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LE VRAI SCANDALE DAVID HAMILTON

5 décembre 2016

Cet article est la reprise exacte de l’article que j’ai donné hier sur le blog : https://defensededavidhamiltonblog.wordpress.com/

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Je n’étais pas là, je n’en sais rien sur le fond, mais j’essaye simplement de comprendre. Et de réfléchir logiquement sur la forme.

Il existe dans la famille Lecanu une commune histoire qui, de ce que l’on peut en percevoir et retenir par la presse: il tournerait (conditionnel) autour de gestes déplacés et/ou d’attouchements d’un homme adulte, David Hamilton, sur une gamine de treize ans, Flavie Lecanu. Histoire partagée, je répète, par tous les membres de la famille. Autrement dit, ce que l’on appelle un secret de famille. Le genre de chose que l’on ne dévoile pas comme ça. Mais qui n’a jamais conduit à quelque plainte ou quelque poursuite judiciaire que ce soit. Dans une société normale, je veux dire, une société réellement démocratique et possédant un réel État de droit, on devrait fermer le ban ici, en rester là ; mais ce n’est pas le cas…

VRAIS ET FAUX PSYS

Car, un jour, environ vingt-cinq ans après, la personne qui en aurait été la victime décide de « faire une thérapie ». C’est ici que j’aimerais savoir qui est le thérapeute, « le gourou » ou « le thérapeute » (je reprends ici des termes employés par les membres eux-mêmes de la profession) ; et sur la base de quelles théories ou pseudo-théories il, ou elle, pratique. Là-dessus, les gazettes sont totalement muettes.

Il faut savoir qu’il suffit de peu de choses finalement pour exercer en tant que psychothérapeute. C’est tellement vrai qu’un médecin et député qui a nom Bernard Accoyer, lors de l’examen de la loi du 9 août 2004 qui réglemente la profession de psychothérapeute, a proposé un amendement qu’il justifiait ainsi :

« Des personnes, insuffisamment qualifiées ou non qualifiées, se proclament elles-mêmes «psychothérapeutes». Elles peuvent faire courir de graves dangers à des patients qui, par définition, sont vulnérables et risquent de voir leur détresse ou leur pathologie aggravée. Elles connaissent parfois des dérives graves. […] Cette situation constitue un danger réel pour la santé mentale des patients et relève de la santé publique. Il est donc indispensable que les patients puissent être clairement informés sur la compétence et le sérieux de ceux à qui ils se confient. Il convient donc de considérer les psychothérapies comme un véritable traitement. A ce titre, leur prescription et leurs conduites doivent être réservées à des professionnels détenteurs de diplômes universitaires, attestant d’une formation institutionnelle, garantie d’une compétence théorique, pouvant être doublée d’une expérience pratique« . (Octobre 2003)

Bien évidemment, ce texte se heurta à l’opposition farouche de ceux qui n’avaient pas tous les titres requis, et avant tout du puissant et bien établi « lobby » des psychanalystes de toutes sortes. Tellement farouche que la loi, votée le 9 août 2004, n’a vu son décret d’application publié que le 20 mai 2010. Or, entre temps, le texte de Bernard Accoyer a été partiellement vidé de sa substance et les psychanalystes ont ainsi obtenu le droit de revendiquer le titre de psychothérapeutes en étant dispensés partiellement de la formation et du stage pratique prévus. Le texte du décret ajoute en outre que les formations peuvent avoir lieu en dehors du cadre universitaire (n’importe quel institut privé par exemple, sans aucun contrôle).

LE MÊME DROIT POUR TOUS ?

Les éléments essentiels du décret n° 2010-534 du 20 mai 2010 relatif à l’usage du titre de psychothérapeute (qui fait référence à deux lois de santé, celle du 9 août 2004 et celle du 21 juillet 2009 concernant la protection des patients), énonce :

Article 1 — L’inscription sur le registre national des psychothérapeutes mentionné à l’article 52 de la loi du 9 août 2004 […] est subordonnée à la validation d’une formation en psychopathologie clinique de 400 heures minimum et d’un stage pratique d’une durée minimale correspondant à cinq mois effectué dans les conditions prévues à l’article 4.

L’accès à cette formation est réservé aux titulaires d’un diplôme de niveau doctorat donnant le droit d’exercer la médecine en France ou d’un diplôme de niveau master dont la spécialité ou la mention est la psychologie ou la psychanalyse.

