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COURAGEUX PAR DÉLÉGATION ET CRITIQUES PAR ALLUSION

12 août 2015

L’Immonde…

Ce n’est pas le courage qui étouffe les sinistres sionistes pisse-copie « de gauche » (sic!) du moins en moins « grand journal du soir » mais plus que jamais feuille du conformisme le plus moisi, « journal de tous les pouvoirs » comme on le surnommait il y a déjà bien longtemps de ça.

Il faut quand-même savoir que L’Immonde s’est construit sur la ruine du grand journal d’avant-guerre Le Temps qui vira collabo. C’est De Gaulle qui a la fin de la guerre patronna l’émergence de ce journal dit « de référence » mais surtout journal du plus grand respect pour tous les ordres établis, du moins avant tout de l’ordre (r)établi occidental. Une sorte de journal officiel pour lesdites élites.

L’aventure du Monde commencée par l’occupation tout à fait légalisée des locaux du Temps, la « récupération » (je ne dirais pas « révolutionnaire ») de ses machines et de ses employés, s’achève de nos jours dans un lèche-bottisme impérial assez sidérant, doublé d’une décrépitude langagière qui l’amène à faire des fautes d’orthographe voire de syntaxe, pour ne pas parler de l’usage d’un lexique de plus en plus « croquignol », lui qui autrefois se targuait d’être également une référence dans le domaine de la défense et de l’illustration de la langue françoise. Que sont devenus les protes ?

Comme quasiment toute la presse nationale et régionale (subventionnées par nos impôts et aux ordres), L’Immonde ne déroge pas à la fuite des lecteurs, non pas tant à cause du développement de l’audio-visuel et d’Internet, qu’à cause de son conformisme et de sa veulerie intrinsèques.

Comme chez les copains-coquins, la diffusion de ce journal est en chute importante. La diffusion totale payante et non payante (institutionnelle par exemple, qui est très loin d’être négligeable) était d’environ 200.000 exemplaires en 1964, 350.000 en 68, 400.000 en 2001 ; en 2014 elle était en dessous de 300.000. Il faut ajouter que ceci intervient alors que l’aspect austère et sérieux du journal a cédé la place à un journal fortement allégé d’articles de fond, avec un développement de l’image, une présentation moins serrée et la disparition pure et simple de certaines rubriques, etc. Étant entendu que la population française de 2015 n’est pas celle des années soixante.

*

De nos jours on peut se passer des diverses Voix de son Maître, ou voix de leurs maîtres, tant sur le papier qu’à la radio ou à la télévision. Et les informations, les analyses et les enquêtes les plus importantes, les plus éclairantes et les plus libres ne sont plus dans les gazettes estampillées. Et ceci de l’extrême-gauche à l’extrême-droite. Mais sur Internet vrai danger pour les pouvoirs en place. Internet a donné une force de diffusion considérable à tous ceux qui jusque là contestaient dans leur coin et sur des supports lus que très marginalement et « entre-soi ».

Mais il faut savoir aussi que les plus malins de la racaille journalesque, a fort bien compris le poids d’Internet. Par exemple, un personnage hautement trouble comme l’ancien de l’Immonde Plenel et son Mediapart, celui qui déclarait encore en 2001 (in Secrets de Jeunesse) « Le trotskisme comme expérience et comme héritage fait à jamais partie de mon identité, non pas comme un programme ou un projet, mais comme un état d’esprit… » (on ne saurait mieux dire, cela ressemble à l’expression : quand on est stalinien c’est pour la vie, même et encore plus en changeant de camp) et qui a viré (mais a-t-il viré finalement ?) comme tant d’autres gauchistes dans le genre néo-conservateur et agent de l’empire avec un brin de « dissipation » et de fausse critique. Auteur de cette jolie maxime totalitaire : « Un journaliste du Monde doit apprendre à penser contre lui-même » (Le style du Monde, janvier 2002). Personnage qui en compagnie de Colombani a fini de ranger L’Immonde dans le camp de l’Empire. Un peu comme à leurs niveaux Val et Charb ont retourné politiquement Charlie ancienne manière. Ce qui est remarquable est que ces retournements, ou poussées vers le gouffre infernal impérial, sont le fait de gens de gauche, pour ne pas dire d’une certaine gauche extrême. On atteint là le bout absolu de la décrépitude de la gauche.

