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« Ces émissions qui nous ont marqués » sur TMC et « Ciel mon mardi » de Christophe Dechavanne du 6 février 1990, entretien exclusif d’Olivier Mathieu (août 2015).

29 août 2015

Jean-Pierre Fleury : « Il y a quelques jours, sur TMC, a été diffusée une émission intitulée « Ces émissions qui nous ont marqués », suivie par 700.000 voire un million de personnes. On y voit de très anciennes images de vous, des images qui datent d’un quart de siècle. Il s’agissait de l’émission « Ciel mon mardi ». Et en plus, M. Dechavanne utilise votre image (sans vous demander votre avis) pour en faire un GIF, dans la présentation de l’émission !… Voulez-vous nous dire vos réactions principales, Olivier Mathieu?»

Olivier Mathieu : « Très volontiers. Pendant l’émission de TMC, on voit Christophe Dechavanne et son collègue Patrick Carmouze déclarer ce qui suit, en substance : il y a eu un « deal », expliquent-ils, l’émission devait parler de l’extrême droite mais pas du révisionnisme »…

Jean-Pierre Fleury : « Et donc ? »

Olivier Mathieu : « Je les remercie. C’est très aimable à eux de le confirmer, en 2015. En effet, ce deal, comme ils disent en 2015, c’est moi le premier qui en ai révélé l’existence, dès le 6 février 1990 au soir, en disant textuellement : Il faut que les téléspectateurs sachent quelque chose. Vous m’avez interdit, Monsieur Dechavanne, de parler du révisionnisme ».

Jean-Pierre Fleury : « En effet, vous avez été le premier à désirer que les téléspectateurs soient ainsi mis au courant de cette interdiction qu vous avait été faite».

Olivier Mathieu : « Dans son livre La fièvre du mardi soir, paru en 1991, page 82, Christophe Dechavanne en personne écrit  à mon sujet : « Mais quand on l’a contacté pour l’inviter, on ne savait pas tout. On l’avait convié sur le plateau pour parler de l’extrême droite. Pas du révisionnisme. Lorsqu’on s’aperçoit, avant l’émission, de ses fâcheuses tendances à nier l’évidence historique, il nous donne sa parole d’homme qu’il n’en parlera pas».

Jean-Pierre Fleury : « Certes, on pourrait peut-être se demander comment un journaliste professionnel fait pour inviter quelqu’un dont il ne sait pas tout. Et ensuite, comment ce même journaliste fait pour interdire certains sujets à quelqu’un dont il déclare ne pas tout savoir. Mais pardon, je vous ai interrompu »…

Olivier Mathieu : « Je vous en prie. Page 83 du même livre, le même Christophe Dechavanne écrit : « Quand je lui donne enfin la parole, au bout d’un moment, il crie à la censure. Il raconte que je lui ai interdit de parler de révisionnisme ».

Jean-Pierre Fleury : « En effet, la chose est claire, il vous avait effectivement interdit de parler de révisionnisme : Christophe Dechavanne l’a donc confirmé en 2015, dans l’émission de TMC ».

Olivier Mathieu : « Qu’il en soit encore remercié. Un autre problème est cependant, me semble-t-il, qu’un journaliste ou qu’un animateur de télé, dans une démocratie, interdise (sic) à quelque invité que ce soit de parler de ce dont il veut. Le problème est qu’un simple journaliste établisse une discrimination entre les sujets qui seraient « autorisés » (sic) et les sujets qui ne seraient « pas autorisés » (sic). Ce n’est pas à un journaliste de décider de quoi doit parler un invité, à moins que l’on ne veuille vivre dans un monde ou une société où le journaliste qui fait l’interview dicte à l’interviewé ce qu’il doit dire (ou pas dire)… »

Jean-Pierre Fleury : « Sur TF1, on a bien eu la fausse interview de PPDA à Fidel Castro »…

Olivier Mathieu : « Oui, c’est exact !… Mais pour en revenir à Ciel mon mardi du 6 février 1990, il y a autre chose à dire. Supposons même qu’il y ait des sujets, dans une démocratie, dont il serait interdit de parler. Même si précisément la démocratie pose, par principe, qu’il est permis de parler de tout. Mais même s’il existait une interdiction de parler de quelque chose, cette interdiction devrait émaner de la loi, ou d’une autorité en place. Même s’il existait une interdiction de parler de quelque chose, une telle interdiction ne saurait être décidée unilatéralement par un journaliste de télé »…

Jean-Pierre Fleury : « En outre, déjà le simple respect de la chronologie indique que l’émission ayant eu lieu le 6 février 1990, donc avant la promulgation de la Loi Fabius-Gayssot, laquelle date du mois de juillet suivant, les propos que vous avez tenus ne tombaient pas sous les coups de quelque loi que ce soit alors en vigueur ».