Article 2 — Par dérogation aux dispositions de l’article précédent, les professionnels mentionnés au cinquième alinéa de l’article 52 de la loi précitée sont dispensés en tout ou partie de la formation et du stage dans les conditions prévues par l’annexe 1 du présent décret. [annexe qui définit le contenu de la formation]

Or, ce cinquième alinéa dit ceci :

5- Le décret en Conseil d’État définit les conditions dans lesquelles les titulaires d’un diplôme de docteur en médecine, les personnes autorisées à faire usage du titre de psychologue dans les conditions définies par l’article 44 de la loi n° 85-772 du 25 juillet 1985 portant diverses dispositions d’ordre social et les psychanalystes régulièrement enregistrés dans les annuaires de leurs associations peuvent bénéficier d’une dispense totale ou partielle pour la formation en psychopathologie clinique.

Encore un bel exemple de la manière dont on dit et écrit le droit en France, tant au Parlement qu’au Conseil d’État. « Le droit est le même pour tous » comme on peut le voir une fois encore.

Psychiatre, psychanalyste ou psychologue, il y a diverses sortes de « psys », mais ce qu’il importe de connaître, c’est avant tout, sur quelles théories, méthodes de consultation (séances) et traitements médicamenteux pour les médecins, se basent ceux qui pratiquent la psychothérapie.

Ici je renvoie à deux articles précédents de ce bloc qui évoquent

1/ les dérives pour ne pas dire les « dégâts collatéraux » de certaines « psychothérapies »,

2/ le syndrome des faux souvenirs (ou des souvenirs modifiés) induits.

VRAI OU FAUX SOUVENIR ?

En attendant, je note, je lis dans les gazettes que Flavie Flament née Lecanu a vu un psychiatre (sans autre détail, malheureusement) et qu’alors, elle s’est souvenue de tout grâce à une photo d’elle, datant de ces années anciennes, et, je cite : « C’était comme un message que Poupette, la petite fille que j’étais, m’envoyait. Là, j’ai compris et j’ai murmuré ‘j’ai été violée’. »

Dans ce qui relève avant tout de la sensation et de l’émotion non désirées, du ressenti et du subi, de la rage et de la révolte, de l’agression et du refus je m’étonne de lire : j’ai compris. Or, il n’y a rien à comprendre. À l’âge qu’elle avait (treize ans, ce n’est pas trois ans), en règle générale on ne peut oublier un tel traumatisme. Ce n’est pas moi qui le dis, c’est la majorité des psychothérapeutes. Ou alors Poupette serait une exception, comme par hasard. Ce scénario ressemble à ce qui est bien, ou plutôt très mal connu de nos jours par « le grand public ». Poupette ne serait-elle pas victime de la fausse mémoire induite ? Ou de la manipulation, de la transformation de souvenirs ?

Je recopie ici à nouveau un texte provenant du site (très éclairant) http://psyfmfrance.fr/:

« Cette lutte contre la fausse mémoire ne doit pas être confondue avec le combat légitime et indispensable mené contre les pédophiles et les incestes avérés. Les témoignages de jeunes enfants ayant subi des abus sexuels véridiques n’ont rien à voir avec de faux souvenirs remontant à 20 ou 30 ans en arrière, suggérés par un thérapeute et qui ne sont pas corroborés. Les violences réelles subies par les victimes ne sont généralement pas oubliées, bien au contraire. Mais la mémoire est malléable et l’implantation de faux souvenirs, par des techniques de manipulation mentale, est aujourd’hui expérimentée et prouvée par les scientifiques du monde entier. »

Le nœud du problème se nomme donc en fait : idéologie psychanalytique poussée jusqu’à l’absurde ; « idéologie totalitaire » nous disent les professionnels sérieux, dont les dérives amènent 1/ des catastrophes chez la personne « soignée » et dans tout son entourage, 2/ un attachement sans fin (que l’on retrouve déjà chez Freud) entre le dogmatique « thérapeute » et le fragile patient, 3/ et, autre élément également essentiel et récurrent (que l’on retrouve également chez Freud) le coût financier à payer pour être soigné. On cite le cas de patients de plus en plus perturbés (le plus souvent des femmes), ayant rompu les ponts avec tout leur entourage familial, s’étant lancés dans des procès toujours du même type (abus sexuels dans l’enfance et même la petite enfance, incestes…), et ayant donné (parfois de la main à la main) des dizaines de milliers d’euros à des charlatans non conventionnés ou dépassant allègrement les tarifs conventionnés (les gens du milieu évoquent le cas de séance à 300 euros !). Oserai-je ajouter que ce dernier côté a un aspect très bobo.

