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LE DÉCHET MALFAISANT

24 mars 2016

Au temps des décadents pervers, il est toujours bon de rappeler que ce qui est dévolu aux médiocres littérateurs médiatiques et autres malveillants qui avilissent les arts en y jetant leur gourme de pauvres types bornés et conformistes, c’est le mépris. À défaut de l’oubli.

Mais il est parfois bon aussi de le rappeler plus longuement ; comme ici en cet article de bris-collage, détournement et adaptation d’un article de l’ennemi agressif du genre humain et triste sire « Houellebecq le facho », ce suprémaciste petit-blanc, article paru rien de moins que dans les Lettres françaises, pas dégoûtées ni bêcheuses pour deux sous, en leur numéro 22 déjà ancien, de juillet 1992.

Je n’en parlerais même pas si cette dérisoire nullité (l’un des bons écrivains français de notre temps selon l’académicien néo-sibérien Makine) n’entretenait la merde non seulement dans la littérature mais dans le pays, grand pourvoyeur d’idéologie dominante ou pour le dire plus crûment d’esprit colonial, ou néo-colonial, d’anti-religiosité sélective et de racisme anti-arabe comme Charlie. Houellebecq, voilà l’esprit Charlie, ou plutôt l’absence d’esprit de Charlie, au final. Ce n’est certes pas un hasard, je me répète, que Thomas dit Houellebecq a été élevé par une grand-mère stalinienne (dénommée Houellebecq, justement) chez les colons occupant et exploitant sans aucun droit l’Algérie et les algériens. Quand on a écrit ça, on a déjà compris beaucoup du piteux personnage qui est assez proche finalement d’un Bedos du temps où il aimait cultiver « l’esprit Marrakech » (je renvoie ici à un vieux sketch de pseudo-second-degré, du dernier nommé). Houellebecq a la cervelle tolérante et ouverte d’un stalineau des colonies françaises qui aurait viré anti-maghrébin.

*

Michel Thomas est quelqu’un dont on n’apprendra jamais de prétendus poèmes à l’école, enfin, ce qu’il en reste, d’école. Du moins, je l’espère et je souhaite ne plus être là pour le voir. À la différence des proses poétisantes d’un Jacques Prévert qui aimait les fleurs, les oiseaux, les quartiers du vieux Paris, etc. Lui, c’était l’amour qui lui paraissait s’épanouir dans une ambiance de liberté et de bal-musette ; plus généralement, il était tout à fait pour la liberté, plus exactement pour celle du peuple, du bas-peuple même parfois, celui des premiers congés payés de Trente-six arrachés de haute lutte (quarante jours d’occupations d’usines), celui des ouvriers, des employés, des paysans, des réprimés divers dont il chercha toujours à faire lever la tête avec optimisme, à les sortir de leur esclavage. Il portait une casquette et fumait des Gauloises à moins que ce ne fut des Celtiques ; il était du temps de Jean Gabin ; d’ailleurs c’est lui qui a écrit le scénario de Quai des brumes, des Portes de la nuit, etc. Il a aussi écrit le scénario des Enfants du paradis, considéré comme son chef d’œuvre. Tout cela fait beaucoup de bonnes raisons pour aimer Jacques Prévert et sa bande ; certes on aurait préféré qu’il n’occupât pas autant de place à lui tout seul et laissât à quelques autres le soin de s’exprimer eux aussi, mais qui pouvait-il ? On pense ici aux scenarii jamais tournés qu’un Antonin Artaud rédigea à la même époque. Artaud ce fou génial, et finalement très, trop lucide. Cet homme de talent qui dès le temps de guerre conchiait avec force ladite civilisation et en particulier l’empire du mal nord-américain.

