Skip to content

Petit fait d’été.

3 août 2015

C’est un petit cirque, il s’est installé là où il a pu, sur un terrain qui accueillait l’été dernier encore et sans gros problème plusieurs centaines de manouches évangélistes.

Déjà, il est arrivé d’une ville touristique océane où les affaires n’avaient pas été florissantes. Ici, on lui a envoyé les gendarmes, heureusement par ailleurs que tous ses papiers étaient en règle, on l’a finalement toléré pour la semaine.

Le petit cirque a pris ses affiches et s’est rendu à la ville maritime vraiment toute proche. En ce lieu on lui a dit : tu ne colleras pas tes affiches sur les panneaux de chez nous.

J’ai pourtant connu un temps où de petits cirques (généralement locaux ou régionaux) faisaient halte en quelques endroits de la ville encore munis d’herbe et d’espace libre. Où d’ailleurs une grande place accueillait les grands cirques. Mais la place est devenue immeubles! On ne compte plus ici les espaces libres (places, partie de jardin des plantes même, ou encore vieux stade municipal…) livrés au béton de la spéculation immobilière. Celle qui tisse des liens étroits entre le politique et le financier. C’est ce qu’on appelle "animation de la cité".

Et comme c’est bien fini le temps, comme j’en vis en ma jeunesse, des parades circassiennes dans les rues pas encore envoiturées, faute d’avoir pu informer de son passage, faute de suffisamment de spectateurs, le petit cirque a dû annuler toutes ses représentations de la semaine. Il faut pourtant payer ses employés et ses artistes (il en a même fait venir un, le naïf, tout droit de Las Vegas), il faut pourtant nourrir toute sa ménagerie.

Certes, il ne s’appelle pas Cirque Zavatta et ne peut pas comme lui parcourir en porte-voix, et tous les jours, les rues de la ville en informant de son passage. Son directeur n’est pas pied-noir, ni membre de la Grande Loge de France comme le fut autrefois Alfonso dit Achille, ce qui ouvre des portes, même une fois mort, à ses descendants. Eux qui ont ressorti l’enseigne Zavatta après sa ruine et son rachat par feu monsieur Edelstein, fils de marchand de tissus et organisateur de concerts de rock dans les années soixante, et alors PDG de Pinder.

Le petit cirque sans nom connu ne peut pas rivaliser avec Zavatta ; et ce dernier lui-même, qui était présent toute une partie de l’été depuis des années sur un terrain municipal, a dû aller se faire voir ailleurs : le terrain est devenu route.

Le petit cirque va se rabattre sur de petites cités de l’arrière-côte environnante. On y trouve encore des "attardés" non blasés, des gens encore un peu curieux et heureux de voir leur contrée s’animer quelques jours, malgré la léthargie estivale parfois lourde au milieu des champs. Le père du directeur du cirque lui avait prédit : tu verras dans dix ans ! Et là, il voit, il y est.

J’oubliais de préciser que la cité maritime est une petite ville dirigée depuis un siècle environ (hormis la période de la seconde guerre mondiale) par de dits socialistes et assimilés.

Et le petit cirque, d’un autre temps, d’un autre lieu, d’une autre culture que la sous-culture décomposée adulée par les prétendus socialistes et les prétendus "de gauche", n’y a pas droit de cité car il ne fait pas partie de la maffia des "copains-coquins" cultureux habituels.

Et puis, le cirque ancien, traditionnel, artisanal, est probablement jugé "non progressiste" ! Ringard, polluant! “De rien” !

Salauds "de gauche" !

Publicités

From → divers

Commentaires fermés