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De Félicien Marceau à Alain Finkielkraut, au fauteuil 21 de l’Académie. Par Olivier Mathieu.

20 janvier 2016

Selon l’usage, à dix jours de son entrée sous la coupole, l’agrégé ès Lettres modernes Alain Finkielkraut, et « philosophe » à la dernière mode parisianiste, a reçu son épée d’académicien, lors d’une cérémonie organisée le 18 janvier au « Centre National du Livre ». Selon le « Figaro », étaient présents Fabrice Luchini, Anne Sinclair, André Dussollier et, « un verre à la main, aussi le Grand Rabbin de France Haïm Korsia, discret ».
Élisabeth de Fontenay a prononcé un discours que le « Figaro » qualifie de solennel.
Toujours selon le « Figaro » : « Le professeur évoque aussi ce qu’ils partagent en commun, à savoir cette double appartenance, cette filiation au «peuple des israélites» et au «peuple de France». «C’est la première fois qu’un Juif en majesté, entre à l’Académie », conclut-elle.
Sur son épée, l’agrégé ès Lettres modernes, promu immortel, a demandé à faire graver deux signes, une vache normande et aussi un Aleph, la première lettre de l’alphabet hébraïque « même s’il ne parle pas l’hébreu », précise « Le Figaro ». Et le même organe de presse cite Finkie : «Je me souviens, à six ans, quand je voyais mon père lire le journal en yiddish», explique-t-il.
L’été passé, nous apprend « Vanity Fair », Finkielkraut a pris ses vacances en Grèce. Ecoutons « Vanity Fair ».
« Cet été, ce n’était pas un livre qu’il devait terminer mais un exercice qui depuis des mois le torturait : son discours de réception à l’Académie française. Un hommage au défunt qui lui a cédé son fauteuil, no 21, sous la coupole : Félicien Marceau, l’auteur méconnu de Chair et cuir (1951), journaliste de Radio-Bruxelles condamné en Belgique à quinze ans de travaux forcés pour collaboration, avant que de Gaulle ne lui accorde la nationalité française. Que dire d’un tel personnage ? Il y en eut des nuits blanches, des brouillons déchirés, des heures à compulser les écrits de ce maudit prédécesseur. Mais dans le ciel étoilé de Paros, miracle, Finkielkraut trouva l’inspiration ».
Comme on le sait, à « Radio-Bruxelles » travaillèrent à l’époque un grand nombre d’écrivains belges, et l’on consultera notamment cet article consacré à l’Epuration en Belgique ( https://textyles.revues.org/354 ).
On y lit, sous la plume de Bibiane Fréché: « C’est le cas, par exemple, de Louis Carette – qui deviendra des années plus tard, une fois naturalisé, sociétaire de l’Académie française, sous le pseudonyme de Félicien Marceau ».
Toujours dans le même article, on lit également: « À l’initiative de Marie de Vivier et de sa fille Marguerite Mathieu, une pétition est également remise à la Reine Élisabeth pour demander la réhabilitation de Michel de Ghelderode dans ses fonctions d’employé communal à Schaerbeek. Les signataires soulignent les motivations matérielles qui poussèrent Ghelderode, malade, à accepter un poste à Radio-Bruxelles et l’injustice que constituerait la destitution d’« un de nos plus authentiques écrivains ».
Je lirai donc avec la plus grande attention le « discours de réception » à l’Académie française d’Alain Finkielkraut, qui est prévu pour le 28 janvier 2016.

Olivier Mathieu.

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