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QUELQUES MOTS SUR LES MOTS

29 mars 2016

L’insignifiant ministre de ladite Éducation nationale (un simple ministère de l’Instruction publique me suffirait), cette ministresse dont tout le talent est dans les jambes, entend contrer les complotistes (ma définition à moi de complotiste, pour faire simple : ceux qui dénoncent les comploteurs et les complots) qui ont l’outrecuidance de s’exprimer sur Internet. Mettant tout dans le même sac, bien évidemment, du site le plus sérieux au plus loufoque. Elle veut développer à l’école la présence de la presse, entendons la presse « sérieuse » et estampillée, c’est-à-dire celle que plus personne d’un peu sensée ne lit, si ce n’est gratuitement et d’une manière critique, car devenue trop visiblement pure propagande en tout (aux mots, idées, absences d’idées, mensonges et silences conformes), mais qui est néanmoins très largement subventionnée, du moins celle de France.

C’est ce ministre qui récemment nous a expliqué que les trois tours au jour du Onze Septembre étaient tombées par la simple opération maléfique de deux avions des méchants et non par l’opération d’un curieux Saint Esprit comme le prétendent (sic) les « complotistes » (resic). À quand une loi anti-complotiste ? Contre les « négationnistes » du Onze Septembre, par les petits dictateurs « socialos », nouvelles ligues de vertu et autres négateurs de la Pensée libre et libérée ? Ce ministre est de cette bourgeoisie (ou petite-bourgeoisie) pas tout à fait « de souche » que lesdits socialistes aiment à envoyer en tête de leurs dégueulasseries politiques. Quitte à renforcer un peu plus les sentiments xénophobes des français moyens, et donc de faire monter encore plus l’extrême-droite. Mais finalement on peut le comprendre, puisque sur le fond toute la classe politico-médiatique marche de concert. Socialisme et barbarie ne sont ni incompatibles, ni antinomiques. Hélas ! On en a déjà eu des exemples, plusieurs même au XXe siècle.

À cette occasion je voudrais citer quelques lignes des « Chiens de Garde » de Paul Nizan :

Il est particulièrement important [pour la bourgeoisie] que les penseurs soient en général des salariés de l’État, que les opinions principales qui se forment dans ce pays soient échangées contre un traitement public et sanctionnées par une garantie du gouvernement.

Je dirai : plus précisément sanctionnées d’un contrôle par le gouvernement. Et je ne sais pourquoi je pense tout de suite à des fonctionnaires comme Finkielkraut ou Igounet. Au demeurant je crois que peu de gens connaissent Igounet, dite Zigounette. Pourtant sa bêtise, sa partialité (son parti-pris idéologique et totalement non-scientifique plus exactement, si tant est que l’on puisse parler de « science » dans le domaine de l’Histoire) et son incompétence sont immenses, abyssales !

La pensée bourgeoise consiste à accepter sommairement, sans s’attacher précisément aux détails, l’essentiel des faits contre quoi les hommes s’élèvent et à les justifier et à les effacer par de hautes raisons. Tout son effort consiste à découvrir des valeurs lointaines capables de transfigurer les apparences prochaines. De les oublier, de les détruire enfin. Elle lance des nuages de raisons comme un croiseur émet un écran de fumée. Cette philosophie est la philosophie qui a toujours quel chose à cacher. Qui doit toujours faire croire que le monde n’est point tout ce qu’il paraît être. […] Des distinctions les tirent de tous les mauvais pas où les engageraient des questions insidieuses. Sans doute la guerre fut-elle apparemment inhumaine […] mais […] la guerre possédait un sens éthique qui rachète ses apparences . […] Le colonialisme n’est pas un mal en soi. Son essence n’est pas révoltante : elle vise de grands biens. Les socialistes, derniers inventeurs des pensées bourgeoises, seront promptement les meilleurs maîtres de ces nuances. […] De même la misère disparaît devant les idées de la Misère. La vie devant les idées de la Vie. […] Dénonçons-nous un fait, il n’était qu’une apparence, un rêve, une ombre : pour tout dire, il n’existait pas. Avec quelle assurance dédaigneuse ces hommes nous reprennent et détournent nos pensées brutales.

Pour finir, j’ajouterai : Les mots, les simples mots et ce qu’ils révèlent ou représentent de tangible et de fort, sont-ils encore libres en notre société ? Ont-ils le droit de cité, le droit de vivre, le droit d’être cités ? On peut en douter quand le mot « chômeur » est dévoyé, le mot « pauvre » très discret et le mot « prolétariat » totalement aboli. Je veux dire lorsqu’il n’existe pratiquement plus que des « demandeurs d’emploi » (au milieu d’une masse énorme de salariés précaires), des « terroristes islamiques » (instrumentalisés, pour ne pas dire manipulés), et toute une classe laborieuse (paysans, ouvriers, employés…) totalement absente – absente comme jamais – de toutes les sphères de réflexions et de décisions politiques, et donc uniquement présente « en creux » ou en négatif dans le « discours » médiatique (on rangera les syndicats moribonds avec le grand capital en compagnie des partis de masse défunts).

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