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Le civilisationnel c’est sensationnel ! Par Olivier Mathieu.

6 février 2016

Nous serons huit candidats, le 3 mars 2016, à l’Académie française.
Je n’avais jamais entendu parler d’Arnaud Aaron-Upinsky, qu’un blog sur Internet présente comme un « scientifique épistémologue de renom international, d’origine juive ». Il a publié sur Internet un texte : « PUBLICATION DE LA LETTRE DE CANDIDATURE D’ARNAUD-AARON UPINSKY INVITANT LES CANDIDATS AU FAUTEUIL D’ASSIA DJEBAR A ADOPTER CET USAGE ». On y lit : « Arnaud-Aaron Upinsky a décidé de motiver sa lettre de candidature, de la rendre publique ( ce qui est une première ) », écrit Upinsky sur son blog. Mais puisqu’il interpelle les autres candidats, au nombre desquels je suis, je réponds volontiers à son appel et je me permets de lui faire noter qu’il se trompe, d’ailleurs, parce que je l’ai fait à de nombreuses reprises et puisque j’ai publié le récit de mes candidatures à l’Académie, et en certains cas mes lettres de candidature, depuis dix ans, sur Internet mais aussi, sous forme de textes ou de poèmes, dans plusieurs de mes livres.
Loin de moi, en tout cas, l’idée de parler des autres candidats dans les termes un peu condescendants – éclats de rire à l’appui – employés par Frédéric Mitterrand à la télé, tout récemment.
La certitude est que cette élection semble taillée sur mesure pour André Makine. Celui-ci, né en Russie, a écrit un grand nombre de livres. Dans La musique d’une vie, qui se passe en 1941, il nous raconte le destin d’Alexei Berg, un jeune pianiste juif considéré par la police de Staline comme « ennemi du peuple », obligé de fuir et de rentrer dans la clandestinité. Ou alors, dans Le pays du lieutenant Schreiber, le même André Makine nous parle de Jean-Claude Servan-Schreiber, petit-fils d’un juif prussien émigré.
Comme l’annonçait il y a quelque temps « Tribune juive », le dimanche 9 février 2014 dans les salons de la Mairie du 3e arrondissement de Paris, Andreï Makine signait ses livres, en compagnie d’auteurs comme Agnès Abécassis, Myriam Anissimov, Jacques Attali, Patrick Banon, Bernard Benyamin, Evelyne Bloch-Dano, Elisabeth Brami, Jean-Claude Casadessus, Christine Clerc, Jean-Louis Debré, Gérard de Cortanze, Arthur Dreyfus, Frédéric Encel, Vladimir Federovski, Yaël Hassan, Frédéric Haziza, Serge Moati, Aldo Naouri, Mazarine Pingeot, Michaël Prazan, Laurent Seksik, Alain-Gérard Slama, Daniel Sibony, Sandrine Szwarc, Sandrine Treiner, Karine Tuil, Frédéric Verger.
Et surtout, le Prix mondial 2014 de la Fondation Simone et Cino del Duca, d’un montant de 200 000 euros, a été décerné à Andreï Makine. Lequel désire lutter « contre l’Europe qui trahit ses valeurs civilisationnelles ».
L’élection d’Andréï Makine ne fait pas l’ombre d’un doute. Elle a été précédée par la candidature puis par le retrait de Frédéric Mitterrand qui a évoqué la sensibilité extrême qui, à ses yeux, est celle d’Andréi Makine, à tel point que si ce dernier échouait à l’Académie, « il ne se représenterait sans doute pas ».
Voilà donc ce qui a peut-être été une sorte « d’opération stratégique », puisque Frédéric Mitterrand s’est fait de la publicité à travers sa candidature à l’Académie, puis s’est donné le beau rôle en se retirant pour ne pas froisser la sensibilité de son ami Andreï Makine.
De plus en plus clairement, les copains germanopratins de « droite » (?) et de « gauche » (?) ne cachent même plus qu’ils font campagne les uns pour les autres, en se retirant pour ne pas se « gêner ». Chacun son tour. L’Académie ? Y en aura pour tout le monde. A condition que « tout le monde » fasse partie de Cette France qu’on oublie d’aimer de Makine, ou de la France de Finkielkraut. C’est plus ou moins la même. Mêmes thèmes. Même vision du monde. Mêmes « valeurs » « civilisationnelles »…
Ça fait deux, c’est clair, moi et les sages de « la » civilisation…

Olivier Mathieu.

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