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LE POIDS DU NOMBRE ET DU CONFORMISME AMBIANT DANS LA MÉDIATISATION DES LETTRES

2 mars 2016

Toute avancée sociale, scientifique, artistique est toujours le fait, au départ du moins, mais départ qui peut être très long, d’une minorité, pour ne pas dire d’individus quasi solitaires, souvent marginalisés, déclarés parfois toqués ou dangereux. Cela tient à la « nature humaine », ou si l’on préfère au fait que l’homme, qui est tout autant produit d’une culture que d’une nature, est un être « de société » foncièrement grégaire, suiviste, conformiste, coutumier, un mouton. Un veau, aura dit De Gaulle. Un animal de meute qui peut virer à l’amorphe, au déchaîné, ou à l’ignoble, c’est selon.

C’est d’ailleurs pour ça que la démocratie, et même son succédané grotesque et bourgeois, ladite « démocratie représentative », n’ont rien d’évidents ou même, par bien des côtés, de plus humains ou de supérieurs à bien d’autres formes politiques moins feutrées. La démocratie même directe n’est pas un gage en soi de vrai progrès humaniste, de justice, de vérité. C’est pour ça aussi que j’aime à répéter que partisan de la démocratie directe, je la vois « à la Suisse » et non pas « à la Far West ». Réflexive, à froid, consensuelle, de compromis.

C’est également pourquoi toute avancée d’un jour finit par se scléroser un autre jour jusqu’à devenir un frein, pour ne pas dire un éléments allant à l’encontre de ses buts d’origine.

Un exemple net est celui du syndicalisme qui au départ, du moins en France, s’est créé dans l’interdiction et par la bataille sociale, avec des emprisonnés et des morts à l’appui. Syndicalisme largement révolutionnaire (qui prônait alors la grève générale) et qui est devenu de nos jours un émiettement d’officines bureaucratisées, d’entreprises de copinage, de corporatismes stériles pour le salariat en général et d’autres secteurs non salariés ; et plus encore de grandes coquilles vides, ennemies de toute rupture sociale, gérant sans vergogne le capitalisme aux côtés de la bourgeoisie, y compris souvent dans ses pires aspects et excès.

Mais ce qu’il faut bien voir, c’est qu’à notre époque de massification, marchandisation, médiatisation à quasi sens unique, et spectacularisation du Monde, l’écart entre les minorités dirigeantes et la masse restante des hommes n’a jamais été aussi manifeste tout en étant aussi peu visible. Ou si l’on préfère, hors du spectacle du monde et de l’agitation de coteries, rien ne semble plus exister dans la société. Alors qu’il n’en est justement rien. Et tout ce qui ne semble plus vivre est de fait totalement dilué dans l’absence, le vide et le silence médiatiques (tels les faits divers que la Pravda bolchevique ne recensait jamais dans un « communisme » où tout baigne). Masqué, brisé par et dans le conformisme dominant, l’uniforme, l’intolérant ; le mépris de classe ou de caste de celui qui possède argent et pouvoir (l’un allant toujours avec l’autre).

Dans le domaine des arts et de la culture, plus encore qu’ailleurs c’est l’individuel qui prime sur le collectif. Des signatures, des noms, du moins depuis l’époque dite « moderne ». Ou bien les groupes restreints (ateliers, écoles, mouvements, dirons-nous). Le domaine de la « vie littéraire » qui nous occupe est, comme le reste, le fruit du grégarisme dominant « naturel » auquel s’ajoute la ténuité des milieux qui créent (en bien ou en mal) des ouvrages écrits de toutes sortes, et le nombre finalement assez faible des lecteurs (tous styles confondus). Aussi, j’aurais envie de déballer sous les yeux des gens d’esprit court, y compris chez les dits intellectuels, tous obsédés par le nombre, la masse, la majorité (généralement silencieuse), ladite « opinion publique », et les idées toutes faites et intéressées de l’idéologie dominante, ces quelques remarques en vrac :

*

– À combien « tirait-on » les ouvrages des auteurs (écrivains, calligraphes, miniaturistes) sur parchemin ? L’un des plus grands « succès » du Moyen-âge « Le Roman de Renart », une trentaine d’auteurs pour la plupart anonymes, 80.000 vers en tout, nous est parvenu en quelques petites dizaines d’exemplaires partiels seulement ; certes, certains ont disparu, mais il faut se dire que le livre était alors une denrée rare, que peu de gens savaient lire ou avaient les moyens de se payer du parchemin écrit et souvent décoré, une œuvre d’art. Le livre était lu publiquement par les clercs (dans les châteaux en particulier, ou les grosses demeures bourgeoises) ou raconté « en morceaux » par troubadours et trouvères.

