Skip to content

SUR LE BLOG EN DÉFENSE DE DAVID HAMILTON

5 avril 2017

https://defensededavidhamiltonblog.wordpress.com/2017/04/05/lettre-a-david-hamilton/

***

« Lettre à David Hamilton »

Publié le 5 avril 2017 par defensededavidhamilton

 

Photo de David Hamilton (presse italienne, années 1980)

Le texte qui suit a déjà été publié sur le blog de Jean-Pierre Fleury, docteur en sociologie de l’Université de Nantes:

https://lequichotte.wordpress.com/2017/03/25/lettre-a-david-hamilton/

Voici maintenant la forme sous laquelle il sera publié dans notre livre sur David Hamilton, un ouvrage collectif (huit signataires environ) qui paraîtra selon toute vraisemblance avant l’été de 2017.

*

Lettre à David Hamilton

Nous ne nous sommes jamais rencontrés et nous ne nous rencontrerons jamais.

Pourtant, nous aurions pu…

En novembre 2016, le salon Antica Namur accueillait certaines de vos œuvres pour une petite rétrospective  ; quelques vues de Venise notamment, des natures mortes aussi…

C’était à côté de chez moi et je me réjouissais, c’était une fête.

Tant de souvenirs délicieux d’adolescente, cartes postales, affiches, ambiances légères et délicates me revenaient en mémoire.

Mais de tristes et sinistres histoires en ont décidé autrement et l’exposition a été «  reportée  » à une date ultérieure !

Puis tout a basculé, très vite. Emballement, déferlement…

Et le temps s’est arrêté …

Vous avez poussé les battants du portail entr’ouvert sur le jardin,

Pour chercher un endroit solitaire.

Là tout est vert et bleu,

Et il y a des figuiers, et un fauteuil vide depuis longtemps.

Mais c’est la nouvelle de votre mort qui fut blessante, bouleversante.

Même si vous l’avez décidé, l’avez voulu ainsi.

Loin de la foule déchaînée,

Sans un bruit, dans un dernier souffle vous êtes entré dans le jardin d’herbes hautes qui sentent le soleil et la mer.

Oui, la mer n’est pas loin, juste en contre-bas,

Il faut suivre le sentier du vent et devenir vent qui souffle sur la mer,

Et on la sent et on l’entend, jusque dans les murmures des jeunes filles sur l’embarcadère qui se chuchotent mille secrets dans la douce lumière du soir.

L’existence nous mène à la mort, comme une grande vague noire vers les royaumes de la nuit, comme une flamme qui tremble et se couche dans un souffle, comme une aile sauvage, comme une pomme qui tombe dans l’herbe  ;

Puissiez-vous, dans le jardin aux reflets verts décolorés, retrouver ce parfum ineffable, celui que l’on ne peut goûter qu’à quinze ans lorsque l’on a envie de mourir sur la mousse en s’embrassant dans l’ombre.

A.D.

Advertisements

From → divers

Les commentaires sont fermés.