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LE « JIM BOWIE KNIFE »

12 janvier 2016

Je ne vais pas m’appesantir.
On me dit que David Jones, dit Bowie est mort. Elle vivait donc encore, cette “icône musicale” (voilà à nouveau ici un mot typique de notre époque sans religion, quand le sacré va se nicher dans la décrépitude*), et même cette “icône sexuelle d’avant-garde” selon sa dernière hagiographe Wendy Leigh. Pourtant devenu un tantinet néo-classique dans son aspect physique, il survivait puisque sa dernière « œuvre » sera une chanson pour la comédie musicale américaine à venir :
Bob l’éponge, éponyme du dessin animé pour enfants. C’en est risible.
Lorsque j’eus vingt ans et un peu plus, cet être grotesquement exhibitionniste était au mieux de sa forme et de ses excentricités qui, dois-je le préciser, n’ont aucunement révolutionné le monde, mais juste abusé une jeunesse en mal de briser tabous et interdits, ou plutôt conforté à son niveau, ou enfoncé un peu plus notre « civilisation » dans sa décadence de fin d’empire.
Cet androgyne d’opérette qui se targua, dès cette époque immédiatement post-soixante-huitarde, d’être bisexuel** ne laissera rien, ou pas grand-chose, comme malheureusement une bonne partie de ladite « musique pop » sortie des langes de l’immédiat après-guerre et de ladite Reconstruction. Quelques-uns seuls feront exception. Et certes pas lui. Adepte de toutes les modes « transgressives » bourgeoises, lui aussi tourna avec le vent. Bruits et fureurs bien vaines, au paradis des faux mondes meilleurs.
Ajoutons encore, qui s’en étonnerait ? qu’il fut un « grand amateur » dudit « art contemporain ». En particulier d’un certain Peter Howson curieux mélange (entre autres) de tableaux à la Dali et de tableaux (sécularisés) à la de Groux. Et d’un Derek Boshier, un fumiste sous-décati
. Enfin, parmi les fortes « pensées » de ce déchet de la provoc, retenons qu’il voyait en Hitler « la première étoile du rock » comparant Mick Jagger, cette autre « rock star », à ce dernier dans l’art de la mise en scène et du maniement des foules.

Je ne sais pourquoi dès le départ j’ai associé Bowie, le mot, à “boggie” (ou bogie), cet élément de châssis de train apte à bien prendre les virages. Je n’avais pas tort. L’inconscient quand même ! Aujourd’hui, je pense d’avantage à “bouillie”. Mais je n’insisterai pas plus en ce début de nuit du long couteau, car telle est la réalité ultime de Bowie.***

* Toute honte bue (mais s’en rend-il même compte?), c’est ainsi que ces dernières heures, le cardinal Gianfranco Ravasi en personne, président du Conseil Pontifical de la Culture (sic), a tenu à saluer la mémoire de Bowie dans un touite où il a repris le passage suivant de l’une de ses très poétiques « chansons » : Tour de contrôle à Major Tom, le compte à rebours commence, les moteurs sont allumés, vérifie la mise à feu et que Dieu soit avec toi. » On arrive à ne plus savoir qui caricature qui. 

**Anecdote : Selon les gazettes, l’admiration de Bowie pour Brel est telle qu’il demande à rencontrer « Le Grand Jacques » lors d’un passage à Paris en 1973. Mais le sentiment semble loin d’être réciproque. Brel, l’amant bien connu et exclusif des dames, aurait dit : « Comment un pédé pareil [sic] peut-il croire que je pourrais avoir envie de le voir ? »  Individu particulièrement méprisable, le cocaïnomane déclarera franco un peu plus tard, en 1976 dans Playboy, que toute la réclame autour de sa bisexualité (j’ajoute : avec tout le tralala spectaculaire qui en a découlé) l’avait aidé dans le lancement de sa dite carrière. 

***Voir le titre de ce billet.

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