MÉMOIRE RETROUVÉE OU MÉMOIRE INDUITE ?

Pour le dire autrement tout tourne autour de ce que le milieu appelle la T.M.R. Thérapie de la Mémoire Retrouvée que l’on devrait nommer plus justement : Fausse Thérapie de la Mémoire Induite. De nombreux et sérieux ouvrages existent sur le sujet ; dont des livres ou des rapports, ou des études de professionnels du milieu de la psychothérapie.

La France ayant toujours un temps de retard, il faut savoir que cette forme de « thérapie » a été dénoncée au moins depuis les années quatre-vingt, puis en grande partie abandonnée dans les pays anglo-saxons et nordiques toujours à la pointe de ladite modernité, y compris la plus folle ou sordide.

Ces ouvrages dénoncent la fausse thérapie, et en même temps la juteuse thérapie de gourous irresponsables et même coupables. Les délires de pseudo-thérapeutes voyant dans toute maladie mentale un traumatisme lié à un mauvais traitement familial ou de proches pendant l’enfance (abus divers, mauvais traitements, violence, viol, inceste…).

Le tout exploité en un total manque de discernement, et plus encore avec un goût prononcé de scandale qui rapporte (l’argent est également présent ici) par toute la « médiocrassie médiateuse » (sic). Ceci dans le temps même où le gouvernement français entend faire allonger le délai de prescription (voire le supprimer) concernant les viols et les abus sexuels. En total accord donc avec la pseudo-thérapie de la mémoire retrouvée. En tout domaine, ce gouvernement « socialiste » est à côté de la plaque, ou plus exactement semble spécialisé dans toutes les « incohérences » pseudo-progressistes et à la remorque de toute prétendue avancée de la « modernité » quelle qu’elle soit.

On en arrive donc de nos jours à une confusion totale, mêlant ensemble quasiment, le tortionnaire barbare avéré Dutroux à l’innocent (il n’a jamais été condamné par la Justice et ces femmes avaient tout loisir de porter plainte depuis bien longtemps) David Hamilton. Et à désigner du doigt des pédérastes, peut-être là où ils ne sont pas ; et peut-être pas, là où ils sont.

Il faut savoir que (je cite encore le site psyfmfrance.fr) « les psychanalystes adeptes de la ‘théorie’ qui vont aller ‘chercher le traumatisme d’enfance qui explique tout’ » généreraient chaque année de « fausses croyances » auprès de 350 à 450 000 victimes directes. Chiffres avancés par le secteur médical et hospitalier lui-même. Sans compter les victimes indirectes bien plus nombreuses, dont celles qui ont passé injustement des années en prison, ou pire encore qui se sont suicidées, ne supportant pas d’être accusées à tort. » « Preuve de culpabilité » dirait la jounaleuse à esprit court Flament.

UN ROMAN OU QUOI ?

J’ajouterai que Flavie Lecanu ex épouse Flament et ex épouse Castaldi, écrivain (en tout cas, si c’est bien elle qui a écrit son livre) et nouvelle « experte » dans le domaine du viol, est journaliste de « grands » media (elle est passée par Antenne 2, la Cinq, Canal +, M6, TF1 ; elle est maintenant à RTL). On sait trop bien ce que sont les journalistes, surtout de nos jours. Elle fait donc partie intégrante du spectacle du monde dominant, de la communication unilatérale et de la propagande idoine. Du petit monde politico-journalistico-publicitairo-« chaud-bise ».

Enfin, le monde qui tient les manettes du spectacle en tant que rapport social de domination, aliénation et propagande.

