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LE GÉNIE IMPÉRIAL LAVE PLUS BLANC

21 mars 2016

Je retiens ce qui suit d’un tout récent entretien de l’historien Darrin M. McMahon, auteur de “Fureur divine. Une histoire du génie” (cf. l’article de Juliette Cerf in Télérama du 18 mars 2016) :

1 – « Le génie naît au tournant du XVIII et du XIXe, car avant cette période, l’imitation, la mimesis, était la base de l’art, la création étant l’apanage de Dieu. Ce culte du génie et de l’originalité humaine signifie que l’homme créateur a désormais le pouvoir de Dieu, dans le sens où il peut créer ex-nihilo. »

2- « Ce culte du génie incarné par quelques grands hommes supérieurs a dérapé et fait des ravages. […] Créatif, le génie peut aussi détruire, être utilisé pour faire le mal. Dans l’Antiquité, le génie désigne un ange-gardien, qui est aussi le dieu de la naissance. Comme tous les anges, le génie peut se séparer de Dieu et devenir mauvais, démoniaque. Et donc capable de nous séduire, de nous tromper, de nous rendre malades et fous. »

3- « Son mystère s’est dissipé : selon Thomas Edison, le génie, c’est « 1 % d’inspiration et 99 % de transpiration » ! Le génie s’est surtout banalisé, il est célébré partout, supplanté par une culture de la célébrité qui ne fait pas de distinction entre un génie du football, de la mode, des affaires ou de la cuisine. Il existe des gens brillants et créatifs dans tous les domaines, personnalités dont la presse fait ses choux gras. Le génie est devenu une stratégie marketing. Un label qui fait vendre. »

4- « … Einstein ! – Le dernier génie, selon vous… – Oui, la quintessence du génie moderne et de son héroïsme, l’incarnation du bien opposé au nazisme.« 

***

Einstein la quintessence du génie moderne ?! Oui sans doute mais pas danun sens immédiat (sans média). Quintessence de son héroïsme ? De quoi est-il le héros ? En quoi et de quelle manière il se serait opposé au nazisme ? Le bien : quel bien ? Et en quoi le nazisme serait-il pire, ou plus le mal que le stalinisme ? Ou que ladite démocratie ? Qui a construit et utilisé deux bombes atomiques sur des japonais ? Hitler ? Staline ? Qui a poussé, écrit à Roosevelt avec quelques autres, pesé de tout son poids « marketing » (pour employer ce mot contemporain), de tout son poids publicitaire (de toute sa renommée, son aura largement publicitaire) pour que l’on construise ces bombes ? Si ce n’est le pacifiste (sic, quelle dérision !) Einstein qui rêvait d’une destruction complète de Berlin, tandis que son complice Oppenheimer rêvait d’empoisonner les réserves d’eau allemandes en y introduisait des éléments radio-actifs ! Pendant que le doudou-dingue Reich entendait soigner ses patients par le même procédé ! Tous trois ayant vécu en Allemagne auparavant. Le second étant d’autre part stalinien. Ce qui ne gênait nullement les grands démocrates anti-bolcheviques en l’occurrence. Et le troisième étant le pape du freudo-marxisme ; bien moins utile à la cause yankee, il en subit les conséquences que l’on sait, puisqu’il acheva sa vie en prison, probablement victime d’avoir été volontaire sans ou avec guillemets, dans l’expérimentation des médicaments.

Est-ce que c’est d’aujourd’hui que ledit génie est devenu « une stratégie marketing ». Est-ce qu’Einstein ne serait pas le type même du précurseur en ce domaine à l’heure du grand développement des media  ? Est-ce qu’il ne serait pas en grande partie le type même du mythe du génie qui ne doit rien à personne alors que dans les faits il n’en fut rien. Le type même de celui qui de bonne réclame (ou n’est pas exclue la pitrerie) a ramassé toute la mise, remisant les savants plus discrets ou moins médiatisés (déjà) dans l’oubli du public, voire même du milieu scientifique : un milieu, des milieux de plus en plus spécialisés donc de plus en plus incultes et bornés (oui, on peut être savant en son domaine tout en étant inculte et à œillères), sans perception d’ensemble et au final sans plus beaucoup d’éthique. Près à tout ; pour prendre des exemples courants, de base, vulgaires : Qui fabriquent des produits dopants ? Qui tripatouillent sur Internet ? Certainement pas les premiers venus.

Einstein sans devanciers ; tant sans devanciers qu’il dédaignait très généralement de citer qui que ce soit dans ses articles. Mais on comprend pourquoi (ce sera un jour l’objet d’un autre article ici). Le génie, un pourcent d’inspiration… 99 pourcent de récupération. Ou si l’on veut 10, 20 % d’inspiration, 90, 80 % de récupération. C’est-à-dire un savant déjà plus ordinaire, normal courant, et moins génial. Un savant au sein d’une communauté scientifique réelle. Mais aussi celui qui s’est trouvé là pour faire récolte quand le fruit bien mûr, les fruits bien mûrs tombaient à terre, et cela dans le bon verger. Je veux dire celui (le verger) le plus ouvert à la réclame pour ne pas dire à la propagande. Les auteurs qui décortiquent le bonhomme et ses pratiques (et même sa vie privée fort peu reluisante) commencent à être nombreux sur le sujet. Enfin. Mais il en va toujours ainsi des mythes, que seules les mites tenaces démythifient, « sécularisent » malgré la naphtaline et l’eau bénite médiatique.

« Le culte du génie… a… fait des ravages…. Créatif, le génie peut aussi détruire, être utilisé pour faire le mal. » Effectivement, c’est exactement le cas ici. « L’homme créateur a désormais le pouvoir de Dieu, dans le sens ou il peut créer ex-nihilo ». Le plus bel exemple donc n’est-t-il pas celui de la bombe atomique « démocratique » voire « progressiste » ? C’est ce que plus d’une fois j’ai nommé quelque chose comme « folie du petit démiurge du mal ». Grand démiurge à l’échelle de l’homme ou de la Terre, riquiqui et inexistant à l’échelle infini du Monde. Prétentieux, imbécile et borné ; on en a des exemples tous les jours, des ravages de cet esprit du mal dans les domaines des technologies destructrices des hommes et de la Nature ; dans certains domaines de la physique, de la chimie, de la biochimie… Et le pire, le plus évident et éclatant c’est que ces exemples ne doivent rien à Mussolini et son fascisme, Staline et son bolchevisme à l’heure du culte de la personnalité, Hitler et son national-socialisme, Salazar, Franco, Mao, etc. qui ne sont plus (finalement cantonnés par bien des côtés dans des modes plus archaïques, moins « modernes« , plus artisanaux), mais en premier lieu à ladite société démocratique occidentale !

Qu’on se le dise.

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From → divers

One Comment
  1. Anonyme permalink

    Sans intérêt, vos propos sur l’équipe de Charlie Hebdo, j’ai honte de vos propos, berk berk berk
    Cécile du jura

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