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17 mars 2017

HAMON N’A PAS MON AVAL.

Licencié en histoire, syndicaliste étudiant, apparatchik des Jeunesses socialistes puis du P »S », qu’il « quitta » de temps à autre pour s’occuper d’instituts de sondage, élu quelquefois, de gouvernement « socialiste » de temps à autre, il convient surtout de retenir du Petit Benoît (car tel est son surnom au sein de la nomenklatura socialote) qu’il sort de la « gauche catho » rocardienne. C’est un proche de la « gauche américaine » et dudit « démocrate socialiste » étatsunien Bernie Sanders.

Cet homme de la « gauche » du P »S » est un « louvoyeur » aux opinions changeantes (il a été quelques années porte-parole du P »S », ceci expliquant peut-être cela), il a par exemple soutenu la candidature Hollande, c’est-à-dire la plus droitière aux précédentes primaires de son parti pour 2012 ; et en a d’ailleurs été remercié un temps par deux portefeuilles de ministre.

Présentement, son programme est un fourre-tout fourre-rien typique de ce que déjà, dès les années soixante-dix, l’auteur Michel Clouscard nommait « la social-démocratie libertaire », et qu’il serait plus juste de dénommer « la social-démocratie libertine » (cf. entre autres : Le Capitalisme de la séduction).

Quelques touches de critique du libéralisme, quelques touches d’écologie, etc., son programme est une sorte de compilation sans idée directrice forte, et surtout sans moyen d’application puisqu’il ne remet pas en cause le cadre contraignant ultra-libéral et totalitaire de l’Union Européenne. On voit mal comment on pourrait nationaliser des banques, comme il l’a inscrit dans son programme, tout en demeurant dans la prison de l’U.E. C’est une sorte de Mélenchon à la faconde et velléités plus modérées et sans doute un brin moins productiviste, mais tout aussi dirigiste.

Deux exemples seulement.

Typique de ce genre de personnage, qui sort d’un milieu petit-bourgeois assez comparable à celui du précédemment nommé, il est partisan de libéraliser l’usage du cannabis avec un argument qui vaut son pesant d’hypocrisie. Il n’entend pas oublier ses électeurs bobos. « Oui, jeune, j’ai déjà fumé un joint, comme tout le monde [sic], mais ça ne m’a pas réussi ». Et cette phrase dont je n’ai toujours pas compris le sens : « C’est parce que je pense qu’il est dangereux de se droguer qu’il faut légaliser ».

Appliquons-la à d’autres domaines: « c’est parce que je pense qu’il est dangereux de tirer sur quelqu’un qu’il faut légaliser le port d’arme » ; « c’est parce que je pense qu’il est dangereux de rouler trop vite qu’il faut légaliser les dépassements de vitesse autorisé » ; « c’est parce que je pense qu’il est dangereux de dire la vérité qu’il faut légaliser le mensonge ».

Enfin, comme l’écrivait déjà en 1976 le duo « pseudonymique » Jules Henry et Léon Léger : Les hommes se droguent, l’État se renforce, titre d’un ouvrage paru aux Éditions Champ Libre.

Et également typique du récupérateur, son idée de dit « revenu universel » qui est directement repris des théories abondancistes mais qui ne peut avoir un sens qu’au sein, non plus d’une société d’esclavage salarié pour le plus grand nombre, mais qu’au sein d’une société d’économie distributive qui nécessite, pour le moins de réunir les critères suivants (je ne développe pas ici ces idées, qui ont déjà près d’un siècle et qui me conviendraient assez) :

– une démocratie participative, ou si l’on préfère une forme de démocratie directe ;

– un partage du travail dans le cadre d’une société de plus en plus robotisée, et dans le cadre d’une propriété collective, coopérative des moyens de production ;

– une propriété individuelle dite d’usage (habitation, etc.) ;

– un revenu universel garanti, à vie, inaliénable et non transmissible ;

– une monnaie de consommation liée à l’activité économique réelle, toujours renouvelée et à durée de vie limitée, rendant impossible toute thésaurisation, spéculation, usure…

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