Colombani, membre de la FAF (sic !) comme il se doit (French American Foundation), quant à lui, dirige une succursale Internet d’une officine étatsunienne : Slate. Quand dans un autre secteur Schwartz-Sinclair (la lumière dans l’ombre, ou l’ombre dans la lumière) dirige « la section française » du Huffington Post, site Internet vivant de la publicité et détenu en France à 51 % par la maison-mère américaine, à 34 % par Le Monde et à 15 % par le banquier Mathieu Pigasse.

Le Monde est lui-même la propriété du « groupe Le Monde », détenu maintenant depuis 2010 par Xavier Niel fondateur de Free-mobile, Pierre Bergé qu’on ne présente plus et Mathieu Pigasse, ancien administrateur civil du ministère de l’Économie et des Finances, directeur général délégué de la banque Lazard en France et vice-président de Lazard en Europe, ainsi que propriétaire et président du magazine… Les Inrockuptibles. Que le monde est petit, en effet. Du moins leur monde !

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Répétition des idées dominantes, mauvaise foi, censure, absence totale d’objectivité, silence complice, on connaît la manœuvre de l’Immonde par cœur. Personnellement je situe ça en quelques articles, du moins c’est ceux-là qui me reviennent à l’esprit :

1/ l’infecte texte collectif de prétendus universitaires et parfaits fonctionnaires lobotomisés de la fin des années soixante-dix qui, Vidal-Naquet en tête, affirmait qu’il ne saurait y avoir de discussion sur un point d’histoire (les dites chambres à gaz homicides) ; et toute sa suite sans discontinuer depuis et jusqu’à nos jours ;

2/ le pitoyable article (celui-là je pense être le seul à m’en souvenir) d’un dénommé Meyer ou Weber, qui présentait un universitaire européen qui « enfin passait à des choses sérieuses » (je ne sais plus lesquelles) « après avoir perdu son temps » (sic) à étudier et à enseigner le roumain (vous vous rendez compte, le roumain !!!) en je sais plus quelle université d’Europe centrale ;

3/ un autre qui finalement prenait fait et cause pour les autorités chinoises contre les rares personnes qui, au mur des dazibaos de Pékin, réclamaient (ô les petits-bourgeois suppôts de l’Occident !) la dernière modernisation, c’est-à-dire ladite démocratie (parlementaire), et se retrouvaient en prison ;

4/ et tous ces articles à sens unique glorifiant les gentils croates, slovènes, bosniaques, kossovars albanais… victimes des serbes immondes accusés de tous les maux (même celui d’être des « fachos », eux dont les parents furent les premiers et quasi uniques opposants au dit « fascisme » en Yougoslavie !) ;

5/ cet article enfin du Frankenstein de la médecine, je veux parler de Kouchner qui réclamait des morts irakiens lors de la première Guerre du Golfe et évoquait les opposants écologistes à la guerre sous les termes de « munichois » et de « Verts-de-gris »…

Pantins !

Donc je n’attends jamais grand chose de L’Immonde (que je survole de très très loin comme les autres) dans nombre de domaines et dans ceux de l’analyse de la politique nationale ou internationale en premier lieu. Y compris du Monde Diplomatique qui ronronne depuis des années dans un tiers-mondisme ambigu et qui demeure conformiste ou muet sur tous les sujets réellement brûlants. Je ne peux donc espérer mieux de cette officine que cet article biaiseur qui vient de reparaître (il y a un jour, ou deux, ou trois) et que l’on peut lire sur Internet.

Ouvrez les guillemets.

*

En 2012, nous publiions cet article, racontant la colère des artistes de Tel-Aviv qui, lassés d’être utilisés pour améliorer l’image du pays, ont refusé de participer à la “Nuit blanche”. Un boycott qui fait écho à la polémique autour de l’événement “Tel-Aviv sur Seine”, organisé par la mairie de Paris, en août 2015.

Au vu du comportement de ses forces de l’ordre et de ses fonctionnaires chargés de la culture, Ron Huldaï, le maire de Tel-Aviv, semble décidé à administrer sa ville comme s’il s’agissait d’une base militaire ou d’une succursale du gouvernement de droite, et à traiter ses concitoyens comme Tsahal ose traiter les Palestiniens. Par exemple en expulsant les réfugiés [africains] au lieu de les protéger.