Autre remarque essentielle, son livre, comme il est précisé en quatrième de couverture est un « roman » et non une autobiographie, même s’il est largement basé sur des éléments autobiographiques (ce qu’on nomme parfois : autofiction). À ce sujet, je voudrais citer ces passages de son « roman » (très mode, soit dit en passant) non pas pour évoquer des faits réels ou inventés, mais pour dire comment elle énonce, ou plutôt annonce, sa supposée amnésie passée :

[Elle est face à un homme] « qui vous ordonne de vous allonger sur un balcon et qui commence à s’adonner à des choses où l’on sait pour le coup que là, c’est grave ». « Là, je pars de mon esprit, je me dissocie de moi-même. J’abandonne mon corps qui finalement sera piétiné [sic]. J’abandonne mon innocence finalement [sic]. Je vis l’instant sans être là. » [Puis, elle ne dira rien à sa mère] « persuadée que ce serait incompris ». [À la télévision, elle ajoutera :] « Dans mon esprit, j’étais comme un petit déchet. Je ne méritais pas que l’on me défende, qu’on s’insurge pour moi ». [Ce que semble bien contredire tout ce qu’a pu énoncer sa famille d’origine avec laquelle elle est maintenant fâchée, en voulant particulièrement à sa mère (cf. le début de cet article)]

UN DÉNI ?

Maintenant, des lecteurs pourraient me dire : Et, le déni, ça existe ! Sa famille refuse de voir les chose en face. Je réponds : Non ! la famille ne refuse pas de voir les choses en face, mais elle ne voit et n’entend plus les mêmes choses qu’autrefois ; la version a changé. « Elle exagère, invente des faits, mêle la réalité à la fable », disent-ils : donc son livre est bien un roman qui n’a aucunement valeur de témoignage.

Et j’ajoute, oui ! le déni, ça existe, mais malheureusement, si l’on peut dire. Je parle de la notion pseudo-scientifique du déni (Verleugnung) lancée dans le monde « intellectuel » par Freud, celui qui a pratiquement tout faux sur tout. Le déni : (prétendu) refus de considérer une partie de la réalité. En psychanalyse, (prétendu) refus tant de la réalité externe qu’interne (esprit) qui, au final, renvoie à l’ »explication » des psychoses ; la dénégation, le mensonge, l’oubli, renvoyant quant à eux, aux névroses.

Dangereuse et liberticide théorie puisqu’elle aboutit de nos jours à des excroissances, des « métastases » dans des domaines extérieurs à la maladie mentale. On voit donc tous les « grands penseurs » conformistes définir les pensées « déviantes » (par rapport aux opinions dominantes ou imposées), comme autant de marques (négatives, blâmables et condamnables) de déni. Le déni, délit.

Déni « complotiste » ou « conspirationniste » de la réalité apparente du spectacle audio-visuel. C’est l’esprit totalitaire qui arrive même à ranger la volonté de réviser les doctrines ou les conceptions officielles dans le domaine de la manie pathogène et du non-scientifique car « hyper-critique » ; en d’autres temps et autres lieux, ceci menait tout droit à l’hôpital psychiatrique.  Ô Saint Staline !

IL N’Y A PAS DE FUMÉE SANS FEU (RENGAINE BIEN CONNUE)

Et d’autres lecteurs me diront : Ce n’est pas une, mais trois ou quatre autres femmes qui maintenant se plaignent de ce qui leur est arrivé. Une dans les années soixante (on est en 2016 quand même !). Une dans les années quatre-vingt, une dernière enfin dans les années quatre-vingt-dix.

1, puis 2, puis 3, puis 4. Je ne sais pas si se sont les langues qui se délient. J’ai noté que toutes quatre donnent un scénario identique à leurs allégations, mais également qu’elles ont pris contact entre elles, autrement dit qu’elles se sont concertées et donc que leur témoignage n’est plus trop valide. Je veux dire par là que leurs témoignages ne sortent pas de procès-verbaux de police ou de juges d’instruction, sans connaître les versions les unes des autres, et que devant un tribunal (qui n’a d’ailleurs plus aucune raison de statuer depuis longtemps), cela ne vaut rien. Et je demande à mes lecteurs : connaissez-vous l’Affaire des possessions d’Aix-en-Provence (1609-1611), celle des Démons de Loudun (1632-1637), celles des possessions de Louviers (1642-1647) et d’Auxonne (1658-1663) ?

Certes, on n’en est pas là ; fort heureusement, sauf qu’ici il y a eu mort d’homme, non pas brûlé vif comme Urbain Grandier (en un déchaînement des passions les plus basses et un viol des foules), mais mort d’homme on ne sait trop comment, ni pourquoi au fond des choses.

