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Où l’on voudrait enseigner à Monsieur Christophe Dechavanne, à Monsieur Marc-Edouard Nabe, à « Tribune juive », et à des dizaines de journalistes, d’animateurs et d’écrivains éminents comme eux, à employer correctement les oreilles et les guillemets.

30 août 2015

C’est très curieux. Les journalistes font des études, suppose-t-on. Les «animateurs » de téloche (étymologiquement, doués d’une âme) aussi. Même quand, comme M. Philippe Bouvard, ils ratent leur bac trois fois de suite, cela fait sûrement d’excellents journalistes. Qu’ils aient des diplômes ou pas, les « animateurs » ont une âme. L’étymologie l’assure.

Je veux dire que des journalistes doivent ou devraient être largement capables, par exemple, d’employer correctement les signes typographiques des guillemets. Ils devraient être capables d’attribuer correctement des propos, de les retranscrire avec exactitude.

Au Canada, on le sait car voici ce qui est dit (à juste titre) au sujet des guillemets :

http://www.btb.termiumplus.gc.ca/redac-chap?lang=fra&lettr=chapsect7&info0=7

« Leur fonction la plus importante, toutefois, est d’encadrer les citations; c’est leur rôle traditionnel. Citer consiste à reproduire mot à mot un texte tel qu’il a été écrit ou des paroles telles qu’elles ont été prononcées. En employant les guillemets, l’auteur garantit que les mots encadrés sont la copie fidèle de l’original, qu’il en a respecté à la lettre la syntaxe et la ponctuation, qu’il n’a modifié ni l’orthographe ni l’ordre des mots ».

En France, c’est la même chose.

Répétons. Citer consiste à reproduire mot à mot un texte tel qu’il a été écrit ou des paroles telles qu’elles ont été prononcées.

Un petit exercice à l’usage des journalistes, alors !…

L’écrivain français Olivier Mathieu, le 6 février 1990, sur TF1, demande (avec vingt-cinq ans d’avance) : « Je voudrais demander à M. Jean-Pierre Pierre Bloch s’il est prêt, maintenant, à faire une minute de silence à la mémoire des quatorze millions d’Allemands déportés en 1945 et 1946 par Staline, deux millions de morts ».

Vous noterez la politesse du propos. « Je voudrais », conditionnel. Olivier Mathieu n’impose pas. Il ne dit pas : « Je fais une minute de silence ». Il ne dit pas (impératif) : « Faisons ». Il suggère à M. Jean-Pierre Pierre Bloch : « Je voudrais demander à M. Jean-Pierre Pierre Bloch s’il est prêt à faire, maintenant »…

Politesse absolue, en outre, d’Olivier Mathieu à l’égard d’un monsieur Pierre Bloch qui, quelques instants plus tôt, s’est levé et s’est dirigé menaçant dans sa direction, et qui vient de déclarer qu’Olivier Mathieu « ne méritait qu’une paire de baffes », déclaration faite à quelques mètres des membres du BETAR, organisation paramilitaire de l’extrême droite juive en France, dirigée par le même Jean-Pierre Pierre Bloch…

J’en reviens aux guillemets.

En rang, les journalistes. Un, deux, trois ! Exercice !

Olivier Mathieu dit, donc, ouvrez les guillemets : « à faire une minute de silence à la mémoire des quatorze millions d’Allemands déportés en 1945 et 1946 ».

Fermez les guillemets.

Et là, il y a de l’extraordinaire.

Monsieur Dechavanne, tiens. Lui, il était présent en direct. C’est son émission.

Or, Monsieur Dechavanne, en 1991, un an plus tard, publie un livre où il écrit (La fièvre du mardi soir, Le livre de poche, page 84) : « Mathieu demande une minute de silence… pour l’extermination des Allemands!»

Mazette ! M. Dechavanne, en un an, n’avait jamais plus regardé l’émission ? M. Dechavanne est-il sourd ? Souffre-t-il de quelque surdité ? Ou alors, rencontre-t-il des difficultés de compréhension vis-à-vis d’une phrase prononcée en sa présence, devant lui, dans son émission ?

L’écrivain français Olivier Mathieu, le 6 février 1990, sur TF1, demande (avec vingt-cinq ans d’avance) : « Je voudrais demander à M. Jean-Pierre Pierre Bloch s’il est prêt, maintenant, à faire une minute de silence à la mémoire des quatorze millions d’Allemands déportés en 1945 et 1946 par Staline, deux millions de morts ».

