-Unis de Donald Trump ont attaqué aujourd’hui la Syrie. Il s’agirait d’une représaille à une attaque qui aurait été perpétrée avec des « armes chimiques » par le gouvernement syrien. Je ne suis pas spécialement un partisan du président syrien. Je n’ai rien ni pour ni contre lui. En revanche, je crois et j’ai toujours cru au droit des peuples à leur autodétermination.

En d’autres termes, je suis anticolonialiste et je voudrais que chaque peuple – tous les peuples, y compris le peuple syrien ou le peuple palestinien – dispose d’un choix libre et souverain de déterminer la forme de son régime politique, indépendamment de toute influence étrangère en général et américaine en particulier. Le problème est donc, ici, que le gouvernement syrien a nié un tel emploi d’armes chimiques, que la Russie aussi a parlé de « fake news », et que Trump n’a demandé ni l’accord de l’ONU ni celui du Congrès américain. Pas très « démocratique » tout ça.

Faut-il s’en étonner? L’idée du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, une belle idée, n’a jamais profité qu’à quelques peuples, mais pas à d’autres. Rappelons, et ce n’est qu’un exemple parmi d’autres, l’interdiction faite aux germanophones d’Autriche-Hongrie de s’unir à la République de Weimar.

Cette idée du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, les États-Unis ne l’ont jamais ratifiée ou adoptée. Et l’article 22 du Pacte de la vieille Société des Nations racontait la chanson (en somme, assez « trumpienne » ou « trumpiste », comment dit-on?) d’une « mission sacrée de colonisation » (sic). Le premier paragraphe de l’article postulait qu’il existait « des peuples non encore capables de se diriger eux-mêmes dans les conditions particulièrement difficiles du monde moderne. Le bien-être et le développement de ces peuples forment une mission sacrée de civilisation».

Euh… la « civilisation », c’est Elvis Aaron Presley, Marilyn Monroe et le Big Mac?… Je pense quant à moi que la civilisation, non, ce n’est pas l’Occident. C’était nettement davantage David Hamilton et les innombrables références photographiques et picturales européennes qui étaient les siennes.

Aujourd’hui encore, c’est bien de cela qu’il s’agit: il s’agit d’occidentaliser le monde, de l’américaniser, de le coloniser. Déjà « l’accord des zones d’influence », contresigné par Churchill et Staline à Moscou dès le 9 octobre 1944, soumettait plusieurs pays européens à une tutelle de type quasi-colonial, et qui juridiquement ne restaient guère que sur le papier des sujets de droit international. Pour ne parler que de cela, l’établissement de la frontière occidentale de l’Union soviétique sur la ligne du pacte Hitler-Staline de 1939, le partage de l’Europe en zones « d’influence » ou le déplacement de la Pologne de 300 kilomètres vers l’ouest contredisaient le droit des peuples, en particulier des peuples vaincus, à disposer d’eux-mêmes. Il en va pareillement, aujourd’hui, en ce qui concerne la Grèce, pays littéralement acheté par l’UE qui, elle-même, n’est au fond que l’alliée pour ne pas dire la collaboratrice docile des Etats-Unis.

Applaudi chaudement par Israël (l’unique pays au monde qui poursuive encore aujourd’hui une politique de colonisation, en ignorant maintes résolutions de l’ONU, tout en occupant par ailleurs militairement depuis des dizaines d’années la région syrienne du Golan) et par la Grande-Bretagne, ses alliés traditionnels, Donald Trump a déclaré son opposition à l’emploi des armes chimiques et son amour des enfants, une déclaration avec laquelle je serais d’accord sur le principe, mais qui est pratiquement « drôle » (si l’on peut dire) si l’on pense aux « armes chimiques » attribuées à Saddam Hussein, et surtout aux millions de morts provoqués, au XXe siècle, par les armes chimiques américaines par exemple au Vietnam. Si les Américains n’avaient pas inventé, créé et diffusé, puis vendu dans le monde entier tant d’armes chimiques, les choses iraient peut-être mieux. On pense raisonnablement, par exemple, qu’au Vietnam 4,8 millions de personnes ont été exposées aux herbicides qui ont fait 3 millions de victimes dont au moins 150.000 enfants… Mais il ne doit pas s’agir d’un crime de guerre (ou contre l’humanité), ont expliqué les Américains : ils ont  refusé de juger l’utilisation de l’agent orange…

De vilains temps s’annoncent pour le monde, je le crains, quand un chef d’Etat – Donald Trump – se démontre donc capable d’attaquer n’importe quel pays, et cela sans même l’accord de l’ONU ou de son propre Congrès. Demain, à qui le tour? La Corée du Nord? L’Iran? Et puis?

Malheureusement, il me faut ici établir un parallèle avec l’affaire David Hamilton, où l’on a vu que des accusations étaient portées contre le grand photographe, qu’il les rejetait (tout comme le président syrien rejette les accusations portées contre lui), mais que des journalistes continuaient à l’attaquer, sans davantage respecter la déontologie journalistique que Donald Trump ne respecte l’ONU ou l’opinion du Congrès américain. Le monde de demain sera-t-il donc, décidément, celui du plus « fort »?