Dès lors, dans le milieu artistique, beaucoup sont déterminés à montrer à Huldaï ce qu’ils pensent de sa politique et de sa vision bling-bling de la culture. C’est ainsi qu’il faut comprendre la décision de plusieurs galeries d’art de ne pas participer à la “Nuit blanche de Tel-Aviv” le 28 juin [2012]. Cette rupture n’est qu’un épisode de plus dans la dégradation des relations entre la mairie et la scène artistique.

Israël, un label difficile à vendre

En novembre 2011, la mairie mettait sur pied Ir Olam [Ville du monde ou Global City], une structure censée succéder à l’Administration du centenaire [[sic]] de Tel-Aviv. A cette occasion, sa directrice, Hila Oren, organisait un événement tapageur intitulé “2012, année des arts”. Devant le gratin des galeries d’art, elle a prononcé un discours dans lequel elle multipliait les appels du pied à la “classe de la création” et à la “jeune génération créative”, qu’elle présentait comme un “moteur économique”. Quant à Tel-Aviv, il ne s’agissait à ses yeux ni plus ni moins que d’un branding [[resic]], un marqueur censé permettre aux galeries d’art de conquérir le marché international, mais aussi un “outil de contournement du conflit”, vu qu’“Israël est un label difficile à vendre”.

Les artistes Moran Houb et Jack Faber en sont sortis de leurs gonds. “Déclarer qu’Israël est ‘un label difficile à vendre en raison du conflit avec les Palestiniens’ et que la marque Tel-Aviv permet de le contourner, cela ne relève pas seulement du pur cynisme. Cela nous force à déduire qu’une forme de censure va peu à peu s’imposer à toute activité artistique évoquant peu ou prou le conflit [avec les Palestiniens], l’occupation ou même la situation politique.”

Les bouffons de la cour

Le soutien de la mairie à la culture et aux arts a toujours été fondé sur des intérêts mêlés de réalisations commerciales et de relations publiques. Les ateliers d’artistes établis en 1988 étaient destinés à servir de vitrine à la ville. Les “espaces d’artistes” ouverts après la guerre du Golfe [de 1991] dans les abris antiaériens ont permis de transformer ces derniers en espaces civils rentables, tout en veillant à ce qu’ils restent fonctionnels, au cas où.

Mais c’est sans doute sous Ron Huldaï que l’exploitation touristique et mercantile des arts et des artistes a atteint des sommets de cynisme et de décérébration écœurants. Certes, dans cette ville, les artistes ont toujours joué le rôle de bouffons de cour pour la classe possédante des géants de l’immobilier et de la finance. Ce qui est nouveau, c’est que les artistes ont commencé à comprendre dans quelle pièce on les faisait jouer.

Fini le ludisme culturel [[sic]]

Dans cette ville prétendument libre, les artistes, soi-disant vecteurs de libre expression, ont longtemps intégré qu’ils pouvaient exprimer leur sensibilité politique à travers leur art à condition d’éviter de tenir des propos explicitement politiques. Il était acceptable de dépeindre les réfugiés avec sensibilité, de mettre en scène d’interminables chorégraphies multiculturelles, de produire des séries télé dans les quartiers les plus “cool” de Tel-Aviv ou de faire de la Gay Pride de Tel-Aviv un objet d’exportation. Mais il n’était pas acceptable de revendiquer concrètement des conditions de vie humaines pour les habitants des quartiers sud [quartiers pauvres de Tel-Aviv] ou pour les réfugiés.

Depuis l’été 2011, les artistes essaient de dire à la mairie qu’ils sont conscients de la volonté de la Ville de transformer cyniquement la création en produit d’exportation. Ce qui est remarquable, c’est que l’appel à boycotter la “Nuit blanche” provient de l’intérieur même du système, d’un monde de galeries privées qui n’a financièrement nul besoin de l’aide de la mairie. Ce qui est tout aussi remarquable, c’est la solidarité témoignée par les galeries envers de jeunes artistes qui, pour la plupart, n’ont tout simplement plus de quoi se payer un logement ou un atelier, pas même dans les quartiers paupérisés du sud. Le voile d’hypocrisie s’est enfin déchiré. Il n’est plus question de ludisme culturel, mais de rapports de force.

Galia Yahav

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