– Un peu plus près de nous, à combien tirait-on les ouvrages imprimés sous l’Ancien-régime ? Et depuis quand existe-t-il des éditeurs au sens étroit du terme, qui ne sont pas aussi des imprimeurs, et/ou des libraires, et/ou même encore des auteurs ? Si ce n’est depuis le développement du capitalisme ; et en ce domaine, il était encore très courant de voir des libraires-éditeurs au XIXe siècle.

– Parmi les auteurs reconnus aujourd’hui comme « de référence », combien n’eurent pratiquement pas de lectorat de leur vivant ? Et combien de lecteurs réels pour un ouvrage de qualité ou « spécialisé » de nos jours ?

– Qui ne veut pas voir que ladite société du spectacle et de la marchandise (où s’exprime à plein régime la dictature des media, tous plus ou moins uniformisés et conformistes, et le monde des gros tirages de livres pour une bonne part sans lendemain ou qui finissent au pilon) étouffe, annihile, tout ce qui n’est pas elle ?* Et que tout ce qui est petit, artisanal, marginal (marginalisé), souterrain sans même le vouloir, sans grands moyens financiers, ou quasi invisible comme l’édition poétique, est finalement le lot commun de la masse des hommes ?

– Que faire quand la caste des journalistes, d’un commun accord, ou pire, spontanément et le petit crayon sur la couture du pantalon, se tait ? Je renvoie à divers articles récents (ou moins récents) de ce blog qui ne cessent de déplorer cette attitude.

*

Et que penser de ceux qui font de la notion de renommée (bonne renommée sociale, artistique, littéraire évidemment, l’un allant toujours avec l’autre) un critère de sélection, de valeur, voire encore de vertu ? D’éthique ou de bonne morale. Du moins de morale estampillée. D’ailleurs est-ce que l’Art a quelque chose à voir avec la vertu ou la morale ambiantes ?

Au niveau de ladite notoriété, oserais-je rappeler à certains uniquement ces trois exemples ? Joseph Joubert qui écrivit des aphorismes mais aussi quelques essais et de nombreuses lettres n’a connu aucune renommée littéraire (ni autre, d’ailleurs) de son vivant, pour la simple raison qu’il n’a absolument rien publié de celui-ci. Aloysius Bertrand a publié juste quelques articles dans un journal local et quelques poèmes ; de son vivant il fut totalement inconnu et son œuvre essentielle, qui ne fut publiée qu’après sa mort survenue précocement, ne fut vraiment découverte, bien des années plus tard, que grâce à Baudelaire dont ses « petits poèmes en prose » sont, sur la forme du moins, inspirés de cet ouvrage unique et de qualité qui est bien évidemment : Gaspard de la nuit.

La renommée de Rimbaud ne s’est même pas faire sur des livres publiés, mais sur quelques copies manuscrites de poèmes qui circulaient dans le milieu des poètes. Grâce à Verlaine et Nouveau, essentiellement. Ce qui est plus fort encore chez Rimbaud, c’est que cette renommée s’est faite indépendamment de sa volonté, et même contre à l’extrême fin de sa courte vie ; puis essentiellement après sa mort. Rimbaud ayant eu la particularité d’être revenu de tout et d’avoir sombré dans la vulgarité coloniale très jeune. C’est dire d’ailleurs, si la reconnaissance et la notoriété dans le domaine de l’art, il n’en eut rien à faire. Aux derniers temps de sa vie, sur son lit d’hôpital marseillais, il ne supportait même plus que sa sœur lui lise ce qui pouvait ressembler de près ou de loin à un poème.

