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Du Parasitisme — annexes à un précédent article

20 juillet 2015

Pour bien comprendre d’où viennent et ce que sont réellement les États-Unis il suffit de dire quelques mots du pedigree de George Washington (1732-1799) qui fut le chef d’état-major de l’Armée continentale pendant la guerre d’indépendance (1775-1783, guerre contre les taxes anglaises et pour le « libre-échange » à laquelle participa l’aventurier franc-maçon marquis de La Fayette), puis le premier président des États-Unis de 1789 à 1797.

Il était l’un des plus riches planteurs de Virginie. En 1752, il achètera cent dix-huit esclaves. En 1759, il se mariera avec une femme qui possédait déjà 286 esclaves, puis cette dernière lui achètera 39 autres esclaves.

Il était bien évidemment d’origine protestante. Ajoutons que l’un de ses ancêtres, un dénommé Martiau, était un huguenot originaire de l’île de Ré qui s’installa en Virginie en 1620. Celui-ci, le monde est vraiment petit ! est également un ancêtre du côté maternel de l’actuelle reine du Royaume-Uni.

La même année où il achetait ses esclaves, c’est-à-dire à l’âge de vingt ans, Washington faisait ses premiers pas dans la franc-maçonnerie à la loge n° 22 d’Alexandria.

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L’approche du personnage de Gilbert du Motier, marquis de La Fayette, dit « La Fayette », ou « Lafayette » comme il l’écrivait lui-même (né en 1857 à Chavagnac en Auvergne, mort en 1834 à Paris) est également très instructive.

Dès les débuts de la Révolution française, alors qu’il était un officier et un dit libéral, il se spécialisa dans l’arrestation d’émeutiers ; lors de la discussion de la loi sur les attroupements il avait déjà déclaré : « Pour la révolution, il a fallu des désordres, car l’ordre ancien, n’était que servitude, et, dans ce cas, l’insurrection est le plus saint des devoirs ; mais pour la constitution, il faut que l’ordre nouveau s’affermisse, et que les lois soient respectées ». Il en acquit par Mirabeau, « le titre » de « Gilles César » qu’Antoine Rivaroli dit Rivarol ou De Rivarol, transforma en « César Gille ».

Dans les journées des 5 et 6 octobre 1789 (la marche des femmes et de la Garde Nationale commandée par La Fayette sur le château de Versailles) il se signala par son incompétence quand des insurgés vindicatifs entrèrent malgré la présente de la Garde Nationale dans le château pendant la nuit. C’est à la suite de ce fait que le même Rivarol lui octroya le surnom de « Général Morphée » dans son pamphlet Vie politique et privée du général La Fayette.

Dans son Petit Dictionnaire des grands hommes de la Révolution par un citoyen actif, cidevant rien, Rivarol se moque encore de La Fayette et de ceux qui l’approchèrent. Quelque exemples :

– « Il [Condorcet] a présenté sa femme au général la Fayette; enfin il a fait tant de sacrifices, qu’il a gagné la confiance de l’auguste sénat & qu’il a été employé dans les grandes intrigues nationales. Il a perdu, à la vérité, sa place d’inspecteur des monnoies, mais on va créer incessamment pour lui celle de souteneur des assignats. »

– « Julien, immortel espion du grand lieutenant de police, la Fayette. »

– « Le peuple françois, toujours bon & toujours juste (comme dit le grand la Fayette) ».

Déclaré « traître à la nation » en août 1792, La Fayette (selon les auteurs) est pris ou se livre aux autrichiens en cette même année 1792 et passe cinq ans en prison. « Ce La Fayette que nous venons de voir applaudi, béni par le peuple en 1789, aujourd’hui en 1792 […] Ô abîme du cœur humain ! Ô contraste révoltant. Le héros prétendu de la liberté, dès longtemps traître envers elle […] » écrivit Sébastien Nicolas dit Chamfort dans le tableau XXIII de l’ouvrage collectif : Tableaux de la révolution françoise.

Proscrit par le Directoire en 1797, il rentra en France en 1800 et obtint de Napoléon une retraite et un poste d’officier pour son fils. Par un Napoléon qui dit de lui dans le Mémorial de Saint-Hélène (propos transcrits par Las Cases) :

« La Fayette était un niais ; il n’était nullement taillé pour le haut rôle qu’il avait voulu jouer. Sa bonhommie politique devait le rendre constamment dupe des hommes et des choses. Son insurrection des Chambres, au retour de Waterloo, avait tout perdu. Qui avait donc pu lui persuader que je n’arrivais que pour les dissoudre, moi qui n’avais de salut à espérer que par elles ? Tout le monde en France est corrigé des idées extrêmes de liberté ; il n’y a qu’un homme qui ne le soit pas, et cet homme, c’est La Fayette. En effet, qui a proclamé le principe de l’insurrection comme un devoir ? Qui a adulé le peuple en le proclamant à une souveraineté qu’il est incapable d’exercer ? Qui a détruit la sainteté et le respect des lois en les faisant dépendre, non des principes sacrés de la justice, de la nature des choses et de la justice civile, mais seulement d’hommes étrangers à la connaissance des lois civiles, criminelles, administratives, politiques et militaires ? Cet homme qui a joué un si grand rôle dans nos premières dissensions politiques, avait servi sous Washington et s’y était distingué, c’était un homme sans talents ni civils ni militaires ; esprit borné, caractère dissimulé, dominé par des idées vagues de liberté, mal digérées chez lui et mal conçues ; du reste, dans la vie privée, La Fayette était un honnête homme. »

Puisque que je cite Napoléon, et que j’ai évoqué Washington l’esclavagiste, je dois rappeler ici que le décret français d’abolition de l’esclavage de février 1794 ne connut qu’une application limitée. Et qu’en 1802, sous le Consulat, l’esclavage fut rétabli. L’interdiction de la traite n’interviendra qu’en 1815 et surtout en 1817 sous Louis XVIII. L’abolition de l’esclavage, sur tout territoire sous souveraineté française, ne sera décrétée que lors de la Révolution de 1848, le 27 mai 1848 exactement…

Entre temps, La Fayette finira sa vie incohérente dans le giron de la Monarchie de Juillet !

Comme le résumait sobrement Chateaubriand :

« Royaliste, il renversa en 1789 une royauté de huit siècles ; républicain, il créa en 1830 la royauté des barricades : il s’en est allé donnant à Philippe la couronne qu’il avait enlevée à Louis XVI […] Dans le Nouveau Monde, M. de La Fayette a contribué à la formation d’une société nouvelle ; dans le monde ancien, à la destruction d’une vieille société : la liberté l’invoque à Washington, l’anarchie à Paris ». (cf. Mémoires d’Outre-tombe, XLIII, 3). Quelle mascarade ! Quel polichinelle !

De nos jours, c’est depuis l’été qui a suivi un certain Onze Septembre, que « le héros des deux mondes » (selon l’expression employée par la duchesse légitimiste de Maillé dans ses Souvenirs) est devenu l’un des six seuls « citoyens d’honneur des États-Unis d’Amérique ». C’est tout dire ! Aux États-Unis, plus de six cents lieux s’appellent La Fayette, dont un mont, ainsi que des rues, des parcs, des places… Preuve patente que La Fayette ne valait pas tripette.

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