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TSIPRAS LE FANTÔCHE DU GRAND CAPITAL

23 juillet 2015

À tout prendre, et après avoir un peu approfondi cette histoire de référendum grec, il apparaît bien que celui-ci a été une vaste mascarade du même niveau qu’un certain référendum de 2005 en France. J’ai été le premier à m’y laisser prendre pour ne pas avoir assez réfléchi à son contenu.

Retournant en arrière, j’ai écouté une causerie de l’une des rares personnes du monde de la politique qui actuellement a une vision éclairée de ce qui se passe en Europe, et qui suit toute cette salade de près. Il s’agit de François Asselineau, le gaullien social et humaniste*, qui quelques jours avant le référendum en dénonçait finalement et déjà l’ineptie.

En effet le NAI (oui) n’a jamais signifié rien d’autre que : nous acceptons les mesures esclavagistes de l’Union Européenne. Et le OCHI (non) que : nous demandons à ce que les négociations se poursuivent pour un peu moins d’esclavagisme.

La bonne question, les bonnes questions et les seules qui méritaient quelque attention, n’ont pas été posées pour la bonne, ou plutôt pour la mauvaise raison que la dite « gauche radicale » au pouvoir en Grèce (soutenue par une certaine « droite nationale ») est favorable à l’euro et à la Communauté européenne.

Et ces questions étaient : 1 / Devons-nous quitter l’euro ? 2/ Devons-nous quitter la Communauté européenne.

Et je comprends mieux pourquoi il y a eu si peu finalement d’électeurs grecs à se rendre aux urnes, car en fait, la consultation n’avait grand impact et (je le dis avec plus de recul) était proche de la fumisterie intégrale.

La Grèce est un petit pays par rapport à la France, il comptait 9 858 508 électeurs lors du référendum. 6 161 140 de personnes ont participé au vote. 357 346 ont voté blanc ou nul. 3 558 306 ont dit « non », soit environ 36 % des personnes inscrites sur les listes électorales. 2 245 487 ont dit « oui », soit 23 %. À chacun de juger.

Comme le dit très bien Asselineau, qui connaît les textes, rien n’a été prévu dans les traités européens dans le cas où des états voudraient exclure un pays de l’euro ou de la communauté européenne. Donc ce qu’a fait Tsipras n’a été que de la surenchère gauchiste. Ceci sur un fond d' »antifascisme » ressurgissant de la Dernière Guerre, remodelé en anti-germanisme. Sachant très bien que les autres États (l’Allemagne et la France en tête, les plus gros pourvoyeurs de prêts, je précise de prêts sur du vent puisque tous les États et nous avec, sommes intégralement endettés et sommes pieds et poings liés à la Finance internationale « pour toute éternité ») ne pouvait « virer » la Grèce de l’euro. La plus grosse épine du pied d’Europa fort décatie, avec les autres pays du Midi ou de sa périphérie.

Il n’existe pas de texte européen sur la manière de sortir de l’euro, par contre il existe l’article 50 de la Constitution européenne qui permet (fort heureusement encore) à tout État de quitter l’Union européenne, donc de quitter l’euro de facto.

Jacques Sapir écrivait le 17 juillet dernier :

« Le drame que vit la Grèce nous aura au moins appris deux choses : le lien qui existe aujourd’hui entre l’euro et l’austérité et l’attachement d’une partie de la gauche à l’euro, un attachement qui la conduit, maintenant de plus en plus rapidement, à sa perte. La première de ces choses permet de comprendre pourquoi les autorités de la zone euro se sont montrées à ce point inflexibles. Le second nous explique pourquoi Alexis Tsipras s’est laissé poser la tête sur le billot et n’a pas choisi de rompre quand il le pouvait, c’est-à-dire dans la nuit du 5 au 6 juillet, après la victoire du « Non » au référendum. »

Avec une grosse erreur d’appréciation. Les nombreux discours de Tsipras (sorte de Mélenchon local) montrent maintenant bien clairement et dans les faits qu’il n’a jamais voulu rompre avec l’euro et que le « non » n’était pas un « non » à l’euro mais un « non » à un simple état des négociations destinés à mieux manger la Grèce déjà exsangue et sans graisse.

Dans cette pantalonnade, les députés grecs ont encore fait plus vite que les élus français pour dénier toute valeur à un référendum. En tête le pitre Yánis Varoufákis (qui se définit lui-même comme « marxiste libertaire » et qui démissionna de son poste de ministre de l’économie dès le lendemain du référendum du 5 juillet) qui en compagnie de 230 députés – sur un total de 298 présents – vient de voter en faveur de la réforme de la justice civile et la transposition d’une directive européenne sur les banques.

Ce gauchiste a pourtant osé déclarer le 15 juillet dans Le Journal des Rédacteurs qu’il était entré en politique « pour être aux côtés d’Alexis Tsipras dans la lutte contre la servitude de la dette » ! Mais il a aussi dit lors d’un entretien accordé le 21 juillet à la chaîne américaine CNN, son premier entretien internationale depuis sa démission le 6 juillet, que si le peuple a voté “non” à plus de 60% des voix à de nouvelles aides européennes, il a rapidement reconnu que “la position du gouvernement allait être de dire oui”.

Potentiellement, Syriza dit « de la gauche radicale » dirigé par Tsipras, et son allié de la droite souverainiste ANEL, totalisent 162 sièges sur 300. Or, lors du vote de ce deuxième volet de mesures, 36 députés ont fait défaut en votant contre (31) ou en s’abstenant (5). Alexis Tsipras reste donc sans majorité parlementaire et a dû compter sur l’opposition pour faire passer ces (ou ses) mesures.

Normalement dans peu de temps, Syriza va finir aux poubelles de l’histoire et c’est tant mieux. À moins qu’Aube Dorée ne récupère toutes les billes, ce qui serait une autre sorte d’impasse.

Encore un bel exemple de à quoi sert l’extrême-gauche (de la bourgeoisie) dans la société capitaliste. Quel numéro de cirque !!!

* c’est quand même quelqu’un d’assez lucide qui parle de « dictature européenne », d' »impérialisme américain » et de Sarkozy et Hollande comme étant des paltoquets, des minables. Il a même évoqué Hollande comme étant ce triste collabo qui fuit et va se cacher dans un trou de rat à chaque alerte. Et qui fout la honte mondiale à notre pays.

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