Après la guerre, à peu près à la même époque que Jean-Paul Sartre, celui qui toujours eu tort sur tout et avant tout sur la liberté, Jacques Prévert a eu un succès énorme, dans la chanson dite « de qualité », ou « à texte » en particulier (je pense ici aux Frères Jacques) ; on ne saurait être frappé par l’optimisme de cette génération qui avait connu les années Trente, subi comme on sait la guerre et était sortie de cet enfer belliciste capitaliste. À notre triste époque de propagande impériale déchaînée, intolérante, censeur, mensongère, imbécile, le penseur, ou plus exactement le non-penseur le plus influent, ce serait plutôt Finkielkraut ou Botul, et quelque autre semblant d’être humain. Enfin tout un ensemble de copains-coquins, de malfaisants tarés, dabaisseurs d’humanité, dauto-élus dérisoires, de rabougris hargneux, haineux sans talent, encore plus sans aucun génie, parfois même sans métier.

A l’époque de Prévert, on écoutait – comme les gens doués de sensibilité, de raison, de nostalgie romantique d’aujourd’hui encore — Vian, Brassens et autres ; des anars sympathiques comme une bonne partie de la Rive Gauche, et même Droite. « Amoureux qui se bécotent sur les bancs publics« , « babyboom« , mais aussi construction massive de HLM pour loger tout ce pauvre monde-ci, celui de Prévert. Beaucoup d’optimisme, de foi en l’avenir, et un peu plus d‘humanité que de nos jours. Mais également, il est vrai, illusoire entrée dans la société de consommation qui n’était pas encore celle de la consumation des élans et des cœurs qui font des jeunes de notre temps souvent des amorphes ou des vieux avant l’heure ou des abreuvés d’illusoire sans espoir. Époque d’après-guerre où les ouvriers pouvaient encore dire « merde«  à leur patron – très généralement et malgré tout ou grâce à la Reconstruction, paternaliste avec un petit fonds d’humanité — sans se retrouver chômeur. Ce n’est pas un hasard si en ce moment même, la télévision d’État sort une saga sur les ouvriers du XXe siècle, le prolétariat contestataire, plus soudé et frondeur qu’en notre temps, comme si cette espèce était en voie de disparition, pour ne pas dire comme si elle avait totalement disparu. À l’évidence, notre temps est devenu beaucoup moins intelligent. Revenu de tout ou hédoniste ridicule et sordide, faisant marchandise et pognon de tout. Oui, revenu de tout sauf de l’essentiel qui nous mine et nous ronge.

Pourquoi la « poésie«  de Houellebecq est-elle si médiocre sur la forme et tant méprisable sur le fond, à tel point qu’on éprouve toujours de la honte à la lire ? Et qu’on n’y retourne très généralement pas, sauf à vouloir être un peu masochiste pour s’indigner à nouveau d’une telle absence d’esprit poétique et d’une telle inconséquence sordide. Faite de futilité, de néant, de bassesse.

À travers son absence de jeux de mots, de jeu sur les mots, son absence totale d’idées qui élèvent, sa musique lourdingue et monotone, à bout de souffle, impavidement éléphantesque, ses rimes et ses rythmes indignes d’un « auteur à grand tirage », avec son absence de style reconnaissable, avec ses écrits « poétiques » du niveau tout juste BEPC, Houellebecq exprime en réalité parfaitement sa conception du monde. La forme est finalement assez cohérente avec le fond, ce qui est bien le minimum qu’on puisse exiger d’une forme. D’ailleurs quand un tel non-poète s’immerge à ce point dans la vie, dans la vie réelle de son époque, ce ne serait pas lui faire injure que de le juger suivant des critères purement stylistiques. Puisque le style, c’est la vie. Non ?! La vraie vie, poétiquement parlant.

