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« Eloge de ma petite queue, ou réflexions autour du gros mythe de la grosse bite au XXe siècle », par Olivier Mathieu.

12 mars 2016

Il y a quelques années, on a lu dans « Marianne » : « Et le multirécidiviste Olivier Mathieu, « qui se présente à l’habit vert et sait discourir en vers », graphomane compulsif, 60 romans à son actif. »Parmi eux, un titre culte : Eloge de ma petite queue, ou réflexions autour du gros mythe de la grosse bite au XXe siècle (sic) ».

C’est ici :

http://www.marianne.net/Candidat-a-l-academie-francaise-a-27-ans_a215943.html

Je n’ai d’ailleurs pas écrit soixante romans, mais seulement une vingtaine.

Mais je maintiens mon titre : « Eloge de ma petite queue, ou réflexions autour du gros mythe de la grosse bite au XXe siècle ». 

Le siècle que nous vivons, et le précédent, sont – contrairement à ce que l’on croit parfois – les siècles des plus grands tabous, des plus grands mensonges collectifs, des plus grands conformismes. Ces tabous, ces mensonges, ces conformismes s’expriment dans un très grand nombre de domaines, et notamment dans le domaine du sexe, plus exactement dans le mythe des « dimensions » sexuelles. Selon un tel mythe, qui est semble-t-il extrêmement implanté dans la société occidentale moderne, un être humain de sexe masculin vaudrait selon la (grande) taille de sa bite. On en a eu deux exemples tout récents, quand Donald Trump et un autre candidat aux présidentielles américaines ont fait état d’une corrélation qui existerait entre la taille des mains et celle du pénis. Ou encore, pendant la dernière élection en date à l’Académie française, quand l’un des candidats a annoncé, dans un entretien, qu’il ne fascinait pas les femmes parce qu’il avait une petite queue.

C’est vraiment porter le débat au niveau de la médiocrité la plus absolue. En effet, qui dit qu’existe un rapport entre la dimension pénienne et les capacités à gouverner un pays ? Il n’en existe évidemment aucun. Ou alors, s’il existait, ce ne serait pas forcément celui que l’on croit.

Il faudrait rappeler quelques évidences, que m’a dictées ma longue expérience (cinq cents petites copines, deux mariages, plusieurs enfants) et dont j’ai d’ailleurs fait part dans une nouvelle consacrée à Ma petite queue. Cette nouvelle se trouve dans un de mes livres, publié (comme tous mes ouvrages depuis 2006) par Jean-Pierre Fleury.

1. La première évidence (n’importe quel sexologue le confirmera) est qu’il n’y a absolument aucun rapport entre la dimension pénienne et la capacité de faire jouir une femme au moyen d’un coït classique. Ce n’est pas la dimension d’un pénis qui assure son habileté à faire jouir une femme. Et cela d’autant plus que l’intérieur du vagin est entièrement privé de terminaisons nerveuses !… La majorité des femmes étant par ailleurs clitoridiennes, le cunnilingus ou un habile… « doigté » de pianiste sont d’ailleurs des moyens infiniment plus sûrs qu’une bite, fût-elle énorme. Dernière chose, et j’espère ne pas choquer les « machos », mais quand une femme connaît son propre corps, elle est souvent parfaitement capable de jouir sans que le rôle du monsieur soit plus déterminant que cela. Les femmes sont beaucoup plus intelligentes, je pense, que maints messieurs à grosses bites (ou de messieurs obsédés par leur grosse bite).

2. Par ailleurs, le « droit à l’orgasme » féminin étant historiquement un revendication extrêmement récente, il n’est que trop évident que le mythe de la grosse bite est aussi un alibi. Parfois c’est l’alibi de femmes frigides, qui considèrent leurs amants comme des machines à les faire « obligatoirement » (sic) jouir. Parfois c’est l’alibi des messieurs occidentaux (qui, culpabilisés même au lit, fournissent ensuite une excellente clientèle aux marchands de médocs, aux vendeurs de Viagra, aux psychanalystes, aux chirurgiens). Autre évidence, en tout cas à mes yeux, une grosse bite est souvent inesthétique ou encombrante.

3. Autre évidence, et ce sera ma conclusion, la grosse bite est une obsession typiquement occidentale moderne. C’est un fantasme typiquement occidental moderne. Si une civilisation se juge d’après ses obsessions et ses fantasmes, il est clair (tout historien de l’érotisme le confirmera) que beaucoup de civilisations n’ont nullement partagé la volonté d’avoir une grosse bite, et ont même préféré en avoir une petite. Voilà une affirmation qui risque de choquer les beaufs, les ignorants et les conformistes. Pourtant, je la maintiens. Sans doute la société occidentale moderne, et je le comprends, ne pouvant pas mettre en avant la grande dimension de son cerveau (au propre) ou de son cœur (au figuré), ne peut-elle « rivaliser » que par la taille de la bite. Préoccupations des vestiaires des joueurs de foot, donc, ou encore discours de beaufs dans les Cafés du Commerce. « Il n’a pas de quéquette » est un argument souvent chanté (sur l’Air des Lampions), alors que je n’entends jamais des millions de mes contemporains se préoccuper de l’absence d’autres organes, à commencer par celle du cerveau

Un dernière chose : mettre des échecs sentimentaux sur le compte d’une petite queue est un argument risible, grotesque et pathétique. Prétendre que l’on ne saurait séduire une femme parce que l’on a une petite queue est un argument des plus discutables, et qui devrait même être jugé comme extrêmement misogyne. C’est de la misogynie de bas étage. De la misogynie de beauf occidental moderne culpabilisé.

Les gens qui disent cela semblent considérer que les femmes les jugent pour leurs dimensions péniennes et, à mon sens, c’est insultant pour les femmes. Les femmes jugent les hommes pour leur intelligence, leur conversation, leur culture, pour les émotions qu’ils savent (ou ne savent pas) transmettre. Elles peuvent les juger aussi, peut-être et éventuellement, sur leurs dimensions, mais les capacités érotiques sont extrêmement loin de se limiter à de grandes dimensions péniennes. Personnellement, avec ma petite queue et mon énorme cerveau (pardon pour mon extrême modestie), je n’ai jamais eu le moindre problème. Merci pour moi. Au contraire, je remercie le ciel de m’avoir fait naître avec une petite queue.

Je conçois fort aisément que, comme toute phrase qui va contre le courant du conformisme, mon affirmation choque, ou qu’elle étonne, ou qu’elle fasse ricaner grassement les amateurs des gras ricanements. Par bonheur, la vérité se moque toujours des gras ricaneurs. Et moi de même.

C’est pourquoi je redis ici que la taille de la bite n’a aucune espèce d’importance, pas la moindre ; sinon peut-être pour la très conformiste, très ignorante, très peu sensuelle et par bonheur très éphémère société occidentale moderne.

Olivier MATHIEU.

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