Et j’y vois quand même plus d’un point commun dans les deux chasses aux sorcières : Urbain Grandier et Léonard David Hamilton n’étaient pas ou plus en odeur de sainteté et détonaient par rapport à leur époque. L’un prêtre catholique, séducteur avait « enceinté » deux jeunes filles dont l’une vivait avec lui si bien que son évêque l’avait frappé d’une interdiction d’administrer les sacrements, puis il rendit folles hystériques les religieuses de la contrée ; l’autre avait un goût prononcé de photographe et cinéaste pour les fraîches jeunes filles ; l’un s’opposait à la destruction des murailles de la ville, au déplacement d’un grenier à sel vers une ville voisine et entretenait de bonnes relations avec les nombreux protestants de la ville ; l’autre (David Hamilton) rejetait les XXe et XXIe siècles dans leur laideur, méprisait l’empire nord-américain, aimait les vieilles pierres du Midi, et pratiqua longtemps le nudisme au Cap d’Agde, haut lieu sulfureux et devenu presque anachronique de nos jours ; l’un avait écrit un violent pamphlet contre Richelieu : Lettre de la cordelière de la reine mère à M. de Baradas , ou encore un Traité du célibat des prêtres ; l’autre (David Hamilton) avait publié des recueils photographiques aux tendres jeunes filles dénudées et réalisé quelques films essentiellement du genre érotique ; enfin, pour l’un, plus du quart de la population de Loudun venait d’être décimée par une épidémie de peste (soit 3700 personnes environ) ; et pour l’autre, on est en un temps de délabrement considérable et de retour en arrière de la société. Et surtout d’extrême confusion intellectuelle mélangeant tout et son contraire, et de totale partialité. Pour ne pas dire de propagande uniforme en tous domaines.

QUELQUES RAISONS EXTRAJUDICIAIRES ?

J’ajoute encore, tares rédhibitoires :

David Hamilton était sorti de rien. « Je suis né à Londres en 1933, de parents qui n’avaient aucune relation dans un quelconque milieu artistique. La peinture, la musique, la photographie, cela ne m’intéressait pas dans mon enfance. J’ignorais même ce que c’était » (in revue Photo, n° 81 de juin 1974).

Il n’était pas du milieu de la photographie ou de l’art contemporain, mais bien plutôt un marginal et un solitaire hors de son temps. « Je n’ai guère d’amis dans ce milieu » (idem) « L’indépendance : je ne suis membre d’aucun club, association, mouvement ou syndicat interprofessionnel qui ergote à longueur de journée sur la place de la photographie dans le monde moderne ou le libellé des factures et les prix. Tout cela, pour moi, est une vaste blague » (ibidem)

C’était un franc-tireur qui, après bien des petits boulots, dont des emplois manuels, avait commencé la photographie vers l’âge de trente ans et affirmait : « Je ne connais rien à ce qu’on appelle la technique photographique. Depuis le début de ma carrière, j’ai le même type d’appareil. Je le connais, le possède bien et sais parfaitement ce que je peux en sortir. Je ne tente aucune expérience et n’utilise aucun accessoire. Je ne connais rien d’autre et je m’en fous. Dans mon petit viseur, j’ai tout ce que je désire. Pourquoi devrais-je changer ? Pourquoi irais-je expérimenter un grand angle ou un télé-objectif ? » (ibidem) Cependant, il aimait préciser « je n’ai aucune technique photographique, mais j’ai un don, celui de la composition » (ibidem)

Enfin, indépendamment de ne pas aimer son temps, il ne récusait pas l’étiquette de réactionnaire, mais je dirais plutôt, à voir quels étaient ses goûts, qu’il fut un conservateur ; et avant tout un classique éternel comme il le disait lui-même. La peinture qu’il affectionnait allait de la Renaissance aux impressionnistes.

PRESCRIPTIONS ET AFFAIRE CLASSÉE SANS SUITE

J’aurais envie de dire aussi que pour un lynchage médiatique (voire plus : on n’a toujours pas de réponse satisfaisante au fait qu’Hamilton ait été retrouvé mort ou mourant dans son entrée alors que sa porte était entrouverte, d’autant que l’on sait maintenant mieux qu’il craignait pour sa vie depuis un mois, donc qu’il n’avait aucunement envie de se suicider) quatre personnes c’est bien peu face aux centaines de jeunes filles qui ont croisé l’objectif du « pédophile », « bourreau » ou « satyre » (c’est selon les gazettes).  Mais également suffisant au temps des media de masse qui amplifient et concentrent tout.

