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DAVID HAMILTON, LES MEDIA ET LE FLOU ARTISTIQUE

19 janvier 2017

On vient de me mettre sous les yeux un reportage de la chaîne télévisée d’État Antenne 2 récemment consacré à Hamilton, enfin « consacré » est un bien grand mot, car de ce que j’en ai vu et retenu pour l’instant c’est son absence d’objectivité, du moins sur les prémices : au sein de la confrérie, on ne va pas douter de la réalité de faits énoncés par une consœur, tant bien même que cela sorte d’un dit roman (de gare… de triage).

Pas étonnant quand toute cette engeance ment, interprète, censure à longueur d’antenne ou de papier. On part donc sur des présupposés, des faits faussement établis, ou plutôt pas du tout établis (« naturels », « allant de soi »); on les répète en toute illégalité ; on entretient la diffamation post-mortem et l’on outre-passe la loi sur les délais de prescription. Au-dessus de la Justice qui me semble ici totalement annihilée, ou complice d’un tel lynchage médiatique de l’homme et finalement de l’artiste, qui ne semble pas avoir de fin.

La veulerie de tous ces écrivains et acteurs ratés des media (des « merdias », comme écrivent certains, de plus en plus nombreux), graine de politiciens incultes, et de manieurs de lieux communs, n’est plus à démontrer. Elle est patente depuis de longues années déjà. Partout, c’est le discours unique et la propagande médiatiques. Aussi, je n’ai donc pas été outrageusement surpris de leur manière de présenter les faits, sans qu’il y ait un seul début d’enquête et d’établissement de preuves.

Cependant, je mettrai un bémol (pour une fois), car il m’a semblé avoir décelé un semblant d’analyse de la part d’un jeune journaliste, sans doute pas encore au parfum. Là, on quitte le « rapportage à la maîtresse », pour entrer au moins un peu dans le reportage. Le report de faits réels de visu et auditu. Pour l’heure, je voudrais revenir sur deux passages de cette diffusion télévisée.

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Le premier, c’est un court entretien avec « un galeriste«  dont il faut retenir : J’exposais des photos d’Hamilton (on ne sait pas trop de quel genre), mais j’ai dû les enlever, et ceci à la demande de mon propriétaire, mais dans quelque temps ça se revendra. Entretien totalement flouté (en hommage à Hamilton?).

On est dans le délire ; cela fait un certain temps que je dis dans mon coin (heureusement, je ne suis pas ou plus le seul) que l’on est dans une société qui vire totalitaire (j’allais dire) « tranquillement », dans l’indifférence du premier pékin venu.

Je crois me souvenir qu’il n’y a pas très longtemps, une myriade de moutons ont défilé dans la rue en bêlant « Je suis charlot ! » (ou quelque chose comme ça), tout en ajoutant : « Liberté d’expression !« . Certes, les intolérants paumés et manipulés, n’y avaient pas été avec le dos de la cuillère et de la kalachnikov.

Mais je crois me rappeler aussi, que les naïfs iconoclastes « de gauche », bien au chaud dans leurs bureaux, et dans leur obsession antimusulmane et anti-arabe, avaient été avec leurs petits crayons jusqu’à insulter les morts victimes d’un attentat terroriste. *

Personnellement, les limites que je fixe à ma liberté d’expression sont avant tout (puis-je employer ces mots, encore ?) éthiques et esthétiques : ne jamais entrer dans le jeu des dominants, éviter le mauvais goût, ne pas tirer sur les ambulances, ne pas sombrer dans l’absence d’art… et surtout, totale indépendance d’esprit.

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Le second passage est également très éloquent. Il évoque la venue toute récente et une nouvelle fois à Paris pour son commerce (une petite photo de rien, petit format : 100 euros), d’un photographe étatsunien dont je n’avais jamais entendu parlé (je suis ignorant et indifférent à la sous-culture), mais qui (truffé de prix « distingués » comme je viens de l’apprendre) a fait carrière cinématographique et photographique sur le dos (si l’on peut dire) de l’adolescence détraquée (celle qui est obsédée de sexe, d’alcool et de drogue) tout en précisant bien qu’il ne dépasse jamais la ligne, et ne veux pas aller en prison ; et dont une exposition au Musée d’Art Moderne (sic) de Paris en 2010 avait été interdite aux mineurs de moins de dix-huit ans par la mairie de Paris, au grand dam de ceux (de gauche et de droite) qui aujourd’hui sont totalement muets en défense de David Hamilton. Comme il en est de tous les ayatollahs de la liberté à géométrie variable.

Je n’épiloguerai pas longuement sur le personnage qui me semble peu sympathique, déjà rien qu’en chantre de la décadence, et qui confond sciemment, à dessein, érotisme et pornographie. Je voudrais essentiellement noter qu’on l’a questionné sur David Hamilton. Je résume la teneur du propos : Hamilton, Hamilton, qui c’est celui-là ? Ah, oui… c’est celui qui autrefois diffusait plein d’albums, qui photographiait des filles nues… Là je cite : « Pour moi, c’est un photographe minable, pourri » (c’est ainsi que le propos est traduit en français).

Entendons-nous bien, si je viens d‘évoquer la pornographie, ce n’est pas pour me faire adepte de puritanisme, mais c’est pour préciser que je ne connais rien de David Hamilton relevant de ce dernier genre. Lui s’est bien cantonné au domaine de l’érotisme. Une sorte de lord distingué avec un fonds féminin (ai-je le droit à cette expression ? Oui, non, est-ce encore autorisé ?), tout en douceur, fin et quasiment précieux, n’ayant rien à voir avec un apologue du déclin de civilisation et du plus bas possible. Enfin, mon opinion est que la pornographie relève peu ou pas du tout de l’Art. Du moins, ce domaine abaisse et n’élève pas l’Homme.

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Ce qui a amené la fin de David Hamilton est exemplaire de l’état de déliquescence des valeurs. Non pas celles de David Hamilton, artiste du rêve et de l’idéel, mais celles des media et de la société en général à une époque qui a tout perdu de ses grandeurs.

Tandis que ce qui amène cet engouement pour ce photographe étatsunien qui aurait pour nom Larry Clark, « psychosociologue » d’un monde peu reluisant, en dit long de l’état de délabrement du marigot parigot des asticots.

Répétons encore une fois que dans le monde réellement inversé, monde des médiocres et des idées courtes, et ceci à l’avenant de tout le reste, le laid et le bas largement diffusés font offices obligés, voire obligatoires du « beau » et du « haut » ; tandis qu’il est dangereux, voire mortifère ou censuré, d’affirmer le Beau et le Haut réels. Car tout simplement ils sont d’essence réellement révolutionnaire, cultivée et aristocratique.

Alors comment s’étonnerait-on de lire dans Gala (que l’on m’a également mis sous les yeux tout récemment) que « quand Flavie claque la porte de son domi­cile de Boulogne le matin, elle sait enfin pourquoi elle mérite d’être recon­nue… » Oui, pourquoi au juste ? Comme diffamatrice ? Incitatrice au suicide ? Diffuseur de rumeur ? Opportuniste ? Ennemi de toute déontologique journalistique ? Ou, qui sait, comme affabulatrice patentée ?

* Je n’ai pas retrouvé présentement sur leur site (ni sur celui de Siné-mensuel qui semble par ailleurs virer trouble sur les questions syrienne et palestinienne, le Vieux patriarche à peine mort) un seul mot ou un seul dessin concernant l’Affaire Flament, car elle relève sans doute du normal ou de l’anecdotique à leurs yeux. Ou peut-être du non risible ! Enfin Hamilton a pu échapper ici à quelques dessins débiles !

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