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LOUIS CATTIAUX — QUELQUES EXTRAITS DU "MESSAGE RETROUVÉ".

14 septembre 2015

Louis Cattiaux peintre, poète et avant tout mystique a écrit un livre tout emprunt de poésie et de critique du monde présent. Monde qui a perdu tous mystères, tout sacré, toute recherche du sens. Monde mortifère et anti-humain au nom même de la défense de l’Homme et dudit Progrès. Monde technique, matérialiste, destructeur et véritable ennemi des Arts véritables.

Ce livre, ou plutôt cette succession de chapitres dénommés livres (une quarantaine) découpés en versets (ou sentences) qui se répondent ou se complètent, a pour titre : Le Message retrouvé.

En voici quelques extraits relatifs à, je cite : « la science du maudit ».

Ce qui m’intéresse avant tout c’est la poésie du propos. D’autres avant moi l’on relevée. Et son ton. Et son côté aphoristique. Et, derrière la croyance religieuse, les idées en soi, sociales, morales et humanistes, que l’on discerne assez aisément.

***

L’aveuglement et l’orgueil des hommes sont devenus tels qu’ils transforment tous les biens en maux au nom de la science et du progrès. (II, 45)

Enfin les incroyants, ne voyant que l’idolâtrie des images et des individus, ont repoussé tout pêle-mêle, mais ils sont tombés dans une idolâtrie encore pire qui est celle de la matière, qui les scelle dans la mort sans retour. Car l’essence, la substance et la crasse y sont confondues inextricablement, et s’ils parviennent à utiliser la matière brute, ils ne peuvent néanmoins arriver à la séparer élémentairement, et s’ils parviennent à la séparer, c’est avec une telle violence et un tel éparpillement, qu’ils ne peuvent la réunir à nouveau dans la pureté, car elle a disparu devant leurs yeux remplis de malice et de science profane. (XXIII, 76)

PIH-LM-hiroshima-2013-08-06-FR

Yerushaláyim, mon amour.

*

Les savants officiels, héritiers et descendants des souffleurs enragés qui forcèrent les premiers le feu, la nature, les êtres et les choses, sont honorés et récompensés plus que quiconque à présent, car ils sont les prêtres de la science du maudit qui tient le monde dans ses griffes…

Qui l’enchaîne sous le prétexte de l’affranchir, qui l’empoisonne sous le masque de la bienfaisance, qui l’abrutit sous la promesse de le distraire, qui le plonge dans les ténèbres en lui promettant la lumière, qui le sèvre du Dieu de vie en se faisant passer pour lui et en imposant la mort à tous.

Ce n’est pas par hasard que les démons de l’enfer sont représentés actionnant sans arrêt des soufflets de forge qui forcent le feu où brûlent les damnés.

*

Quoi de plus bête que la machine? Et ne sommes-nous pas sous le règne de la machine aveugle et sourde? Et n’adorons-nous pas la machine qui nous mâche bestialement?

Quoi de plus bête que l’État anonyme? Et ne sommes-nous pas sous le règne de la Bête aveugle et sourde? Et n’adorons-nous pas la Bête qui nous broie aveuglément?

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Les magiciens officiels de Pharaon sont plus forts que jamais dans le monde. Ils ont seulement changé d’apparences et d’astuces, de noms et de méthodes, mais leurs prodiges stupéfient toujours le monde et le maintiennent dans l’esclavage de la mort.

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 Pierre Roy – Le Chou-fleur (1931)

*

La science profane a conquis même le cœur des religieux qui font alliance avec elle, sans s’apercevoir qu’elle les dévore sans pardon.

Le temps des machines commence à peine et tous sont séduits, sans s’apercevoir que les machines sont des œuvres mortes qui ne produisent que la mort.

Et tous croient se servir des machines, sans s’apercevoir qu’ils servent eux-mêmes les machines comme des esclaves abrutis par la mort.

*

Tous plaident la cause du rebelle à présent et vantent sa science maudite. Prêtres et incroyants, moines et laïcs, savants et ignorants, artistes et ouvriers, riches et pauvres, bien-portants et malades, bien-pensants et impies, chefs et manœuvres, tous applaudissent le feu qui va les dévorer.

Les impies disent:  » Nous avons remplacé Dieu par notre science » et les croyants ajoutent:  » Dieu a donné la science à l’homme pour se libérer », mais ni les uns ni les autres ne voient l’abîme ouvert sous leurs pieds ni la fumée qui monte et qui va les ensevelir pour toujours.

Nous nommons  » bien-pensants  » la plus insolente, la plus hypocrite et la plus féroce des canailles : la canaille de caste, qui domine l’humanité comme les scories surnagent sur le métal en fusion, afin qu’on puisse aisément la recueillir et la jeter aux ordures.

(XXXIX, 28, 28′, 29, 30, 30′, 30 », 31, 32, 32′, 33, 33′, 53 »)

  bombe0070NAGAZAKI

N’a gaz acquis …

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