Skip to content

SUR LE BLOG EN DÉFENSE DE DAVID HAMILTON

4 avril 2017

Hamilton, la Proie des Vautours, la fée Flamante et la fée Rossignole

Publié le 4 avril 2017 par defensededavidhamilton

Fable autant symbolique qu’imaginaire

En ce temps-là, dans un pays imaginaire que nous appellerons la Rance, naquit la Fée Flamant de l’espèce Phoenicopterus roseus1, une demoiselle qui avait le cul nu et qui pour cela fut nommée Flamant Le Cul Nu.

La fée Flamant était un flamant féministe, elle mettait des « e » à tous les mots et rêvait donc qu’on l’appelle Flamante.

La miss Flamant, très peu originale me direz-vous, était de couleur rose (comme son nom l’indique : Phoenicopterus roseus), rose comme la presse ou la sous-littérature de gare du même nom. C’est l’espèce de flamant la plus banale et répandue. Peut-être ses ancêtres avaient-ils appartenu à l’espèce Phoenicopterus ruber mais le personnage de notre fable appartenait sans aucun doute à la sous-espèce Phoenicopterus ruber roseus.

Quand elle eut grandi, elle devint en toute logique une grande vedette de la presse rose. Le cul nu donc de Miss Flamant, volontiers exhibé sur les couvertures de la presse rose, était d’un blanc rosâtre vaguement obscène et celluliteux. Les ornithologues savent que ce sont les couvertures alaires qui, chez le flamant rose, revêtent la couleur rose la plus intense. Mais chez notre personnage, c’était surtout les couvertures très terre à terre des revues à l’eau de rose qui étaient roses.

Un dimorphisme sexuel de taille était observé chez elle, comme dans toute son espèce. Ses cris ressemblaient à ceux d’une oie, dont elle avait dit-on surpassé l’intelligence. Le bec de Flamant était courbé, sans doute afin de permettre la filtration de divers liquides dont elle se délectait. Son bec était rose aussi, ça va de soi.

Les lieux qu’apprécia notre héroïne, dès son plus jeune âge, furent la Méditerranée, la Manche et en général tous les sites qui fournissaient des conditions adaptées à la nidification de cette échassière.

En vérité, j’allais écrire: « de cet échassier », mais la Fée Flamant m’a lancé un très mauvais regard. La fée Flamant était un rossignol féministe, elle mettait des « e » à tous les mots . Elle a éructé :

Echassier, c’est nul échassier !

Son bec doit être coupant, je ne voudrais pas qu’elle m’émascule, je me suis donc dévotement corrigé :

O fée Flamant qui n’es point nulle à chière, que tes désirs soient exaucés : j’écrirai échassière à la place d’échassier !

La fée Flamant affectionna vite les eaux saumâtres peu profondes et les îlots, où elle pouvait trouver ses nourritures de prédilection. La nourriture de Flamant se composa vite de mâles invertébrés (chose logique puisque la plus importante partie de la biodiversité connue est en effet constituée d’organismes invertébrés) et d’autres larves. Elle porta son dévolu, dans divers milieux à l’eau de rose, sur divers individus et mollusques spongiaires, cnidaires, plathelminthes et cysticerques asexués.

Veux-tu que je te fasse une filtration ? demandait alors Flamant.

La fée Flamant pratiquait très bien, dit-on, la filtration – grâce à son bec rose (l’ai-je dit?) comme celui de tous les flamants.

Avec une technique unique, aussi, Flamant piétinait le sol en tournant progressivement autour de son bec immergé, à la recherche de ses proies. Comme l’attestaient bien des photographies, elle était carrément capable de plonger dans l’eau en laissant dépasser son seul arrière-train (dit vulgairement cul) nu, position qu’elle semblait affectionner dès sa maturité sexuelle, atteinte quand elle avait été nommée Miss Flamant Rose.

Elle se reproduisait souvent, d’autant qu’elle changeait de partenaire d’une année à l’autre. Alors c’était des parades nuptiales, avec tout un rituel gestuel qui faisait la fortune de la presse rose. Une fois les partenaires appariés, ils le restaient durant toute la durée de la fornication et de la reproduction. Après l’accouplement, ils se mettaient à la construction d’un nid fait de boue et de vase, à l’abri de ces prédateurs que craignait tant Flamant. A force, elle en voyait partout. Elle se faisait un film :

-Je me souviens, disait-elle, de Hamilton !

Ah oui ! Hamilton ! Dans La proie des vautours ! Kipp Hamilton !

A l’entendre, la fée Flamant devait faire face à bien des prédateurs notamment sur les bords de la Méditerranée. Chaque année, ses partenaires précédents rejoignaient le troupeau des prédateurs qui, depuis sa naissance, semblaient lui vouloir un mal tout particulier : notamment le goéland leucophée, l’aigle ravisseur, le percnoptère et le marabout. Mais les pires vautours, peut-être le vautour oricou et le vautour à tête blanche, étaient ceux qui ne sont plus à décrire depuis l’expert Hamilton2.

La fée Flamant avait été traumatisée, racontait-elle, par un prédateur.

Mais par bonheur vint un jour où l’héroïne de notre fable, Flamant, qui n’était plus depuis longtemps une demoiselle au cul nu puisqu’elle allait vers la ménopause, rencontra la fée Rossignole, fée du pays de Rance. Ce fut une rencontre magnifique.

-Fée Rossignole, s’écria Flamant, n’es-tu point une Rossignole philomèle ?

-Je suis en effet une Rossignole philomèle ! se mit à chanter la Fée Rossignole.

Quel salaud ce Térée3 ! Ce violeur ! Toi aussi, tu as donc eu ton bourreau ! Ton satyre !

La fée Rossignole était un rossignol féministe, elle mettait des « e » à tous les mots :

Fée Flamante ! dit la fée Rossignole philomèle avec admiration. Je te nomme, Ô toi la plus belle des flamantes roses, spécialiste du viol !

***

NOTES

1 Les informations qui suivent sont presque toutes extraites de : https://fr.wikipedia.org/wiki/Flamant_rose

2 Les hommes et les mœurs aux Etats-Unis par le colonel Hamilton, 1834.

3 L’espèce de ce rossignol fait en effet allusion à un personnage mythologique, Philomèle, qui, violée par Térée, se venge d’une manière terrible et sera transformée en rossignol, condamnée à chanter ses lamentations pour toujours. Voir les « Métamorphoses » d’Ovide

Publicités

From → divers

Les commentaires sont fermés.