Si Thomas écrit, c’est qu’il a quelque chose à dire ; mais j’ai cru comprendre qu’il y a bien longtemps qu’il n’y croit plus ; y a-t-il d’ailleurs jamais cru ? Malheureusement, ce qu’il a à dire est d’une dégueulasserie sans bornes, un gouffre ignoble et sans grandeur  (j’avais écrit « sans espoir », mais c’est bien trop lui accorder, il ignore le sens du mot « désespoir ») ; un tas d’immondices abjectes ; quand il nous prend courage de le lire en diagonale et dans ressortir quelques pitoyables extraits, on en a toujours la nausée. Que ça soit en vers rimaillés ou en prose. Il a des discours pour dire qu’il n’a rien à dire, une pensée basse et tordue qui avilit tout ce qu’il touche, une forme de zolaïsme minable. On y rencontre des arabes qu’il serait bon de saigner comme des cochons quand on les égorge, à l’exemple de « l’œuvre de salubrité publique«  entretenue depuis plus d’un demi-siècle par la lie de l’humanité sioniste. Les enfants y sont des victimes présentables et tout à fait justifiés, les voyous pas même séduisants et virils y dirigent le monde, les jolies filles nues donnent leur corps aux salauds ; les bourgeois ne sont plus vieux, obèses, impuissants, décorés de la Légion d’honneur et leurs femmes ne sont plus frigides, mais fort respectables et respectés ; les imams sont de répugnantes vieilles chenilles qui ont inventé, sans rien devoir à l’empire, le terrorisme pour nous (les Houellebecq) empêcher de vivre.

Thomas est le double, mais le double inversé de cet autre triste sire de la décadence qui lui prétend faire rêver des déjections de l’air du temps et des pseudo-révoltes, au sein du conformisme ambiant et du déclin. Ce nabot si bien surnommé puis pseudoïsé qui écrivit :

Houellebecq lui-même me l’avait bien expliqué :

– Si tu veux avoir des lecteurs, mets-toi à leur niveau! Fais de toi un personnage aussi plat, flou, médiocre, moche et honteux que lui. C’est le secret, Marc-Édouard. Toi, tu veux trop soulever le lecteur de terre, l’emporter dans les cieux de ton fol amour de la vie et des hommes!… Ça le complexe, ça l’humilie, et donc il te néglige, il te rejette, puis il finit par te mépriser et te haïr… Michel avait raison. Un best-seller [sic] a toujours raison. Roman à thèse [resic] + écriture plate + athéisme revendiqué + critique de son temps (mais pas trop) + culture rock-pop + défense du capitalisme + attaque des Arabes = succès garanti…

« Soulever le lecteur de terre » : c’est ce dont se prétend capable Nabe, petit esprit aussi tordu que Thomas, mais différemment tordu ; il y en aurait à dire, mais c’est ici hors sujet. Car il relève lui aussi intégralement du « critique de son temps (mais pas trop) ». D’une curieuse critique de son temps, pour au final en devenir une caricature tout autant que Houellebecq. Et d’une bassesse sidérante. Moi je suis sans voix lorsque je lis que le nabot rêverait que l’on réalise des godemichés en étrons durcis ! Si : c’est du vrai, du garanti nabotesque. Zannini fils, autre grand méconnu poète !

La bêtise, l’absence de talent ou de simple métier, n’aide en rien à écrire de bons poèmes, je dirai même de simples poèmes potables  ; elle ne peut éviter d’en écrire de mauvais. Si Michel Thomas est, pire qu’un mauvais poète, un non-poète, un individu à l’opposé de ce que tout poète doit être (sensible, aimant ou révolté…) c’est avant tout parce que sa vision du monde est plate, superficielle et fausse. Elle est celle de son temps : de celui de la domination conjointe du Veau d’Or, d’une certaine hyper-technique et d’une certaine médiatisation. Et de tout ce qui en découle. De nos jours, sa nullité apparaît avec éclat, à tel point que l’œuvre entière semble le développement d’un gigantesque cliché. Sur les êtres humains, sur son époque, sur son esprit tordu reflet d’un temps social également tordu ; tordu et fou au sens le plus fort du terme.

Il est affligeant de constater que ce répugnant réalisme apoétique n’est fait que de semblants d’idées, ou plus exactement d’idées basses pensées par un esprit malade, à l’image de cette tronche clope au bec, de petite vieille fripée avant l’heure et racornie, impuissante et vicelarde, suintant l’étroitesse d’esprit, la vulgarité et toute la laideur de notre époque. Toute sa nullité artistique et plus encore poétique.

Sur le plan philosophique et politique, Michel Thomas dit Houellebecq est avant tout un anti-humaniste et un non-libertaire ; c’est-à-dire, fondamentalement, un imbécile.

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