On pourrait d’ailleurs se poser la question de savoir ce qu’est la notoriété, la renommée, la reconnaissance « à chaud » et « du vivant » dans une société telle que je l’ai définie plus haut (après bien d’autres) ; société basée sur la grégarité, le conformisme, l’esprit de meute. Le simple exemple de l’Académie française est éloquent. Combien de ses Immortels qui sont déjà morts dans la mémoire de la Culture avant même de défunter ? Pas tous, certes et heureusement, mais un bon nombre quand même. Et on en connaît divers exemples récents, et même tout récents.

Autre question : que vaut une renommée établie par des media des masses ? À quelle aune est-elle établie ? Le nombre d’ouvrages vendus ? Le nombre de passages à la télévision ? L’adéquation aux normes sociales dominantes, aux croyances de l’époque ? À ce dernier compte un personnage comme Debord ne vaudrait rien du tout, lui qui a tout fait pour ne pas paraître. Il évoquait aussi sa « mauvaise réputation ». Et que dire aujourd’hui de ceux (sa seconde conjointe en particulier, et pour du pognon) qui l’on quasiment panthéonisé, ou plus exactement « béhènèfisé » de la médiocre et récupératrice manière que l’on sait ? Car tout auteur a à craindre deux choses : le mépris ou l’indifférence d’un côté ; et la mauvaise lecture ou la récupération de l’autre.

Dans le même ordre d’idées… J’aime raconter cette anecdote (enfin, anecdote, si l’on veut) de ces gens que j’ai connus qui regardaient régulièrement les émissions littéraires à la télévision. Ils étaient au courant de toutes les sorties, de toutes les nouveautés médiatiques. Ces personnes qui ne lisaient jamais ou pratiquement jamais étaient capables ensuite de disserter, ou porter des jugements sur l’œuvre d’un auteur, jugements uniquement basés sur un entretien qu’ils avaient suivi à la télévision, donc totalement sur l’apparence d’un auteur  : sa présentation physique, son aspect jugé sympathique ou non, son élocution, son aptitude surtout à bien se raconter et bien raconter ses livres. En un mot : sur sa capacité à bien se vendre. Mais cela dit, même s’il savait se vendre, ces gens ne rentraient jamais dans une librairie, ni ne se ruaient sur les piles des gros tirages du rayon « librairie » des supermarchés pour acheter son livre.

*

Je voudrais évoquer maintenant, cette absence sidérante de tout sens normal, ou de discernement, de la part de ces petits hommes – très généralement sans aucune œuvre – qui portent des jugements hors de propos pour établir – à leurs yeux – si tel ou tel littérateur, tel ou tel artiste, tel ou tel poète est socialement de qualité ou non, est fréquentable ou pas, est in fine a « publiciter » ou à ranger parmi les parias dont on ne saurait parler jamais. Non pas parce que ces parias n’ont pas de talent (comment le sauraient ces grands critiques, puisque généralement ils ne les ont pas lus par préjugés extra-littéraires ?) mais parce qu’ils ne sont pas adéquats à leur morale étroite et totalement conformiste.

Et cela va même jusqu’aux plus grands de nos écrivains : « Céline… oui mais avec des pincettes, ses premiers livres, mais après non… » Cet « après » décrié par un nain culturel, un nabot du néant qui ne l’a pas lu parce qu’ON lui a dit que ce n’était pas à lire, mais à jeter aux cabinets. Ce qui d’ailleurs lui fait dire des bêtises sur les contenus réels de ces livres décriés. Les on-dit et autres qu’en-dira-t-on peuvent être trompeurs, forts trompeurs. Mais c’est encore un autre sujet.

J’ai connu un jour (je crois déjà l’avoir raconté) un homme qui me demandait des comptes sur mes mauvaises fréquentations historiques (cela lui semblait sans doute tout à fait normal, puisqu’il recrachait l’idéologie dominante, le sens commun) ; il me disait ceci, il me disait cela ; à la fin je lui ai demandé : « mais les as-tu lus ? » -« À vrai dire non », m’a-t-il répondu. Là, j’ai dit : « basta ! » J’ai raccroché. Le plus fort c’est qu’il était enseignant !

