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David Hamilton : ne jamais oublier le plus ignoble des viols.

28 février 2017

Publié le 28 février 2017 par defensededavidhamilton

viol

Le Titien, « Viol de Lucrèce ». Rappelons que Lucrèce, comme David Hamilton (au moins, quant à lui, selon la version officielle), est morte suicidée.

Condamner le viol.

Un simple exemple: extrait de la page Wikipédia sur le viol.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Viol

Pendant la chute du IIIe Reich en 1945, le nombre de femmes allemandes violées par l’armée soviétique a été estimé à 2 millions. A Vienne en 1945, les cliniques enregistrèrent 87 000 cas de viols et 110 000 cas à Berlin.

L’historienne allemande Miriam Gebhardt documente de nombreux viols de femmes, jeunes filles, mais aussi hommes et garçons allemands perpétrés par des troupes américaines, britanniques et françaises. Son estimation numérique est basée sur la supposition que 5 % des accouchements de femmes non mariées dans les différents secteurs d’occupation furent issus de viols de soldats, et 100 viols eurent lieu pour chaque naissance enregistrée. Ces chiffres, plausibles si ce n’est définitifs, portent la responsabilité longtemps refoulée des alliés à 860 000 cas, soit près d’un tiers du total des viols perpétrés.

Lors du débarquement des soldats alliés en Europe, de nombreuses plaintes ont été portées sans grands résultats contre les soldats américains par des femmes françaises. L’historien américain J. Robert Lilly dans son ouvrage « La Face cachée des GI’s » rapporte que plus de 17 000 viols ont été commis par les GIs au Royaume-Uni, en France (estimation entre 2 500 et 3 500 cas de viols en France ayant entraîné 150 condamnations) et en Allemagne.

Vous avez violé la loi du Seigneur (la Bible).

Ce qui est triste dans l’Affaire de la mort de David Hamilton est, sans aucun doute, que bien des lois actuellement en vigueur, bien des règles ont été violées.  On s’en souvient peut-être, on lit dans la Bible: « Esdras, prêtre, se levant, leur dit : Vous avez violé la loi du Seigneur » [Sacy, Bible, Esdras, I, X, 10].

Ici, personne ne se prend pour Esdras. Mais il n’en reste pas moins que dans l’affaire de la mort de David Hamilton, ce sont les règles de la (fameuse…) «  » » » » » »déontologie journalistique » » » » » » qui ont été violées et bafouées.

Le viol de la présomption d’innocence.

« Je viole en un jour les droits des souverains, Ceux des ambassadeurs et tous ceux des humains« , écrivait le grand Racine dans Andromaque (v, 4). En ce qui concerne David Hamilton, ce qui a été violé a été nous semble-t-il son droit – qui est garanti, rappelons-le une fois encore, par la loi française- à la présomption d’innocence. Or tous les citoyens français, suppose-t-on, sont attachés à juste titre au respect de la présomption d’innocence, comme au droit de ne pas être insultés publiquement par des censeurs, des « justiciers » autoproclamés qui sont, en définitive, des violeurs de la présomption d’innocence. Nul n’a le droit de violer les droits des artistes: et  les droits d’un grand artiste comme David Hamilton.

C’est là ce que Régis de Castelnau, avocat, collaborateur de Causeur, a fort bien exprimé ici:

http://www.causeur.fr/hamilton-fiona-sauvage-justice-41396.html

La langue ne doit jamais être violée.

« Ne nous rebutons point de ces remarques grammaticales ; la langue ne doit jamais être violée« , conseillait Voltaire. Que la langue ne doive jamais être violée, j’en conviens volontiers avec Voltaire. Mais tout comme la  langue, je crois que la « déontologie journalistique » – si elle existe, et si elle est valable pour tout un chacun de la même façon – ne devrait jamais, elle non plus, être violée. Le même Voltaire a souvent employé ce mot de la langue fançaise – violer – dans ses oeuvres.  « Le prétexte manquait pour violer le serment…. Le légat n’eut d’autre ressource que de persuader à Ladislas, aux chefs hongrois et aux Polonais, qu’on pouvait violer ses serments« , écrivait encore Voltaire. Violer un serment est une vilaine chose, qui le mettrait en doute? Or, violer la bonne éducation, proférer des insultes et des injures à la télévision (de telle sorte que ces injures et ces insultes frappent ensuite les oreilles des jeunes gens et des enfants), refuser de publier le droit de réponse que David Hamilton avait envoyé à la presse (ou le publier tardivement et / ou sous forme d’extraits), est-ce que tout cela n’a pas constitué le viol d’un autre serment: le serment, explicite ou implicite, par lequel les journalistes-animateurs sont (ou devraient être) tenus à ne pas insulter voire lyncher leurs invités ou ceux dont ils font la cible de leur courroux voire de leur haine?

Ne violez pas la sainte hospitalité.

« N’outragez pas ainsi la nature, ne violez pas la sainte hospitalité« , avertissait Jean-Jacques Rousseau, auteur qui m’a toujours été sympathique. Rousseau avait raison, le viol de l’hospitalité doit être dénoncé comme une bassesse humaine. Et Voltaire avait raison aussi, les serments ne devraient pas être violés.

L’oeuvre de David Hamilton, sa mémoire, sa réputation, n’ont-elles pas été violées?

« Les successeurs de Jean sans Terre ne songèrent qu’à violer les deux chartes que la nécessité lui avait arrachées« , rappelait Condillac dans ses Études historiques ( II, 5). En ce qui concerne David Hamilton, on a facilement pu se rendre compte, après sa mort, du fait que l’opinion publique, savamment excitée contre lui et contre son oeuvre, a bien souvent craché sur l’artiste qu’elle avait jadis adoré. La mémoire, la réputation, l’oeuvre artistique immense de David Hamlton ont été violées. Pour notre part, nous le regrettons. Comme l’on viole une sépulture, comme on la dégrade, comme on y fouille dans des intentions coupables, l’oeuvre de David Hamilton a été la cible de ragots, d’approximations, de mensonges. Elle a été violée.

La sépulture idéale de David Hamilton au Parnasse.

« Les jésuites persécutaient…. la mémoire de Pascal, Arnaud fugitif, les débris de Port-Royal détruit, et les cendres des morts dont on violait les sépultures« , se plaignait Voltaire (Mélanges littéraire, Avertissement d’une édition des Pensées de Blaise Pascal).

Certes, la sépulture de David Hamilton – qu’il repose en paix! – n’a pas été violée. En tout cas, espérons-le. Mais c’est bel et bien son oeuvre photographique, son oeuvre poétique, c’est bien sa sépulture idéale au Parnasse des grands artistes,  que des médiocres ont essayé de violer.

On pourrait donc, aujourd’hui, changer à peine la phrase de Voltaire au sujet de David Hamilton, victime d’un évident viol médiatique: « Les jésuites persécutaient…. la mémoire de David Hamilton… et les cendres des morts dont on violait les sépultures ».

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