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UN PETIT RETOUR SUR MAKINE

10 mars 2016

Makine est souverainement ignoré en son propre pays d’origine, voire méprisé par les intellectuels russes qui l’on lu en diverses langues, mais pas dans la leur. Car Makine se refuse à se laisser traduire dans sa langue maternelle ! Cela tient sans doute au fait qu’un plus large public se rendrait compte immédiatement qu’il véhicule dans ses livres, ce que certains intellos russes nomment « une Sibérie de carton-pâte ». De la pacotille (cf. ce que j’ai écrit moi-même sur sa littérature dans un long article précédent). Autrement dit, il ne tient pas du tout la route, épigone très tardif, faisandé, et très sélectif aussi des malheurs des temps bolcheviques. Du pâle réchauffé. Un coup de pied de l’âne inutile.

Que penser enfin de ce personnage qui prétend avoir connu une vie de misère en arrivant en France. On va certainement y croire. Et de ces informations contradictoires où un jour il sort d’un orphelinat, et un autre où il aurait eu une grand-mère française. Ce qui est le plus sidérant est cette sorte de montage de russe, de ce type-là de russe, par les grosses maisons d’édition. Car il y a un côté pantin manipulé chez Makine également.

Dans la pure ligne d’un Finkielkraut ou d’un Houllebecq voici ce que je retrouve (parmi tant et plus de choses à reprendre, mais j’ai autre chose à faire) dans Cette France qu’on oublie d’aimer  (2006) :

« Les Français qui découvrent (il était temps !) que toute une part de la population dite française les hait et les appelle «fromage» ! […] On les hait parce qu’on les sent affaiblis, incertains de leur identité, enclins à la perpétuelle autoflagellation. On hait leur république et on siffle son hymne national. On rejette la laïcité que les Français ont conquise dans d’âpres luttes. On se moque d‘eux car n’est-ce pas comique d’accueillir dans sa patrie, nourrir, loger, soigner ceux qui vous haïssent et vous méprisent ? »

On qui n’a pas de nom, ce sont évidemment « les bougnoules et les nègres », n’est-ce pas ?! Entité uniforme.

Tout à sens unique. Aucune explication de rien. Du pourquoi ces « on » sont en France. De qui les ont fait venir en France et pour quoi y faire. De leur situation sociale courante, de leur exclusion qui ne peut s’expliquer que par l’état de délabrement de notre pays dans le domaine économique et social en premier lieu.

Et comme s’il n’y avait que les « on » qui haïssaient cette république et sifflaient son hymne national.

Personnellement je hais cette république qui n’en est pas une, si ce n’est république bananière, larbin de l’impérialisme, déni permanent de démocratie. Et cet hymne national guerrier et indigne (« qu’un sang impur ») me dégoûte. Qui sait que le « sang impur » a d’abord été celui d’autres français ? De mauvais français ? Vendéens et autres chouans bretons, des pauvres plutôt que des riches d’ailleurs. Aujourd’hui, ce « sang impur » c’est celui en très grande partie des ON.

Quand à la perpétuelle auto-flagellation, savamment entretenue, elle n’est pas le fait des « français de souche » qui en ont soupé depuis bien longtemps, mais le fruit des cerveaux malades de tous ceux qui nous dirigent, à gauche comme à droite. Auto-flagellation non uniforme et très sélective je dirai. Avant tout celle de Nuremberg version 1945 !

Mais sur ce dernier sujet je pense que Makine n’a rien à dire de réellement tranchant et original. Pourtant il se plaint, si j’ai bien compris, de la mollesse langagière, expressive, de notre époque. Mais qu’en connaît-il ? D’ailleurs il n’a rien à dire non plus sur le poids des media qui lui sont largement ouverts. Largement ouverts car il exprime au mieux le vent dominant de la réaction la plus noire. Réaction tout aussi bien de gauche que de droite, il n’est que de voir les fantoches « socialistes » du gouvernement, ces larbins du capitalisme international. (Toujours dans les sales coups les « socialos »).

Normalement, si les mots avaient encore un sens, les propos généralisateurs et sans arguments économiques, sociaux, culturels de Makine sur les « on » devraient relever de l’antisémitisme réel et non fantasmé. Les bonnes âmes s’en indigneraient. Or il n’en est rien. Pourquoi ?

Quand on ne sait rien et généralise de simples impressions, les images véhiculées par l’idéologie dominante, quand on a la prétention même de mieux savoir que des autochtones de quoi ils souffrent réellement depuis si longtemps (je parle des causes et non pas des effets), quand on a tout reçu d’un pays, quand on connaît de la France avant tout Saint-Germain-des-Prés, comme Makine, on la ferme. Du vent dominant que tout ça, et au-delà du vent tout court, de la foutaise réflexive. De l’absence de pensée qui élève. De la haine de classe, de parvenu. De p’tit-blanc du Café du Commerce.

Effectivement (et là je donne raison à Makine) mettre en avant un tel cuistre relève de l’auto-flagellation franchouillarde. Après les Femen à Notre-Dame-de-Paris, Makine à l’Académie française… Décidément l’Est européen ne me semble pas plus brillant que l’Ouest dans tout ça.

Pauvre France te voilà si mal défendue ! D’autant que ceux qui ont quelque chose d’autre à te dire, à te dire de réellement sensé, n’ont pas voix au chapitre.

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