Olivier Mathieu : « C’est exact. Il est donc absurde qu’un journaliste, Christophe Dechavanne, et / ou son équipe de journalistes, ait prétendu unilatéralement interdire à un écrivain et citoyen français, en février 1990, de dire ce qu’il voulait sur le sujet qu’il voulait. Imaginons ce qui se serait passé ou ce qui se passerait si, en Iran, à Cuba, en Corée du Nord, ou dans n’importe quel autre pays, un journaliste interdisait à un invité tel ou tel sujet… Une interdiction, celle de Christophe Dechavanne, qui ne s’appuyait même pas sur le respect d’une loi qui, à ce moment-là, aurait été approuvée par le Parlement français! Dans une démocratie, ce ne sont pas les journalistes ou animateurs – comme Christophe Dechavanne – qui devraient décider de ce qui est à dire ou pas à dire. Sinon, tel ou tel journaliste pourrait décider qu’on ne peut pas parler d’astrologie, ou d’extraterrestres, ou de philosophie, ou de quoi que ce soit d’autre ».

Jean-Pierre Fleury : « C’est en effet à la loi de juger. Et évidemment, vous n’aviez enfreint aucune loi alors en vigueur, puisque cette émission ne vous a valu aucun dépôt de plainte contre vous. Il en irait peut-être autrement aujourd’hui, si l’on vivait sous le régime de lois rétroactives, ce qui n’est heureusement pas le cas dans une démocratie ».

Olivier Mathieu : « Oui, les choses semblent assez claires. Le 6 février 1990, on a ainsi vu un journaliste-animateur interdire à un invité de parler d’un sujet donné. Ce journaliste-animateur confirme cette censure en 2015, un quart de siècle après ».

Jean-Pierre Fleury : « Christophe Dechavanne, naturellement, pense ce qu’il veut ».

Olivier Mathieu : « Oui, parfaitement ! Christophe Dechavanne pense ce qu’il veut. Mais justement, ce que pense le journaliste ne devrait pas entrer en conflit avec ce que pense l’interviewé. Si un journaliste interviewe un footballeur, le public se moque probablement de ce que pense le journaliste du football. Si un journaliste interviewe un pédophile, le public se moque probablement de ce que pense le journaliste de la pédophilie. Ceci devrait valoir pour tous les sujets. Le problème, me semble-t-il, est d’organiser des émissions où le spectateur croit assister à un spectacle honnête, démocratique justement, où rien n’est truqué. Mais une émission est truquée si, dans les coulisses et dans l’ignorance du grand public, les journalistes-animateurs se mettent d’accord avec les invités au sujet de ce qui sera dit ou pas dit. Je suis donc sans doute l’un des rares ou l’un des premiers, le 6 février 1990, à avoir respecté le public en déclarant que : Il faut que les téléspectateurs sachent quelque chose. Vous m’avez interdit, Monsieur Dechavanne, de parler »…

Jean-Pierre Fleury : « Et ceci ne doit pas être pris, en 2015, de votre part, pour une défense des milieux révisionnistes ! C’est ce que j’ai d’ailleurs expliqué dès 2009 dans mon livre, la biographie de 400 pages que je vous ai consacrée, intitulée Olivier Mathieu dit Robert Pioche, le dernier romantique ».

Olivier Mathieu : « En rien. J’ai eu souvent l’occasion de dire, depuis 1990, la déception – pour ne pas dire davantage – que m’ont causée et que me causent ces petits milieux, ces micro-milieux, que je ne fréquente plus depuis vingt-cinq ans, que je ne fréquenterai plus jamais et qui ne m’intéressent plus. Peu importe qu’ils s’appellent « révisionnistes » et que leurs adversaires les définissent comme « négationnistes ». Je n’ai plus aucun contact avec ces gens. Je ne veux surtout plus en avoir. De leur côté, ils m’ont insulté à des dizaines de reprises sur leurs sites. Je leur rends leur mépris. Or moi, je ne défends rien d’autre que moi-même et ma pratique de la littérature. Je n’ai besoin ni des révisionnistes, ni des journalistes comme Christophe Dechavanne, pour me dire de quoi je devrais parler ou pas, ou comment je devrais en parler. J’entends me situer à égale distance des milieux révisionnistes et des innombrables Messieurs Dechavanne. Je suis un écrivain, un auteur indépendant, un homme libre, et point final. Mais certainement pas un militant de quoi que ce soit, ou un conformiste de quelque cause que ce soit. Surtout, on devrait comprendre une chose, à savoir que je ne suis certainement pas d’extrême droite et que je ne l’étais pas lors de l’émission Ciel mon mardi. J’avais les cheveux longs, et il y avait en revanche un militant d’extrême droite à la nuque rasée qui braillait « qu’il n’était pas avec ce monsieur ». Le monsieur en question, c’était moi. Dont acte. Moi, je n’ai jamais été à l’école, je me suis fait réformer du service militaire, je ne suis pas catho et je me suis fait excommunier par débaptisation, et pendant les quelques années où j’ai fréquenté des milieux d’extrême droite j’ai passé mon temps à leur dire que je n’étais pas d’extrême droite. En 1992 il y avait des torchons d’extrême droite qui appelaient leurs militants à me casser la gueule à vue. Ah bon, je suis d’extrême droite moi ? J’ai donné aussi en particulier une longue interview à Michel Marmin, en 2003, il y a donc plus de dix ans, dans le journal Eléments, où j’explique en long et en large que je N’ai JAMAIS été d’extrême droite. Cela dit, il est évident que ça arrangeait quelqu’un en 1990, et que ça doit encore arranger certains en 2015, de me faire jouer le rôle de l’épouvantail d’extrême droite»…