Monsieur Dechavanne entend et comprend : « Mathieu demande une minute de silence… pour l’extermination des Allemands ! »

Diantre ! Il convient de faire des études de « journaliste », ou «d’animateur », pour en arriver à un tel résultat dans l’emploi des guillemets ?…

*

Passons à Marc-Edouard Nabe. Un « écrivain » !…

http://www.alainzannini.com/index.php?option=com_content&view=article&id=3165:olivier-mathieu-decouvre-kamikaze-14-ans-plus-tard-jouissiveavenise-19-decembre-2013&catid=47:blogs-internet&Itemid=66

Marc-Edouard Nabe dont le tome 4 de son journal, « Kamikaze », page 3562, sort en 2000. Dix ans après l’émission du 6 février 1990, donc.

Marc-Edouard Nabe écrit (page 3562) :

« On lui a juste laissé le temps, paraît-il, de demander une minute de silence pour les soldats allemands morts pendant la dernière guerre ».

« Paraît-il » ?… Etonnant, non ?

L’écrivain français Olivier Mathieu, le 6 février 1990, sur TF1, demande (avec vingt-cinq ans d’avance) : « Je voudrais demander à M. Jean-Pierre Pierre Bloch s’il est prêt, maintenant, à faire une minute de silence à la mémoire des quatorze millions d’Allemands déportés en 1945 et 1946 par Staline, deux millions de morts ».

L’intelligent Marc-Edouard Nabe comprend (latin intelligere) et entend :

« On lui a juste laissé le temps, paraît-il, de demander une minute de silence pour les soldats allemands morts pendant la dernière guerre ».

*

Ultime exemple.

http://pierresidos.fr/2015/03/07/pierre-sidos-notre-saint-louis-par-tribune-juive/

Dans Tribune juive, un journal donc, un journal où travaillent suppose-t-on des journalistes, des journalistes qui suppose-t-on ont fait des études, des études qui comportaient suppose-t-on l’apprentissage des guillemets, on lit :

« proposait une minute de silence à la mémoire « des 14 millions d’Allemands tués et déportés pendant la guerre ».

Etonnant, non ?

L’écrivain français Olivier Mathieu, le 6 février 1990, sur TF1, demande (avec vingt-cinq ans d’avance) : « Je voudrais demander à M. Jean-Pierre Pierre Bloch s’il est prêt, maintenant, à faire une minute de silence à la mémoire des quatorze millions d’Allemands déportés en 1945 et 1946 par Staline, deux millions de morts ».

Tribune juive entend et comprend (en 2015, vingt-cinq ans après):

« proposait une minute de silence à la mémoire « des 14 millions d’Allemands tués et déportés pendant la guerre ».

*

Les exemples exactement semblables se comptent par dizaines, par centaines. En dresser une liste serait édifiant. Et presque drôle… Des dizaines et des centaines de « journalistes », « d’animateurs » et «d’écrivains », en France, sont curieusement semble-t-il incapables d’utiliser correctement des guillemets, c’est-à-dire d’attribuer avec exactitude une citation à quelqu’un.

Ils se livrent donc à de fausses citations. Ce qui est un délit.

L’éminente, importante, influente catégorie des « journalistes », «animateurs » et « écrivains » qu’Olivier Mathieu, ce médiocre, salue avec une extrême déférence, sont-ils frappés de troubles de l’ouïe ? Ont-ils des difficultés de compréhension élémentaire ? Avaient-ils tous rendez-vous avec la petite copine, ou le petit copain peut-être, le jour où a eu lieu le cours sur l’emploi des guillemets ?

Répétez avec nous, au sujet des guillemets  : « Leur fonction la plus importante, toutefois, est d’encadrer les citations; c’est leur rôle traditionnel. Citer consiste à reproduire mot à mot un texte tel qu’il a été écrit ou des paroles telles qu’elles ont été prononcées. En employant les guillemets, l’auteur garantit que les mots encadrés sont la copie fidèle de l’original, qu’il en a respecté à la lettre la syntaxe et la ponctuation, qu’il n’a modifié ni l’orthographe ni l’ordre des mots ».

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