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PENSÉES MIZ DU* DU JOUR

4 novembre 2015

Lu hier un article concernant un espoir du cyclisme, esprit indépendant et ambitieux du tout début des années quatre-vingt, mort suicidé en 1997 — drogué, alcoolique, accroc aux médicaments — à trente-sept ans des suites du dopage organisé et d’une fin sportive misérable dans les courses "à combine" comme il y en a tant quand il y a de l’argent, même rien que trois sous, à gagner.

Ensemble de pratiques d’un milieu pourri dont le plus beau représentant fut Tapie qui vira ce cycliste comme un malpropre suite à plusieurs mois d’arrêt dus à une longue blessure. Le maffioso et esclavagiste voulait des résultats immédiats pour faire sa "pub" en "procurant du rêve" à Populo-le-niais sur les pentes des cols dudit Tour de France… Mais à quel prix ?

Ô que n’eut-il alors produit le slogan choc :

" À La Vie Claire, on pédale à l’eau claire" !

Avant de sombrer, ce cycliste oublié avait envoyé un coup de fil, un appel au secours à un rare ami qui bien évidemment n’a rien fait de tangible.

Sa mère, milieu ouvrier, qui lui avait inculqué, non sans risques comme on le voit, une assez juste philosophie de la vie, avait coutume de lui dire :

" Tu as cinq doigts de trop à ta main pour compter tes amis".

***

Le propre (ou malpropre) des amis c’est de vous négliger, oublier, jeter après usage, ou de passer à plus affriolant.

Je sais, c’est une idée galvaudée. Mais de fait, tout un chacun, mâle ou femelle, est aussi cocasse ou incongru qu’une araignée solitaire, meurtrière et vaine au coin de sa toile. Toile plus ou moins ouvrée qu’un simple et banal bon coup de vent peut briser.

***

Quel est le sens, le vrai sens de la vie ?

Le sens unique. Celui qui va de la naissance à la mort. Si bien que donner sens et naissance à sa vie, c’est prendre à rebours la mort. Ce qui ne peut que lui déplaire, à la Mort. La nôtre en propre et unique et toutes celles qui nous ont précédé. Éternel recommencement.

Ainsi, non seulement donner (la) vie est donner (la) mort, mais la mort seule à un sens. Et la vie particulière, générale, universelle est simple et douloureuse archéologie.

Une paléoarchéologie physique et mentale.

Un simulacre de vie en chacun.

***

Le cœur de notre Galaxie ? Rien de spécial. Une étoile ou une non-étoile comme une autre. À vouloir aller au cœur des choses, au cœur des mondes, toujours plus loin et plus grand, toujours plus près et plus petit, à empiler ou disséquer à l’infini, on ne peut sortir du vide essentiel de l’Univers, monde fractal, peuplé de ci de là de poupées gigognes de grains de matière en mouvement perpétuel, interagissants et mutants. Et encore plus rarement de la Vie telle qu’on la connaît.

Ça, c’est un monde ! comme dirait l’autre, cet inconnu.

***

Midi sonne. De grâce, éloignez-vous, madame.

Midi juste et si gris par un temps qui te dame.

En ce premier mercredi du mois, comme chaque mois, comme chaque année depuis que j’en ai le souvenir, sous le gris d’un crachin brumairal, la mauvaise surprise renouvelée.

La sirène de la guerre sonne et resonne et résonne, sur le toit de mon école d’autrefois, en une première série puis en une seconde. Pour mieux l’imprimer.

"Boô !… je ne sais pas ce que ça me fait, j’en ai encore des frissons" me disait ma mère autrefois, elle qui avait connu la guerre. La guerre pour de vrai, pas pour de rire. Et vu quelques atrocités…

Bruits agressifs et d’ailleurs totalement inutiles et puérils. Ou plutôt nécessaires à l’entretien de nos méninges :

"N’oublie pas, n’oublie jamais que tu es en paix. Et cela parce que je le veux bien" nous clame l’État, faute d’allumer des incendies volontaires au pays.

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* Miz du : mot à mot "mois noir" en breton où il désigne le mois de novembre.

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