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IMPRESSIONS DE RAMATUELLE

5 avril 2017

Publié le 5 avril 2017 par defensededavidhamilton

https://defensededavidhamiltonblog.wordpress.com/2017/04/05/impressions-de-ramatuelle-par-jean-pierre-fleury/

RAMATUELLE – IMPRESSIONS.

I –

En un bout de la terrasse. Photographie Jack Garofalo

(Paris Match n° 1427, 2 octobre 1976)

 

Un fauteuil en rotin, Madame à la terrasse,

Longiligne est assise, au regard si lointain

Que le vieux Lion baroque en pierre s’est éteint,

Livrant l’espace clos que le balustre harasse.

 

La nature au-dehors est plaquée invisible,

L’Homme se tient debout et, dans l’instant qui dort,

Tous deux ont oublié, près de la plante d’or,

Des restes ancestraux de heurts indivisibles.

 

II –

La chambre d’hôte. Photographie originale de David Hamilton en noir et blanc.

(Décoration internationale n°92, juin-juillet-août 1986)

 

Sous les arcs en plein cintre et croisures de voûtes,

Va le jour étirant, par des aplats de peintre,

Sa limite livide où la dalle, en un vintre,*

Conserve à ses entours tout un passé en croûtes.

 

Sur la pierre au solage, en marques d’héritage,

Errent les baisers fous de tant de pieds volages ;

C’est la vie à l’affût pour contrer ce qui fut

Barbarie et accrocs par tous les pieds griffus.

 

Au-dedans du mystère, en silence il se tend,

L’ermitage aux amants, le précieux monastère.

Un air sacré suspend (ô pics les plus austères !)

La mémoire affûtée aux souvenirs d’antan.

 

  • vintre, moyen-français, geôlier ; du latin vinctor, celui qui réunit, qui lie, qui enchaîne.

 

III –

Buste romain au coin de la chambre d’hôte.

Photo D.H.

L’as-tu vu le romain, sans main?

Sans avant-bras, sans romarin ?

 

Il ausculte et se fiche en niche,

Faisant, à tout passant, la niche.

 

Chaque pas, de l’une ou de l’un,

S’infléchit dans ses yeux d’alun.

 

Il a les cheveux de l’Homme

Et leur double Solitude, en somme.

 

C’est le gardien vivant dans sa fibre,

De l’ombre libre du temps qui vibre.

IV –

« Poisson laqué de Kyoto, buste de jeune fille, élément du décor de

« Premiers désirs ». Photo D.H.

Vanité qui frémis

 

Petite infante, où est ton corps, fût-il mort-né ?

Ta tête antique a le regard à questionner.

 

À eux, ta lippe dit : Pourquoi me modeler

Intangible frisette, et puis m’abandonner ?

 

Instant joli d’éternité acidulé,

C’est pour mieux nous mener par le bout de ton nez.

 

V –

« Au mur, dessin érotique de Danielle Monsarat

et moulage anonyme d’une jeune femme à sa toilette ».

Photo D.H.

La jeune femme a le bras qui appelle

La jambe, au mur, d’une autre belle.

 

Sa tête à chignon, qui naît pariétale,

Sur l’édredon bientôt s’étale.

 

La jeune femme a le cœur qui épelle

Les doigts au chœur des mirabelles.

 

Son corps d’abandon, un curieux pétale,

En un mignon bijou, s’installe.

 

Pince à cravate, et de chair de coupelle,

D’un rêve à nu d’âme rebelle.

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From → divers

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