En fait, ces individus de peu raisonnent comme Badinter qui dans un autre domaine, donne comme unique argument, comme unique légitimité à la loi Gayssot « le poids de la chose jugée », où encore la présence d’un juge français à Nuremberg. Mais à ce compte, il n’y a plus d’Histoire. Et plus d’avancée en rien et sur rien. Seuls demeurent le dogme historique et, pire encore dans le cas de cette loi, des déviances punissables !  Et là c’est un argument filandreux et extra-historique qui fait taire les « mauvais » contestataires. Il ne relève non pas de l’Histoire, ni même de l’hérésie (pourtant on est en pleine religion en ce domaine), mais du procès d’intention totalement hors sujet : « l’antisémitisme » ! En fait un serpent judiciaire qui se mord la queue. Une pathologie mentale législative. Il en va de même pour ceux qui jugent les écrivains par rapport à leur « fréquentabilité » ou non « fréquentabilité ».

Je me demande d’ailleurs pourquoi on se limite à un seul dogme historique. Pourquoi ne pas imposer vraiment et très grossièrement une Histoire officielle sur tout ? Cela me fait penser au temps où en URSS (un exemple parmi d’autres) on retouchait les photos officielles au gré des grâces et plus exactement des disgrâces, où l’affaire de Katyn était un « crime nazi » pour ne pas dire allemand, où on enfermait les déviants dans des goulags ou des hôpitaux psychiatriques. Ce dernier point, certains seraient prêts à le remettre au goût du jour en France même ; ainsi de ce Cymes, sinistre médecin (gauchiste) télévisuel, qui réserverait bien l’asile psychiatrique à Dieudonné ! C’est ce que j’ai déjà appelé, plus d’une fois, une forme de néo-stalinisme « à la française ».

Je ne sais pas si on se rend compte du niveau où tombe le monde. Sous le prétexte que certains ont dit ceci ou cela, ou ont été condamnés un jour pour ceci ou pour cela, des petits hommes voudraient les enfermer « chez les fous » ou dans le silence médiatique (les petites têtes même, seraient prêtes « à leur casser la gueule », voire les tuer). Leur interdire d’exister, de s’exprimer, de créer. De publier, d’être édités (même très marginalement), d’être diffusés, d’être commentés, d’être « réclamisés ». Classés à jamais dans la catégorie « déshonneur éternel » propre aux « faux auteurs » maléfiques publiés par de « faux éditeurs » également maléfiques, peu diffusés, « lus par personne », jamais évoqués dans les média, donc… « faux auteurs » édités par de « faux éditeurs », etc. On repart pour un tour de valse loufoque et sans fin aucune. Quelle misère que la pensée humaine courante ! Au final, cela porte un nom : censure.

A ce compte-là, Villon (condamné pour homicide) devrait être absent des manuels scolaires, de même Socrate devrait continuer à boire la ciguë, Galilée ne dirait pas « Et pourtant, elle tourne ! » (ce qu’il ne dit probablement jamais en vérité), on tairait les noms des « coupables » des procès staliniens… Et il ne faut pas croire que je délire et que tout ça c’est du passé. Dans le secteur de l’Histoire qui censure les « mauvaises pensées » ou entretient le mensonge, si aujourd’hui on a reconnu depuis longtemps que Jeanne d’Arc fut brûlée non pas pour des raisons religieuses mais politiques, ou que les raisons d’éliminer des dirigeants bolcheviques étaient grotesques comme leurs auto-accusations, il est encore toute une Histoire qui se refuse, par exemple, à reconsidérer le jugement d’origine chrétienne sur Néron. Et je crains que le maintien dans l’erreur (pour employer une expression chrétienne) ne soit le même en ce qui concerne le procès de Nuremberg.

Et je dis que – vrais ou faux coupables, finalement peu importe – il y a derrière tout ça une notion parfaitement étrangère à l’humanisme qui au pardon et à l’oubli préfère les antinomiques « acharnement pathologique » et « mémoire très sélective », voire la loi du talion d’un esprit qui lui est bien le vrai esprit du Mal. Celui qui rabaisse l’Humanité.

