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PHÉNOMÈNE SI NATUREL

8 décembre 2015

« Ils viennent comme balayeurs…

Mais ils restent comme noirs »

(Coluche)

*

J’ai été réveillé par du bruit dans l’escalier commun…

Des voix fortes de femmes, des chocs contre les murs…

*

À demi dans un rêve, je me dis :

Serait-ce une manif de Femens ?

Mais que viendraient-elles faire ici ?

Et puis leurs mots n’étaient pas en mon patois

Et encore moins en angliche langue bénie du Veau d’Or.

*

Puis les yeux ouverts,

Le cerveau en partie désembrumé,

Mon esprit m’a rappelé :

Mais non ! c’est mardi…

Ce sont les « balayeuses » dans l’escalier !

*

D’ailleurs, que viendraient faire les phénomènes

De la foire néo-totalitaire « antiraciste »,

Les femelles du triste cirque « féministe » contemporain,

Tout en parlant, dans « ma » cage d’escalier un balai à la main,

Ces sorcières ?

*

Non, « les miennes », ce n’était « que » deux négresses*,

Certes pas à plateau, mais dont une certaine allégresse

Soulageait leur labeur monotone, quotidien, et sans fin.

***

* Le Littré (extraits d’articles).

Négresse. s. f. Femme nègre. Il a été allaité par une négresse. ♦ Nous exigeons des négresses des travaux si durs, avant et après leur grossesse, que leur fruit n’arrive pas à terme, ou survit peu après l’accouchement, RAYNAL, Hist. phil. XI, 23.

Nègre. s. m. 1° Nom qu’on donne en général aux habitants noirs de l’Afrique. 2° Esclave noir. ♦ Les nègres sont bornés, parce que l’esclavage brise tous les ressorts de l’âme ; ils sont méchants, pas assez avec vous, RAYNAL, His. phil. XI, 24.

Familièrement. Traiter quelqu’un comme un nègre, le traiter avec beaucoup de dureté et de mépris. Faire travailler quelqu’un comme un nègre, exiger de lui un travail pénible, le faire travailler sans relâche. On dit de la même façon : travailler comme un nègre.

* Trésor de la langue française (extraits de l’article « nègre ») :

Par analogie (de fonction) a) Auxiliaire qui prépare le travail de quelqu’un et en particulier personne anonyme qui rédige pour une personnalité, qui compose les ouvrages d’un auteur connu. b) Homme à tout faire; personne exploitée sans limites.

***

Étymologie de « nègre » substantif. Du latin niger/nigru, « noir, ténébreux, qui se rapporte probablement au même radical que nox, nuit, proprement « la mort du jour, » de la racine sanscrite naç, détruire, périr, latin neco. L’affaiblissement de a en i se présente déjà dans le sanscrit niça pour naça, nuit, et dans le latin nisus, épervier, qui se rattache à la même racine » (le Larousse du XIXe siècle). Cf. le catalan negre, l’espagnol negro, l’italien negro (nero comme adjectif ou comme couleur), le portugais negro, l’occitan negre, le romanche neghér/negr (négër), le roumain negru (féminin : negresă)…

***

Et la conclusion (parmi d’autres charmantes réflexions*) de l’article « nègre-négresse » du Grand Dictionnaire Universel du XIXe siècle de Pierre Larousse, grand humaniste « progressiste » et libre penseur :

C’est en vain que quelques philanthropes ont essayé de prouver que l’espèce nègre est aussi intelligente que l’espèce blanche. Quelques rares exemples ne suffisent point pour prouver l’existence chez eux de grandes facultés intellectuelles. Un fait incontestable et qui domine tous les autres, c’est qu’ils ont le cerveau plus rétréci, plus léger et moins volumineux que celui de l’espèce blanche, et comme, dans toute la série animale, l’intelligence est en raison directe des dimensions du cerveau, du nombre et de la profondeur dés circonvolutions, ce fait suffit pour prouver la supériorité de l’espèce blanche sur l’espèce noire.

Mais cette supériorité intellectuelle, qui selon nous ne peut être révoquée en doute, donne-t-elle aux blancs le droit de réduire en esclavage la race inférieure? Non, mille fois non. Si les nègres se rapprochent de certaines espèces animales par leurs formes anatomiques, par leurs instincts grossiers, ils en diffèrent et se rapprochent des hommes blancs sous d’autres rapports dont nous devons tenir grand compte. Ils sont doués de la parole, et par la parole nous pouvons nouer avec eux des relations intellectuelles et morales, nous pouvons essayer de les élever jusqu’à nous, certains d’y réussir dans une certaine limite.

Du reste, un fait physiologique que nous ne devons jamais oublier, c’est que leur race est susceptible de se mêler à la nôtre, signe sensible et frappant de notre commune nature. Leur infériorité intellectuelle, loin de nous conférer le droit d’abuser de leur faiblesse, nous impose le devoir de les aider et de les protéger.

Toute la suffisance « modérée » et la condescendance « de gauche » du petit-blanc « républicain » sûr de son fait apportant, moins ladite civilisation, que l’exploitation sans vergogne ni même remords, de terres et d’hommes par saint Veau d’Or.

C’est avec de tels préjugés et partis pris de se mêler du sort des autres « pour leur bien » (sic) que s’est construit, en façade, tout le colonialisme (clérical ou non) depuis Christophe Colomb. Et plusieurs vaines, sectaires et inhumaines prétendues « révolutions ».

* Dont cette citation : L’amour excite chez les NÉGRESSES des transports inconnus partout ailleurs, et elles poussent l’audace du plaisir jusqu’à la rage la plus effrénée. (Virey.)

Le petit lexicographe.

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