Jean-Pierre Fleury : « M. Dechavanne a-t-il oublié de dire quelque chose ? »

Olivier Mathieu : « Moi, je tiens à le remercier encore, parce qu’il profite de ce genre d’émissions pour se corriger lui-même. Par exemple, dans son livre La fièvre du mardi soir, page 84, il écrivait : « Mathieu demande une minute de silence… pour l’extermination des Allemands ». Textuel !… Or je n’ai jamais demandé une minute de silence « pour l’extermination des Allemands »…

Jean-Pierre Fleury : « En effet, il suffit d’écouter l’émission pour s’en rendre compte ».

Olivier Mathieu : « Et l’émission de TMC aura permis de voir et d’entendre, à qui sait voir et entendre, que j’avais parlé des populations civiles transportées en Allemagne de l’Ouest après la seconde guerre mondiale, et transportées comme l’avait établi la conférence de Potsdam ( https://fr.wikipedia.org/wiki/Conférence_de_Potsdam ).

Jean-Pierre Fleury : « Je me souviens. En 1990, vous avez parlé de quatorze millions de civils allemands déportés, dont deux millions de morts. Vous l’avez dit en 1990. Et en 2012, dans Le Figaro, je lis : L’historien américain R. M. Douglas évoque la «dégermanisation» de l’Europe centrale après 1945. Combien furent-ils à mourir de froid, de faim ou de mauvais traitements au cours de ce qui fut, selon R. M. Douglas, «le plus grand transfert de population de l’histoire de l’Humanité»? De 500.000 à 1.500.000 selon les estimations ».

Olivier Mathieu : « Il faudrait indiquer la source de cet article ».

Jean-Pierre Fleury : « La voici ( http://www.lefigaro.fr/livres/2012/10/04/03005-20121004ARTFIG00680–les-expulses-ces-allemands-victimes-de-la-guerre.php ). Vous êtes simplement extrêmement vous. Il n’y a sans doute plus que Christophe Dechavanne qui, en France, vous prenne pour quelqu’un d’extrême droite. Ou fasse semblant de vous prendre pour quelqu’un d’extrême droite… Dans l’émission de TMC, il a encore parlé de l’extrême droite, même si n’ont été diffusées que des images de vous, mais surtout pas des deux autres invités qui, le 6 février 1990, eux, revendiquaient leur appartenance à l’extrême droite ! Curieux non ? C’est quasiment drôle, infantile, amusant… Faudrait-il donc absolument marteler dans le grand public l’idée que vous seriez « d’extrême droite ». Et pourquoi donc ? Qui sait, qui sait ? »…

Entretien (fin août 2015) recueilli par Jean-Pierre Fleury.

SOURCES, A LIRE :

Christophe Dechavanne, La fièvre du mardi soir, Le livre de poche, 1991.

Michel Marmin, interview d’Olivier Mathieu : http://www.fattore.com/Confession.htm

Jean-Pierre Fleury, docteur de l’Université de Nantes : Olivier Mathieu dit Robert Pioche, le dernier romantique, biographie, 400 pages, 2009.

Jean-Pierre Fleury : http://fr.scribd.com/doc/43977856/Olivier-Mathieu-dit-ROBERT-PIOCHE-entre-Ciel-mon-mardi-et-l-Academie-francaise-par-Jean-Pierre-Fleury#scribd

01 expulsés

Expulsion des Allemands :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Expulsion_des_Allemands_d%27Europe_de_l%27Est

Allemands-Sud-tes-expuls-s

Expulsion des Allemands :

http://www.franceculture.fr/emission-la-fabrique-de-l-histoire-allemagne-24-2014-11-04

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