*

Je conclus donc que :

1/ L’argument du nombre (comme en tout domaine, en premier lieu celui de la politique où le scrutin dit « majoritaire », de moins en moins majoritaire d’ailleurs, n’est qu’un pis-aller) est archi-nul, le plus débile qui soit, d’un conformisme achevé. Mais on comprend bien qu’il existe si fortement chez les esprits faibles qui recrachent la « bonne parole » et ne pensent pas, ne pensent jamais par eux-mêmes. Il est d’autant moins inattendu que les (disons 🙂 dissidents ont toujours été ultra-minoritaires. On le voit encore aujourd’hui ; c’est même une marque de fabrique, l’homme moyen étant (comme je l’ai dit plus haut et comme je ne cesse de le répéter) un être grégaire, de troupeau et en même temps un « esprit » versatile sur le modèle de ceux qui nous dirigent, et très peu nuancé. Et pire encore : il se déclare souvent apte à donner son avis « autorisé » sur ce qu’il ne connaît même pas.

2/ L’argument de la renommée, de la notoriété, de la réputation, de la reconnaissance (dudit public, médiatique, officielle à breloques, ou même des pairs) – ou pour le dire négativement de la non conformité sociale – n’a pas plus de valeur, ni de sens réflexif. En premier lieu sur la (longue) durée ; l’histoire littéraire est farcie de « purgatoires » (et même de bûchers), et de révisions de jugements liés en partie aux goûts et aux modes qui changent. Les modes et les goûts, rien de moins rationnels ou objectifs et de plus concurrents que ceux-ci. L’universalité et « l’éternalité » ne sont pas accordées à tous.

3/ L’argument du silence – apparent – et de l’invisibilité – médiatique – (auteur confidentiel, micro-éditeur**, livres peu diffusés, absence des media…) qui est un corollaire des deux précédents, est le pire qui soit car il entretient lui-même le silence et l’invisibilité. La mort médiatique et le mépris sectaire. Si je ne parle pas de toi c’est parce qu’ON ne parle déjà pas de toi. Là aussi le serpent se mord la queue. On ne se pose jamais la question du « pourquoi », de l’intérêt des uns et des autres (ceux qui dominent, méprisent, interdisent et tiennent les clés des media) à ce que ça demeure ainsi d’une façon pérenne. Cette attitude est très prisée chez les pleutres médiateux, ces médiocres couards. Ce petit monde ne sera jamais prêt à briser les tabous et les interdits. Les bonnes et confortables convenances tacites. Sauf sur ordre ! Et là, ils se rueront à la tâche comme des dératés. Lâcheté courante du larbin salarié, de l’être riquiqui courant que s’est fait journaleux « par défaut », n’étant très généralement doué en rien, et surtout pas dans l’écriture au sens noble du terme.

Dis-moi qui on n’a pas le droit de critiquer ? De qui on n’a pas le droit de dire du mal, n’importe quel mal, du plus sérieux au plus anodin ? De quels princes et quels rois s’agit-il… de quels petits marquis ? Et je te dirai qui dirige réellement le pays ou le monde entier.

Dis-moi de même, qui ON se doit de critiquer, de mépriser et de ravaler au rang du sourd-muet-aveugle invisible ? Celui qui justement dérange, ou est censé déranger, tout ce bon ordonnancement de petits marquis et de grands princes.

***

* Ce qui n’empêche d’ailleurs pas les bides, certains retentissants. Et c’est heureux finalement. Pour les livres, mais aussi pour d’autres formes d’expression, je pense par exemple au fiasco de la « pièce » de Botul l’année dernière. Si son insuccès littéraire n’est connu que des milieux de l’édition, là il fut manifeste et patent ; pas moyen de tricher quand les salles sont vides, qu’une pièce est déprogrammée ; et ceci malgré une super-publicité.

** Nombre de petits éditeurs ne demanderaient pas mieux que d’être de plus gros éditeurs, ou que leurs « poulains » soient édités à plus fort tirage.

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