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RÉFLEXION DU JOUR

28 décembre 2015

Je ne sais s’il y a plus lucides sur la question juive que les juifs dénommés ultra-orthodoxes, du moins ceux des haredim qui allient une bonne part d’anti-modernité presque amishienne et un esprit pré et anti-capitaliste à un anti-sionisme virulent ; ces descendants pour la plupart des juifs de Palestine qui vivaient en paix avec chrétiens et musulmans et autres, ou dans leurs ghettos volontaires, jusqu’au jour où le fléau des criquets sionistes investit la contrée pour y mettre un ignoble chaos.

– Si le second Temple a été détruit, c’est que Dieu omniprésent, omniscient, figure redoutable et crainte, l’a voulu ainsi. La faute en incombe au mauvais comportement des juifs, et avant tout des pharisiens du temps des romains.

– Si autrefois Pharaon les a chassés, si Babylone les a emprisonnés, si le premier temple est parti en cendres, c’est que Dieu l’a voulu également et que la faute, le péché est intégralement juif. Ce qui est dans l’ordre des choses puisque Dieu, le seul dieu valide est l’antique dieu pas même de la cité-état mais de la tribu, ou mieux encore de la caste des faiseurs de dieux, de Dieu en l’occurrence.

– Si les pogroms et autres holocautes se sont perpétués c’est que le peuple du judaïsme s’est mal comporté, sans doute vis-à-vis des autres hommes, mais plus sûrement vis-à-vis de Dieu, être intransigeant volontiers cruel avec son propre peuple élu. Comme au temps antique où les juifs d’essence supérieure, les seuls vrais juifs, étaient ceux de la caste des prêtres et autres gardiens du temple dominant la tourbe nombreuse de ses serviteurs.

Déchéance, ces adorateurs haredim de Yhwh le Souffle divin, le Verbe, vivent ailleurs, à part, en un autre monde. Ils sont l’exact opposé des caricatures de juifs des temps modernes, présentés comme des êtres veules et fourbes, sans vergogne, avides de pouvoir, dominateurs, prêtres du Veau d’Or et de la décadence mondialiste, mondaine ou spectaculaire. Rien de commun donc avec la maffia des Rothschild, des Schwartz-Soros, BHL, Attali, DSK, Lanzmann cet « athée viscéralement attaché à Israël » (Lanzmann dixit)…

Ils attendent le Vrai Messie jusqu’à la fin des temps. Car il ne viendra sans doute jamais en leur esprit torturé totalement tourné vers l’intérieur des textes sacrés, d’un mysticisme profond, d’une kabbale existentielle pour eux, par eux, en eux. Ils sont le côté névrotique de la maladie judaïque quand le sionisme en est le côté psychopathique ou plus exactement sociopathique.

Leur vie est totalement théocratiste, patriarcale, nataliste, anachronique, immuable. Ils ne connaissent que la Thora et leurs sages, leurs rabbins. Ils sont d’avant le Talmud même, et ont peur d’eux-mêmes et des mauvais instincts et penchants. Plus encore de ce monde décadent. Ce qui ne veut pas dire qu’ils ne leur arrivent pas à eux aussi de succomber, mais du moins parfois dans le seul domaine des mœurs.

Leur Dieu n’est pas même Qui aime bien châtie bien, mais c’est une sorte de Baal du Malheur tourné, non vers le monde extérieur comme l’abomination sioniste, mais contre eux-mêmes chargés de le servir. Il convient pour eux d’être à la hauteur de leur dieu, et non pas à la bassesse du monde contemporain où grouillent leurs faux congénères dévoyés.

Ils ont tout lieu de croire que le Mal est en eux, que l’anti-judaïsme leur incombe et leur revient de droit et les lie aux autres hommes, et plus encore vient du mal agir juif. C’est pourquoi ils cherchent le contact de ceux qui sont les moins philo-juifs ou les plus critiques vis-à-vis du judaïsme et plus encore du sionisme. Mais c’est aussi qu’ils devinent, perçoivent ou voient trop clairement l’inévitable, le prochain malheur annoncé des Juifs. Ils ont, à eux seuls, plus très nombreux, charge testamentaire.

Ils n’ont que faire de la cité du Mal moderne et se réfugient dans le refus radical d’un État juif, de l’armée, des élections. Ils ne sont donc pas, ils ne peuvent donc pas être totalement mauvais aux yeux de leur dieu, ni à mes yeux d’ailleurs. Le seul chrétien à qui je pourrais les comparer, du moins du côté de l’intransigeance, est Léon Bloy, cet autre animal dinosaurien qui ne manque pas lui non plus de grandeur. De grandeur opiniâtre et totalement vaine.

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