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UN TOUT JEUNE VIEUX-CON

14 février 2016

Donc on sait maintenant qui est ce Valentin Ogier candidat à l’Académie française. Deux articles de presse des 11 et 12 février courant nous en disent plus. Deux articles du Télégramme, l’une des rares gazettes bretonnes qui ne se soit pas fait phagocyter par la pieuvre marine Ouest-France, le chantre breton, que dis-je le chantre (ou le chancre, je ne sais plus) « occidental » de la « Justice et Liberté », du catholicisme social, et l’ennemi viscéral de tout totalitarisme. Le tout tenu par une vieille famille de la noblesse rennaise.

Donc ce Valentin Ogier serait un « dixenaire » breton. Pauvre Bretagne !

Oui, pauvre Bretagne quand je lis que le candidat a comme références politiques : Sarközy l’inculte, le coresponsable (entre autres vilenies) de la chienlit mortifère et réactionnaire libyenne, et l’écrivailleur politicard Peyrefitte ! « C’était un grand écrivain. C’est grâce à lui que je suis devenu pleinement libéral » nous dit le petit trucmuche, le petit Enzo en fait, c’est son premier prénom qu’il cache sans doute parce qu’il fait trop « rital » , voire trop peuple : « j’avais peur qu’Enzo bouscule un peu trop l’Académie » nous dit le moucheron. Mais à l’Académie, ils s’en foutent bien, mon petit microbe, celle que tu veux remplacer (pourquoi pas, il y a bien des ectoplasmes en ces lieux, des poux de fauteuil académique, et divers avatars de culture avariée) avait pour prénom de plume : Assia.

Et ton « Valentin » n’y changera rien : on y a déjà eu, dans le même genre, un Léopold, poète de la négritude. À propos de Valentin, cela me fait remonter à la mémoire cette anecdote. J’avais une tante prénommée Valentine, un peu grincheuse (un peu : euphémisme, un vrai dragon) et je précise sans enfant, qui ne supportait pas du tout que des gamins jouent sous ses fenêtres, elle le leur fit savoir, si bien que de ce jour elle reçut régulièrement des coups de téléphone du genre : Allo ! C’est bien ici les peintures Valentine ? suivis de rires de gosses. Donc, c’est pour dire que l’on n’est jamais à l’abri de rien en ce domaine des noms ou des prénoms.

Tiens, il en va de même pour ton nom de famille. Il n’y a pas qu’un âne qui s’appelle Ogier. En fait, moi celui que je connais, mais surtout de nom justement, c’est Ogier de Gombauld prénommé Jean. Et comme c’est amusant, il s’agit du premier titulaire du cinquième fauteuil, celui que tu brigues. On nous dit qu’il y prononça un discours : Sur le Je ne sais quoi. Un discours prémonitoire sans doute. C’est lui qui écrivit cette épigramme :

Contre le siècle

Ne me répondez plus, Muses, soyez muettes.
Notre siècle de fer m’a rendu négligent.
Les vulgaires Esprits n’aiment point les poëtes ;
Et tant qu’on fait des vers, on n’a guère d’argent.

Nihil novi sub sole.  

Qu’en penses-tu Enzo ? Toi, mon pitchounet à l’âme littéraire qui veux, nous dis-tu, devenir « président de la République ». Et qui dis : « Je crois aux bienfaits de l’individualisme et du narcissisme, nécessaires à la réalisation de l’individu ». Que de mots, que d’écorces de mots sans contenu tangible ; sans jus, sans musc, sans chair ! Tout ça sent l’École.

Maintenant pour compléter le tableau j’apprends que sa bibliothèque est « remplie d’ouvrages de Bernard-Henry Lévy, Alain Finkielkraut, Jacques Attali ou Éric Zemmour ». Certes des sortes de Narcisse mais bien décatis dès le départ. Des narcisses de la sous-littérature et de la fausse-philosophie réactionnaires contemporaines. Il ne manque plus que le Talmud au grand complet, diront certains. Et bien justement, nous y voilà : c’est que notre Enzo s’y est mis ; paraîtrait qu’il étudierait l’hébreu, l’hébreu contemporain plus précisément celui des colons, racistes et terroristes sionistes. Seule fausse note à ce tableau idyllique, il apprendrait également le russe. Là, je crois que tu as tout faux. Renforce plutôt ton savoir en anglais d’Amérique. La Russie n’est pas ton Empire.

Finalement tout se tient à peu près dans la petite tête d’arriviste du virus qui a encore pour autres références D’Ormesson et Giscard, deux vieilles choses de la réaction « libérale » assez informes. Il aimerait également rencontrer Laferrière, le haïtien. Mais là, non… non, je te dis : laisse tomber, laisse béton ! Celui-ci n’est pas fait pour toi.

Enfin, je constate que ce littéraire (c’est comme ça qu’on le présente et c’est aussi comme ça qu’il se présente) n’a aucune référence réellement littéraire. Je ne sais pas moi, par exemple Chateaubriand puisqu’on est en Bretagne. Ou Ernest Hello ou encore Armand Robin…

Cela dit, son premier livre est écrit, c’est un opuscule qui semble développer dans l’emphase (lui-même le concède) une théorie vaseuse sur une « démocratie confessionnelle ». L’avorton fréquentant l’enseignement privé catholique, je suppose qu’il s’agit de quelque calque de ce qu’il entend de « la plus grande démocratie du Proche-Orient », qui d’ailleurs n’en a rien à faire de la religion. Simple prétexte de maffieux européens.

« A 15 ans, Valentin Ogier revendique fièrement ses « passions de vieux » » nous dit encore le journal. Eh bien moi, à plus de quatre fois son âge, je revendique fièrement mes passions de jeune, les mêmes intactes, aussi vives qu’à vingt ans ; passions qui n’étaient pas sans rapport à la fois avec une saine utopie et avec un goût marqué pour le passé, l’histoire et la nostalgie ; mais là, je doute que Valentino comprenne. Je le vois décrocher.

Ce que je retiens surtout d’Enzo, le petit plaisantin, c’est la précocité de son côté « vieux con ». Ce que c’est  ! de ne pas porter de bonnet (rouge) à la mauvaise saison. Le cerveau se gèle prématurément.

Enfin, pour conclure je dirai simplement que l’on peut être à la fois jeunot, breton et con.

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