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« Alain Finkielkraut l’immortel », par Olivier Mathieu. Notice d’édition.

21 février 2016

  couverture - face

Le dernier livre en date d’Olivier Mathieu, consacré à l’élection académique du 10 avril 2014 paraît dans trois jours, sous le titre « Alain Finkielkraut, l’immortel » et avec un sous-titre original, amusant et ludique.
Rappelons que, ce 10 avril-là, Alain Finkielkraut – qui est d’origine polonaise – fut élu à l’Académie française, face à Olivier Mathieu, candidat – d’origine belge quant à lui – qui se présentait sous le pseudonyme littéraire et ludique de « Robert Spitzhacke ». Qu’il suffise de noter rapidement que beaucoup d’académiciens – et plus généralement d’écrivains – aiment à employer des pseudonymes. Par exemple un autre Mathieu, Noël Mathieu, se fit appeler Pierre Emmanuel en littérature, ce même Pierre Emmanuel qui démissionna de l’Académie française quand y fut élu l’auteur belge Félicien Marceau (qui, lui, s’appelait à la naissance Louis Carette) auquel a succédé (fauteuil 21) Alain Finkielkraut.
Deux articles du livre sont d’ailleurs consacrés par Olivier Mathieu pour faire l’éloge de Romain Gary, le grand écrivain juif qui obtint le Prix Goncourt à deux reprises et, la deuxième fois, sous le pseudonyme d’Emile Ajar.
Le livre d’Olivier Mathieu, « Alain Finkielkraut l’immortel », rassemble dans une première partie les articles parus, en mars 2014, sur le blog (toujours en ligne aujourd’hui, en 2016) « Médiapart ». Les articles y sont republiés, avec quelques rares corrections principalement – pour ne pas dire exclusivement – d’ordre typographique.
La seconde partie contient, elle, l’intégralité des articles parus à ce sujet sur ce blog (« Lequichotte ») en janvier 2016, articles eux aussi toujours disponibles en ligne.
S’y ajoute une postface (21 pages) totalement inédite de Jean-Pierre Fleury.
L’ouvrage, réservé aux bibliophiles et aux amants de la littérature française, ne se trouvera pas dans le commerce, s’agissant d’un livre publié par une toute petite maison d’édition qui n’a évidemment et malheureusement pas pignon sur rue.
Le livre, dont presque tous les textes à l’exclusion de la postface se trouvent en ligne sur Internet, rappelle les péripéties de l’élection à l’Académie française du 10 avril 2014 et s’achève par celles de l’intronisation de Finkielkraut, le 28 janvier 2016, sous la Coupole. En passant par divers épisodes médiatiques, comme l’intervention de Wiam Berhouma lors du « débat » (très consensuel !…) entre Finkielkraut et Cohn-Bendit.
On trouve aussi des épisodes plus ou moins connus de la biographie d’Alain Finkielkraut (par exemple ses critiques envers un film de Kusturica qu’il n’avait pourtant pas vu), et plus généralement une critique de ses positions philosophico-politiques.
Olivier Mathieu cite et rejoint par exemple les récentes déclarations de l’historien israélien Shlomo Sand. Voir, sur le site de L’Humanité : http://www.humanite.fr/shlomo-sand-quand-je-lis-finkielkraut-ou-zemmour-leur-lecture-de-lhistoire-je-suis-effraye-596563

Ajoutons, par souci d’exhaustivité, que l’ouvrage contient aussi une notice bio-bibliographique sur Olivier Mathieu ; et que d’un point de vue technique, il est illustré par exactement sept illustrations internes en noir et blanc, l’une – inédite à ce jour – qui représente Olivier Mathieu, et les six autres qui sont des caricatures de presse dont le sujet est l’Académie française, parues en France au dix-neuvième siècle, voire dans les toutes premières années du vingtième siècle. La même chose pour ce qui concerne les dessins (en couleurs) qui illustrent la couverture, dont l’un, assez fameux, caricaturait gentiment – il y a déjà beaucoup de temps de cela – l’académicien français Gabriel Hanotaux. Une illustration de la quatrième de couverture, elle, est  extraite du n°302, du 12 janvier 1907, de « L’Assiette au Beurre », numéro sur « Le Respect » entièrement réalisé par Henri Jossot (1866- 1951).
Le livre d’Olivier Mathieu, consacré à ce que l’on a appelé « l’élection académique la plus médiatique de toutes » ou encore (cf. le journal « Causeur ») « le troisième tour des élections municipales », a donc pour sujet l’élection à l’Académie française d’un auteur, Alain Finkielkraut, qui a été réellement sur-médiatisé depuis quelques années, en France (voir par exemple : http://bibliobs.nouvelobs.com/idees/20151008.OBS7315/alain-finkielkraut-la-defaite-d-une-pensee.html )

De lecture facile, découpé en articles brefs et se lisant en somme comme un roman, le livre d’Olivier Mathieu mériterait croyons-nous de rester dans l’histoire et, à tout le moins, dans la « petite histoire » de l’Académie française.

On publiera ici, le moment venu, plusieurs articles et la postface sur le blog.

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Voici d’ores et déjà quelques extraits de la postface.

