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LE SPECTACLE DU NÉANT

24 février 2016

On ne le répétera jamais assez :
On vit une époque de très grande décadence. Et ceci dans tous les domaines.
Donc un néant littéraire, un niente, un nada, un nimic, une potentialité de devenir, un puceau de la littérature, un écolier mais certainement pas de la trempe de Rimbaud ou de Villon ou même de Minou Drouet se voit ouvrir les portes de la télévision.
Le propre du grand spectacle médiatique est qu’il exprime à la perfection l’inversion du réel, l’inversion sidérante des valeurs, le ravalement des vraies valeurs. Il dénature tout ce qu’il touche, et tout ce qui peut élever l’Homme. L’Académie française est certes très décatie elle-même. Ceci expliquant cela. Et Marianne n’en peut mais, depuis déjà un certain temps.
Donc un ersatz de Petit Chose (un rien à côté du héros malheureux de Daudet) ou de Bachelier (je parle du héros d’une toute autre tenue de Vallès, et je n’ose évoquer l’Insurgé tant ça paraîtrait incongru) vient s’immiscer dans un domaine qui lui est totalement étranger car sans œuvre (mais après tout c’est le cas de certains académiciens) et tout le landerneau médiateux, et merdiateux, la chienlit habituelle, se pâme d’aise devant l’insignifiant.
Mais qu’a donc cet insignifiant de signifiant ? Il a tout simplement qu’il défend le libéralisme ou pour mieux dire le capitalisme sauvage, et en particulier toute sa cohorte de sous-littérateurs et faux-philosophes qui se définissent en trois mots : anti-musulmans, anti-arabes, sionistes. Les tenants de la « guerre des civilisations ».
Pauvres maghrébins colonisés pendant au moins un siècle et demi par des individus de la trempe du pied-noir Zemmour ou du françafricain Botul, nullards de la littérature chantés au final par cet insignifiant Ogier. Certes pas un Ogier de chevalerie.
Pauvres maghrébins que nos gouvernants de gauche comme de droite ont fait venir en France en tant que prolétaires aux salaires de misère, destinés sans doute à faire de toute éternité toute la merde que les français ne pouvaient (occupés à autre chose) ou ne voulaient pas ou plus faire. Colonisés chez eux puis ravalés chez nous.
Mais que n’a pas (et sans doute d’autres, du moins je l’espère) Olivier Mathieu, écrivain, historien, essayiste, poète qui a derrière lui une cinquantaine d’ouvrages et qui depuis plus de vingt-cinq ans subit un ostracisme que je qualifierai (certitude) de néo-stalinien ? Il n’est pas anti-musulman, ni anti-arabe, ni pro-sioniste. Pour être plus précis : il est anti-capitaliste, anti-colonialiste et partisan d’une Palestine libre. Et bien évidemment anti-réactionnaire.
Une fois ces dernières années, on lui proposé de passer quelques secondes à la radio, mais c’était pour faire le pitre aux Grosses Têtes du gros filandreux Bouvard. Voilà encore un autre paradoxe des temps présents. Ce qu’il déclina fort justement.
Donc, pour conclure, cet Ogier (Augier conviendrait mieux) petit insignifiant, correspond exactement à ce que le Capitalisme et ses larbins politiques de tous bords (réactionnaires et totalitaires de gauche, droite, extrême-droite et même une bonne partie de l’extrême-gauche, et faux écolos, etc.) attendent des jeunes d’aujourd’hui : la négation même de la Jeunesse.
Notre société est devenue proprement folle.

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