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Olivier Mathieu parle de son livre sur Finkielkraut.

27 février 2016

Jean-Pierre Fleury :
– Votre livre sur Alain Finkielkraut vient de paraître. Alors, c’est qui, Finkielkraut ?
Olivier Mathieu :
– Alain Finkielkraut est par exemple quelqu’un qui, si l’on en croit Pascal Bruckner, s’est fait réformer du service militaire par simulation. Ou bien Bruckner ment mais, tant que Finkielkraut ne dément pas, ou tant que l’on n’a pas accès à son dossier médical militaire, la seule source est Bruckner (voir la page 161 du dernier livre de Pascal Bruckner, « Un bon fils », Grasset). Or, le premier article des statuts et règlements de l’Académie, en date du 22 février 1635, énonce que « personne ne sera reçu dans l’Académie qui ne soit agréable à Monseigneur le Protecteur et qui ne soit de bonnes mœurs, de bonne réputation, de bon esprit et propre aux fonctions académiques. » Je ne suis certes pas un partisan du service militaire obligatoire. Je me suis fait réformer. Je l’ai même raconté dans mes romans. Mais moi, contrairement à Finkielkraut, je ne donne pas des leçons de patriotisme à la France et je ne défends pas des positions bellicistes.
Jean-Pierre Fleury :
– Et qui est Finkielkraut, encore ?
Olivier Mathieu :
– Finkielkraut est aussi un ex-défenseur de Tony Duvert, le fameux écrivain pédophile. Finkielkraut est aussi un fervent défenseur de Roman Polanski, vous savez, ce cinéaste accusé du viol d’une gamine de treize ans. Or, je vous le répète, le premier article des statuts et règlements de l’Académie, en date du 22 février 1635, énonce que « personne ne sera reçu dans l’Académie qui ne soit agréable à Monseigneur le Protecteur et qui ne soit de bonnes mœurs, de bonne réputation, de bon esprit et propre aux fonctions académiques. » Si l’Académie désire donc élire un ex-réformé par simulation (mais qui se prend pour le nouveau Charles Péguy) et un défenseur de Tony Duvert et de Polanski, il n’y a pas grand-chose à ajouter.
Jean-Pierre Fleury :
– Et qui est Finkielkraut, pour finir ? Un « faux philosophe » ?
Olivier Mathieu :
– Monsieur Finkielkraut a évidemment subi un « traumatisme », comme il dit lui-même, celui de son échec à l’École normale supérieure, et je le regrette pour lui. Mais je n’y peux rien. Monsieur Finkielkraut est un faux philosophe. Il a dit lui-même, je ne fais que le citer, qu’il s’est dirigé « vers l’agrégation de lettres modernes, parce que la philosophie » lui « faisait peur ». Ce monsieur s’est alors dirigé vers l’agrégation, qui est du reste un concours plutôt affligeant de l’Université française. J’ai donc le droit, et je le prends, de dire qu’un agrégé ès Lettres modernes (Finkielkraut, tiens, a-t-il jamais étudié le latin?) qui avait « peur de la philosophie », est un faux philosophe. J’espère qu’on ne va pas me conduire sur un bûcher si je dis qu’à mon avis, s’il y avait un jour une rencontre entre la philosophie et Finkielkraut, c’est la philosophie qui aurait le plus peur. Mais si être « philosophe » consiste à « avoir peur de la philosophie », et si l’Académie estime que cela soit être « de bon esprit et propre aux fonctions académiques », je ne dis rien…
Jean-Pierre Fleury :
– Finkielkraut serait en quelque sorte un « recommandé » ?
Olivier Mathieu :
– Cela ne date pas d’hier, je le crains. Lui-même a déclaré que, déjà, son inscription au lycée Henri IV avait été due à une « recommandation » du directeur de son école. Tout ça peut être vérifié, c’est dans le livre « Un prof a changé ma vie » de Vincent Remy.
Jean-Pierre Fleury :
– Revenons à votre livre à vous.
Olivier Mathieu :
– Les journalistes français et parisiens l’ont largement reçu. Je l’ai aussi remis en mains propres, depuis quelques jours, à nombre d’intellectuels parisiens. Ou bien la presse n’en parlera pas, et ce n’est pas grave du tout pour moi. Ou alors, les journalistes en parleront, et on verra bien ce qu’ils en disent, et s’ils arrivent à ne pas proférer trop de bêtises. J’aimerais bien que ces braves journalistes ne se ridiculisent pas en tartinant trop d’insanités ou d’approximations. Ils ont suivi des « écoles de journalisme » et je suppose que beaucoup d’entre eux doivent savoir lire, à défaut de savoir écrire. Il n’en reste pas moins que mon livre existe. Et si par miracle il y a des gens en France qui comprennent et apprécient encore l’anticonformisme, ils en parleront… Je pense que c’est un livre drôle, intéressant, qui se lit comme un roman. Le rire est le propre de l’homme !… On parle de beaucoup de gens, en ce moment, qui sont candidats à une élection à l’Académie. Si les journalistes savaient faire leur travail, s’ils avaient plus de sens critique et moins d’œillères, ou si on vivait dans un pays qui respecte la liberté d’expression, ils liraient mon livre sur Alain Finkielkraut… Moi, si mon livre trouve cent lecteurs en France, je suis déjà content. C’est l’avenir qui me donnera raison. Je ne sème pas pour le présent…

Propos recueillis par Jean-Pierre Fleury.

***

A LIRE, sur le site AFRIQUE-ASIE : http://www.afrique-asie.fr/index.php?option=com_content&view=article&id=7476:lettre-ouverte-de-robert-spitzhacke-a-alain-finkielkraut&catid=2&Itemid=102

Sur MEDIAPART :
https://blogs.mediapart.fr/robertspitzhacke/blog/120414/lelection-dalain-finkielkraut-et-le-delicieux-canular-litteraire-de-robert-spitzhacke-olivier

Sur ce blog : https://lequichotte.wordpress.com/2015/09/12/pour-celebrer-lanniversaire-de-lecrivain-olivier-mathieu-dit-robert-pioche/

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