Alain Finkielkraut, à la fin des années 1970, a publié un essai (intitulé «Le nouveau désordre amoureux») dans lequel il affirmait que les livres d’un certain Tony Duvert (qui se définissait ouvertement « pédophile » et revendiquait le fait d’avoir eu des « relations sexuelles » avec des enfants de… six ans) « devraient stimuler, susciter des vocations, dessiller les yeux » (signé Pascal Bruckner et Alain Finkielkraut, Le nouveau désordre amoureux, Seuil, 1977, page 266).
En 1979, les mêmes auteurs reviennent à leurs amours pour Tony Duvert. Ils écrivent que ce dernier serait, selon eux, « en tant que pédophile, l‟héritier des grands mythes amoureux », parce qu‟il serait victime de « l’ordre collectif ancienne manière qui ne renaît que pour faire la chasse aux amours pédérastiques… Regrettez-vous ces temps barbares et lointains où la foi faisait violence à l‟amour ? Désirez-vous connaître l‟intensité des passions impossibles ? Une seule solution : éprenez-vous d‟un(e) enfant » (c’est écrit et signé Pascal Bruckner et Alain Finkielkraut, Au coin de la rue, l’aventure, Seuil, 1979, page 91).
Notez bien. Il ne s’agissait pas même, pour Tony Duvert, d‟avoir éventuellement des histoires d‟amour, des histoires de sentiments, avec une jeune fille à laquelle, peut-être, eussent manqué quelques semaines pour qu’elle ait l’âge légal d‟avoir une relation. Non. Tony Duvert avait des relations avec des enfants de six ans.
Récemment, encore, Alain Finkielkraut a défendu le cinéaste Roman Polanski, qui avait été arrêté en Suisse pour « relations sexuelles illégales » avec une mineure de 13 ans, en 1977 aux Etats-Unis. Sur France Inter, Alain Finkielkraut avait affirmé : « Polanski n’est pas le violeur de l’Essonne. Polanksi n’est pas pédophile. Sa victime, la plaignante, qui a retiré sa plainte, qui n’a jamais voulu de procès public, qui a obtenu réparation, n‟était pas une fillette, une petite fille, une enfant, au moment des faits ».
Je n’en sais rien, mais elle avait quand même treize ans…
Or que dit le règlement de l’Académie française ? Le règlement de l‟Académie dit : « Personne ne sera reçu dans l’Académie qui ne soit agréable à Monseigneur le Protecteur et qui ne soit de bonnes mœurs, de bonne réputation, de bon esprit et propre aux fonctions académiques. » (Statuts et règlements de l‟Académie française, 22 février 1635, article premier).
Maintenant, ce n‟est pas à moi de décider. Le protecteur de l’Académie française, c’est François Hollande. Si donc François Hollande estime que l‟ancien maoïste Finkielkraut (le maoïsme, au fait, combien de millions de morts?), si François Hollande estime que l‟ancien défenseur de Tony Duvert et le défenseur de Roman Polanski est « de bonnes mœurs, de bonne réputation et de bon esprit», alors je ne dis rien, moi.
Je vais simplement préfacer le livre d‟Olivier Mathieu qui, le 10 avril 2014, fut le candidat « anti-Finkielkraut » à l‟Académie française, sous le pseudonyme de Robert Spitzhacke.
(…)
Bienheureux les simples d’esprit, le «royaume des creux » leur appartient !… J’emprunte l‟expression « royaume des creux » à un article d’Olivier Mathieu, article que l’on trouvera dans ce livre.
Bienheureux les simples d’esprit !… Le problème est qu’en France les simples d‟esprit sont légion, et que ceux qui ont quelque chose à dire n’ont pas le droit, jamais le droit à la parole que c‟en est pire que totalitaire, proprement grotesque.
Je pense qu’on est tombé depuis une éternité dans l’infantilisme philosophique, politique et médiatique. Et dans l‟anti-humanisme de l‟extrême-gauche à l‟extrême-droite. Si bien que les esprits du commun et les bonnes volontés sont totalement désemparés.
(…)
Alors quand un grain de sable, un petit grain de sable d’intelligence et de liberté d‟esprit vient se glisser dans la moulinette très bien huilée, actionnée par la main experte d‟un Pujadas dudit service public, ça devient drôle. On voit le Pujadas désemparé. J’imagine mal tous ces converseurs de salons mondains à la fois douillets et à fauteuils farcis d‟épines, confrontés un jour à la dure réalité des gens du peuple, à une grève quelconque, à je ne sais quelle catastrophe…
Puis, petit miracle, « miracle musulman » si je puis risquer cette expression, voilà qu‟une inconnue demande à Finkie, notre Finkie national tant aimé par tous les beaufs, voilà qu’une franco-maghrébine (beaucoup maghrébine, quel aplomb!) outrecuide, l’insolente, l’irrespectueuse ! Elle déroge à son rang d‟exclue, de sans-voix, de silence éternel. « Êtes- vous conscient de faire mal à la France ? » demande-t-elle en argumentant. Car en plus, elle sait s’exprimer, l’insolente, l’irrespectueuse ! Et voilà tout le landerneau médiateux qui en écume de rage. Et tous les tarés se déchaînent…
(…)
Jossot, le dessinateur, écrivait dans Le Fœtus récalcitrant : « Partout nous nous heurtons au respect : nous ne rencontrons que gens courbant l’échine, s’inclinant, s’agenouillant, se prosternant, s‟aplatissant les uns devant les autres. Quand, par extraordinaire, un individu est affligé d‟une épine dorsale sans souplesse, on le considère comme un sacrilège, un profanateur du tabou. On le regarde avec un religieux effroi, on fait le vide sur son passage ; c’est un pestiféré ; il a contre lui l‟opinion publique ».
Merci, alors, à Olivier Mathieu, pardon je voulais dire à Robert Spitzhacke, pour avoir parfumé l’élection au fauteuil de Félicien Marceau de poésie, d’humour et d’art polémique !

défRESPECT AUX MAÎTRES

Respect aux vieux moules et aux vieilles moules.

***

– MATHIEU Olivier, « Alain Finkielkraut l’immortel », 257 pages, © février 2016, couverture en couleurs, sept illustrations internes. Postface inédite de Jean-Pierre FLEURY, docteur en sociologie.

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