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PASSAGE DE L’ÉDITORIAL DU DERNIER NUMÉRO EN DATE DE RIVAROL

16 juillet 2015

Rivarol n°3197 du 16/7/2015

Le 16 juillet 1995, il y a vingt ans jour pour jour, Jacques Chirac, qui venait deux mois plus tôt d’être élu à la présidence de la République, prononçait au Vel d’Hiv un discours solennel condamnant officiellement la France pour son rôle dans la déportation des juifs : « ces heures noires souillent à jamais notre histoire, et sont une injure à notre passé et à nos traditions. Oui, la folie criminelle de l’occupant a été secondée par des Français, par l’Etat français. (…) La France, patrie des Lumières et des Droits de l’Homme, terre d’accueil et d’asile, la France, ce jour-là (lors de la rafle du Vel d’Hiv le 16 juillet 1942), accomplissait l’irréparable. Manquant à sa parole, elle livrait ses protégés à leurs bourreaux. » Cet acte réclamé à cor et à cri par Klarsfeld avait été refusé avec une grande dignité par François Mitterrand, malgré sa maladie, jusqu’au terme de son second septennat. « La France n’a pas d’excuse à donner, ni la République. A aucun moment je ne l’accepterai. Je considère que c’est une demande excessive de gens qui ne sentent pas profondément ce que c’est d’être Français, l’honneur d’être Français et l’honneur de l’histoire de France. C’est l’entretien de la haine. Et ce n’est pas la haine qui doit gouverner la France » répondait-il en 1994 à Jean-Pierre Elkabbach. Le journaliste se montrant très insistant, Mitterrand avait eu cette formule plutôt étonnante: « Vous voulez quoi ? Que je me convertisse ! »

Très irrité par l’insistance que Klarsfeld manifestait pour qu’il condamnât officiellement la France, après que le même homme eut fait pression pour qu’il ne fleurît plus la tombe du maréchal Pétain à l’île d’Yeu chaque 11 novembre, Mitterrand, quelques heures avant de quitter définitivement l’Elysée le 17 mai 1995, confia à l’académicien Jean d’Ormesson dans ce qui peut apparaître comme un testament politique : « Vous voyez dans cette affaire l’influence puissante et nocive du lobby juif ». Quelques jours plus tôt, François Mitterrand avait déjà suscité l’étonnement en s’exclamant dans son discours de Berlin le 8 mai 1995, à l’occasion du cinquantième anniversaire de l’armistice : « Je ne suis pas venu célébrer la victoire. Je ne suis pas venu souligner la défaite parce que j’ai su ce qu’il y avait de fort dans le peuple allemand, ses vertus, son courage, et peu m’importe son uniforme et même l’idée qui habitait l’esprit de ses soldats qui allaient mourir en si grand nombre. Ils étaient courageux. »

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