Hélas, le risque est grand. Car où est exactement la différence entre le président nord-coréen, par exemple, qui lance ses missiles sans l’accord de l’ONU (et dont la plupart tombent dans la mer) et le président américain qui lance les siens, lui aussi, sans accord de l’ONU? J’entends par là: comment fera-t-on pour reprocher au président nord-coréen de se passer de l’ONU, si on fait la même chose que lui? Décidément, que restera-t-il demain de liberté et de « démocratie »? Ces deux concepts n’auraient-ils pas mérité une autre définition, un autre respect, une autre mise en pratique? Il est fort tard désormais…

Le capitalisme (qui, à la fin, a vaincu au Vietnam puisque ce même capitalisme s’y est installé, qu’on le veuille ou non) veut la guerre, parce que le capitalisme, c’est la guerre. Va-t-on vers une guerre? S’y dirige-t-on même rapidement? Je crains que oui. A quand des frappes sur la Corée du Nord? Des frappes de quel type, d’ailleurs? Et quelle sera la réaction de la Chine?… A quand – pourquoi ne pas envisager aussi un tel scénario? – une reprise de l’embargo, des menaces ou des agressions contre l’Iran? Et la Russie? Veut-on porter la Russie à la guerre? C’est un triste destin qui se dessine, je le crains, pour l’Europe.

Pendant la seconde guerre mondiale, en tout cas en Europe, aucune arme chimique ne fut employée par les belligérants après la déclaration de la guerre, en septembre 1939, par la France et la Grande-Bretagne à l’Allemagne, et cela en raison du caractère nouveau de la campagne de la Blitz Krieg. Mais désormais, si une nouvelle guerre devait frapper l’Europe (et que ce soit dans un mois, dans un an ou dans dix ans), qu’en sera-t-il?

Tout cela tandis que l’on se dirige, en France, vers la probable présence,  au second tour, de Le Pen qui, si l’on considère à quels adversaires elle est confrontée, devient presque crédible aux yeux de beaucoup (pas aux nôtres, que l’on se rassure).

A se demander, de plus en plus, si l’élection « surprise » de Trump, et pourquoi pas celle de Le Pen, ne répondent pas aux désirs et aux desseins des « élites » – des élites capitalistes – actuelles.

Tout cela ne serait pas arrivé si l’on avait accordé, justement, le droit à l’autodétermination de tous les peuples, en Europe et hors d’Europe…

L’époque de David Hamilton est décidément loin. Très loin. Hélas… Il vaudrait mieux dire: son intemporalité.

Car sans doute l’époque de David Hamilton n’a-t-elle jamais existé dans « la » réalité. Ses jeunes filles n’ont jamais guère existé, sauf fugacement, ou dans son univers, dans son imagination, ou dans celle de quelques poètes…

 *******

J’acquiesce entièrement au présent texte.

Il y a peu d’années, un criminel de guerre, en guerre permanente contre plusieurs pays, nommé Barack Hussein Obama a reçu le prix Nobel de la Paix. Il faut dire qu’il s’agit d’une conception toute nobélienne de la paix, puisque Nobel, chimiste du mal, fut rien de moins que fabricant d’armes et inventeur de la dynamite.

Finalement comment s’en étonner à l’heure de l’inversion des valeurs, de la déliquescence morale totale et de la barbarie de notre fin de civilisation. La bête immonde, je veux dire l’empire mondialiste occidental a du plomb dans l’aile et se débat comme il peut. Part en quenouille. Avec toute sa violence bestiale. Mais le processus peut prendre plusieurs générations. Et en attendant, l’on va au-devant d’aberrations gigantesques.

Trump n’a donc pas mis longtemps à se faire manipuler et à s’aligner sur le complexe militaro-industriel impérial. Cela intervient juste quelques jours après que son compatriote, un chantailleur et poétaillon, accessoirement pacifiste du moins autrefois, nommé Robert Allen Zimmerman, dit Bob Dylan, a reçu « à huis clos » (!), un prix Nobel de littérature grotesque. Tout se tient !

L’hypocrisie et le mensonge intégral gouvernent le monde occidental. Et l’incommensurable médiocrité inhumaine.

Je ne savais pas que bombarder (en gros lâches et gros salopards technologistes, en contradiction avec lesdites « lois de la guerre », et en toute ingérence) des populations civiles d’un autre pays, et plus généralement des êtres humains otages pouvaient montrer quelque volonté d' »humaniser la guerre », de dénoncer la prétendue barbarie du camp adverse, ou montrer quelque sentiment d’affliction ou de compassion envers les victimes (quelles qu’elles soient) de ce meurtre gigantesque d’un peuple organisé, de concert, par la racaille suprémaciste occidentale et les ordures prétendument « islamistes ».

Au cas où certains ne l’auraient pas encore compris, il s’agit de mettre à la botte des occidentaux un pays d’importance sur l’une des routes du gaz. Et accessoirement de détruire le patrimoine de l’un des berceaux majeurs de la civilisation.

Les dirigeants, mais aussi les populations des États-Unis ne comprendront quelque chose que le jour où ça sera leur propre pays (un pays volé aux amérindiens ne l’oublions pas) qui sera à feu et à sang. Ça viendra, et très probablement par le Sud, mais aussi du cœur même des grandes villes. Les bunkers, même les plus solides, ne sont pas éternels.

Trump tu as commencé, et bien rapidement, à tromper ton monde et tes électeurs. Et tous les êtres humains (dans les deux sens du terme) en général.

L’illusion a été de très courte durée.

*******

À LIRE ENCORE

6 avril 1917 – 6 avril 2017: mauvais anniversaire pour la paix dans le monde

Advertisements

From → divers

Les commentaires sont fermés.