D’une part, que cela plaise ou non, nous sommes encore un peu dans un État de droit, il y avait prescription pour les trois premières affaires. D’autre part, ce qu’a dit ou laissé entendre Flavie Flament publiquement, et plusieurs fois, relève de la diffamation pure et simple. Il en est encore plus du journaliste Ardison, un « justicier » bien au chaud dans ses studios, un coutumier du fait ; ou je dirai plus exactement : un pousse-au-suicide, ou peut-être même un pousse-au-crime.

La quatrième femme (celle qui a accepté de s’exprimer à visage découvert), suite à une plainte déposée par elle dans les années 2000, a été déboutée : il y a eu un non-lieu sur son affaire. Je voudrais préciser à ce propos que cela fait quelques années déjà que la police scientifique est apte à dire s’il y a eu viol ou non, les tests ADN sont très « pointus », bien évidemment à condition de porter plainte suffisamment rapidement (ces jeunes filles à l’époque n’avaient pas de parents ?).

Je ne sais pas si la Justice a eu raison ou tort de classer « sans suite » la plainte de cette jeune femme. J’espère que c’est sur de bonnes raisons, sur absence d’indices ou de preuves tangibles ou suffisantes. Mais ce qui est assuré est que cette affaire-là avait été définitivement close.

LE DIFFAMÉ EN EST MORT

En attendant, le diffamé en est mort. Flavie Flament s’en indigne d’une curieuse manière (preuve d’aveu, manque de courage…). Moi, personnellement, je m’indigne plutôt de l’irresponsabilité, du parti-pris de cette maffia journaleuse qui entend faire la pluie et le beau temps (du temps dominant, toujours, quitte aux plus grands retournements de veste ou plus grands écarts qui soient) et se substituer, sans aucun dommage, à la Justice et même aux lois. Et de son manque de vrai courage, elle qui aime tant hurler avec les loups. Ou plus exactement qui aime tant, si médiocre, médiocrissime, mener la sinistre danse de la masse compacte des moutons bêlants.

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Annexes à l’article.

Jean-Jacques Naudet : En fait, le seul secret de vos photos, c’est la fille ?

David Hamilton : Oui, c’est vrai. C’est ma vie, mon obsession, mon univers. Mon secret, si vous voulez. C’est la carotte qui fait marcher l’âne David Hamilton. J’affirme souvent que la fille que je préfère est la prochaine. C’est vrai, je suis ainsi. A la réflexion, ce n’est pas tout à fait exact. Entre une fille et une photo, je choisirais sans doute la photo. Elle, au moins, ne vieillit pas. (revue Photo).

Jean-Jacques Naudet : Réactionnaire?

David Hamilton :

Mais je le suis, et je m’en fous. J’aime ce monde [du passé], je n’ai rien à voir avec la société d’aujourd’hui. J’adore ce monde de la décadence qui disparaît peu à peu. Comme endroits, j’aime le décor de chez «Maxim’s» (pas la clientèle, car elle a changé), le « Carlton » à Cannes, l’« Hôtel de Paris» à Monte-Carlo, le «Beverley Hills Hôtel » à Los Angeles, l’« Algonquin » à New York et le « Royal » à Londres. J’aime les gens habillés comme Fred Astaire et les personnages d’Oscar Wilde. Je n’ai pas à être à la mode, je suis classique. C’est une mode éternelle. J’aime les Rolls-Royce et les bijoux de Cartier, la mode vestimentaire des années 1920.

Jean-Jacques Naudet :

Cinématographiquement ?

David Hamilton : Visconti, naturellement, et tous les vieux décadents. « Mort à Venise » est un chef-d’œuvre, ainsi que « Roméo et Juliette» de Zefirelli.

Jean-Jacques Naudet : Que détestez-vous ?

David Hamilton : La vulgarité. […] L’avant-garde, les pseudo-révolutionnaires […] Le bruit, la fureur, la pop française, de la vulgarité tout cela ! Courrèges et ses jupes à mi-cuisses pour mémères de quarante ans.

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