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LARRY CLARK, UN CANULAR ?

20 janvier 2017

Comment bien faire comprendre ce qui est arrivé à David Hamilton, sinon en en remettant une couche encore (« pédagogie » oblige), non pas sur lui aujourd’hui, mais sur son « antonyme », Larry Clark. Le visible face à l’invisible, le « pignon sur rue » face à l' »oublié des media » (sauf pour le diffamer et l’insulter), le « à site Internet » et celui qui n’eut jamais de vitrine Internet (du moins à ma connaissance), l’extraverti fier à bras face à l’introverti délicat.

L’en-dedans jusqu’au cou face à l’en-dehors autant qu’il le pouvait.

Le chantre de la « modernité » contre le discret admirateur de l’histoire de l’Art et de ses traditions, de ses métiers et savoir-faire ; le conservateur si l’on veut (comme on peut être conservateur d’un petit musée de province), bien que de nos jours incultes, le fait d’admirer le Passé en général (sauf exceptions notables, mais ce n’est pas l’objet de cet article) vous ravale au rang d’un simple conservateur au sens péjoratif du terme, pour ne pas dire d’un réactionnaire, deux mots honnis des sans-culture, des sans-art et des sans-lendemains (ces lendemains qui autrefois chantaient).

Larry Clark ne recule devant rien jusqu’à mettre en exergue de son « site officiel » un panégyrique où l’on apprend que :

« Larry Clark is one of the most important photographers and artists of the last half-century. » Larry Clark est l’un des plus importants photographes et artistes du dernier demi-siècle. « His seminal first book, Tulsa (1971), is still dangerous. » Son premier livre « phare »… est encore dangereux ». « His directorial debut, KIDS (1995), established Mr. Clark’s reputation as one of the most controversial and influential filmmakers of our time. » « Ces débuts en tant que réalisateur … établirent la réputation de M. Clark comme l’un des plus controversés et influents cinéastes (« faiseurs de film » en anglais, terme si juste souvent) de notre temps. » J’arrête là en citant le génie qui affirme un peu plus bas que : « I don’t try to be controversial, I just try to be honest and tell the truth about life. » Je n’essaie pas d’être controversé. J’essaie juste d’être honnête et dit la vérité sur la vie. »

Ce que l’on comprend très rapidement du personnage — personnage que j’ai dénommé dans un article précédent « psycho-sociologue » entre guillemets — c’est qu’il donne comme argument de sa valeur intrinsèque et éclatante qu’il ne fait que montrer, décrire, affirmer le réel. Il faudrait quand même préciser : vérité sur une certaine vie, un certain réel ; le plus bas, le plus vil, le plus laid, le moins esthétique. Car tel est son fonds de commerce.

J’entends déjà ceux qui voudraient le rapprocher des Décadents en art. Car rien n’est plus opposé à sa laideur, à sa complaisance pour le laid et le bas, que par exemple, l’élévation de pensée et de forme, d’esthétique d’un poème baudelairien. Ou qu’une photographie de David Hamilton, tout à l’opposé de la vulgarité, toute nimbée d’interdit flou si je puis dire, de celui qui se refuse à voir la crudité du monde, qui transfigure le réel, qui augmente la poésie du Beau et entend (seule touche d’orgueil, ou prétention artistique démesurée) la rendre éternelle.

« L’oeuvre » du dénommé Clark n’a pratiquement (je suis gentil) rien à voir avec l’Art majuscule, ni même minuscule. C’est une sorte de témoignage du point auquel peuvent atteindre, aux abysses (sur le fond et même souvent sur la forme qui est au mieux du banal ou du journalistique), ceux qui prétendent faire de l’art dit contemporain en reniant les arts ; et du point de décadence des âmes de ceux que souvent il photographie ou plus encore, il filme. D’où mon recours à l’expression « psycho-sociologue » (observateur, expérimentateur ou reproducteur de « la vie » de petits groupes dégénérés de la société yankee) ; un « psycho-sociologue » empirique et « brut », comme il y a un « art brut ».

Si l’on veut comprendre mieux encore, en quoi ce Clark adulé est le digne représentant non pas du Décadentisme en art, école respectable (si l’on peut parler d’école, car elle est très diverse et touche à plusieurs arts ; certes, expression équivoque mais prenons là, elle permet de se faire comprendre malgré tout), mais de la décadence tout net, toute crue, toute nue de la société occidentale et nord-américaine en particulier, il suffit de « surprendre » le génie au bain, là tout est dit, et même signé d’un suprême mauvais goût :

larry-clark

On peut noter sur cette enseigne publicitaire, qui fait pitié tant c’est laid et puéril, en plus de plusieurs titres de « l’oeuvre » du génie ( The Smell of Us, Tulsa, Wassup rockers, Marfa girl, Ken park, Bully, etc.) :

— une étoile à six branches, généralement appelée « étoile de David », symbole judaïque et sioniste. « Magen David », le « bouclier de David » gravé sur le sceau de Salomon (cf. Talmud, Gittin 68a) est une allusion au mythe messianique juif ;

— en face d’elle, une étoile à cinq branches, généralement appelée « étoile rouge », symbole des diverses entités du marxisme-léninisme ;

— le Che, icône gauchiste des années soixante ;

— un symbole qui semble être un W et un M entrelacés ; serait-ce l’évocation d’un Winchester Magnum, arme de ladite grande chasse ?

— en face de lui, deux têtes de mort, tête-bêche.

On a là un vieux « gaucho » probablement sioniste, juste un peu imbu de sa petite personne, et suiveur de mode. Une caricature.

Je pourrais encore ajouter que son site est un hymne au laid en continu ; et bien évidemment au métissage, au mondialisme, au bas. Je ne veux même pas mettre ici un portrait de lui qu’on y trouve, gribouillé par un sous-peintre, portrait à la portée du premier Joachim-Raphaël Boronali.

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