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PÉDAGOGIE

20 juin 2015

« Le gouvernement n’a pas assez dit la profondeur de la crise tout à la fois économique, écologique et sociale et l’état catastrophique de nos finances publiques.

Du coup les mesures qui ont dû être prises – notamment fiscales – qui ont été douloureuses, bien que mieux réparties qu’avant, n’ont pas été assez expliquées, ni assumées. »

*

Cette jolie langue de bois je viens de la lire sur un prospectus politique du prétendu écologiste De Rugy « mon » député. Celui qui a failli se faire virer l’an passé pour avoir voulu entrer au gouvernement malgré l’avis de la « dirigence » du parti des Vers (sic) qui, comme chacun sait, parasitent depuis des années le fruit de l’Écologie.

Donc il y a une crise générale profonde en tous les domaines. On peut ajouter celui des valeurs et de la morale et de l’humaniste. Et celui qui a amené à une décrépitude totale politico-syndicale et médiatique d’un milieu transformé en marigot maffieux. Aussi bien à gauche qu’à droite et au centre, sans oublier les extrêmes.

Quelle est cette crise ? Une crise comme on en sort une de temps à autre ? Ou une crise consubstantielle à ce système pervers ? Le triomphe du capitalisme sauvage ? Ou plutôt le triomphe de la sauvagerie capitaliste ? De sa barbarie intrinsèque ? Ou encore, une crise de civilisation ? Ou le tout conjugué et mêlé ?

Il y a un état catastrophique des finances publiques. Que de la finance publique ? Ou de la finance en soi ? Quid de la Finance en général, de la banque, du mondialisme, de la dictature capitaliste?

Les mesures fiscales qui ont dû être prises… Devaient-elles être prises ? Étaient-ce les bonnes ? Changeront-elles quoi que ce soit au délabrement ? Vont-elles améliorer le sort de la masse du peuple ? Ou l’inverse ? En quoi seraient-elles un mieux pour notre société et notre nation ?

Notons encore le « mieux réparties qu’avant » : c’est-à-dire engageant un peu plus à la fois les plus pauvres et lesdites classes moyennes. Le cynisme est sans limite.

Et quoi des mesures politiques en tous genres qui loin d’améliorer les choses ne font que les faire empirer : dans le domaine de la politique étrangère, de la politique « d’accueil », de la politique urbaine, de la politique éducative, de la politique judiciaire, de la liberté d’expression, de recherche historique, ou dans celui des mœurs ? Où là on peut être dans la démagogie sans risque, ou intéressée : il est très utile de tirer le peuple, l’éducation, la culture (ce qu’il en reste) vers le bas, question de survie en tant que privilégiés. Il est très utile d’encourager l’immigration pour mieux briser les résistances et la communauté nationale, ou encore les cultures régionales. Abaisser, détruire, uniformiser (tout en encourageant certains communautarismes) pour mieux régner.

Comme action la plus décidée, le petit De Rugy, qui ne rugit pas bien fort, nous dit par ailleurs qu’il serait peut-être envisageable d’aménager lesdites réformes… C’est Monsieur Vaseline. Moi, je lui répondrai qu’il serait grand temps de réformer la Constitution et de revoir le pouvoir des uns et des autres dans la gestion de la société. Et avant toute autre chose, le pouvoir populaire sur tous les gros sujets et toutes les décisions importantes engageant notre pays.

Enfin, le fin du fin habituel, il nous rabâche la rengaine des crétins qui s’imaginent être supérieurs aux autres : les mesures n’ont pas été expliquées, ni assumées.

Qu’elles ne soient pas assumées on s’en fout, ou plus exactement cela montre le niveau de la nullité intellectuelle et humaine qui nous « dirige ».

Qu’elles n’aient pas été expliquées, quoi de plus normal puisque c’est « l’Élite » qui agit (ou plutôt qui obéit aux ordres de plus haut). Elle ne va pas condescendre, quand même, à se justifier ; pourtant c’est bien eux les cons descendants, les technocratillons. Et puis d’ailleurs, il n’y a rien à expliquer, je veux dire : rien de social et d’humain à défendre, rien de défendable.

« Ils n’ont pas expliqué ». Je traduis en novlangue : on n’a pas fait effort de pédagogie (par indifférence, paresse, mépris ou peur…). Voilà le propos type de toute cette engeance qui serait censée détenir le Savoir et le Savoir-Faire et qui est si bien représentée par le « petit prof » obtus, mais qui sait tout. Monsieur Jairaisonensoi ou Madame Jesaistout bien bornés, limités et intolérants, qui n’ont que le mot « laïcité » ou « progrès » à la bouche, qu’ils galvaudent à tous les vents (dominants) et qui au fond d’eux-mêmes sont de parfaits néo-staliniens (ou sociaux-démocrates, c’est à peu près la même chose) dont l’axiome premier et unique (en tous domaines) est le suivant : si vous n’êtes pas avec nous (la Lumière), vous êtes contre nous (l’Ombre), et si vous être contre nous, alors vous êtes le Diable en personne.

Bakounine, Sorel ou encore Makhaïski*, et bien d’autres encore, loin ou plus près de nous, ont déjà dénoncé tous ces olibrius et démonté leur prétendu « socialisme ». Au moins la droite ne s’embarrasse pas de mots ronflants pour effectuer sensiblement la même sombre besogne.

Quand j’entends le mot « expliquer » (qui veut dire : imposer), « pédagogie » (qui veut dire : propagande, mais bien évidemment jamais débat dit démocratique, ni confrontation d’idées), je ne peux m’empêcher de penser aux écrits si éclairants de Makhaïsky qui dénonçait déjà vers 1900, dans le socialisme une nouvelle classe dirigeante, ou fraction (faction plutôt) de la classe bourgeoise qui, par la gestion de l’économie ou l’administration des États, par sa place au sein de la production, par sa volonté de monopoliser les connaissances, ou tout simplement le pouvoir politique…, entendait diriger la société bourgeoise et mener si nécessaire autoritairement, dictatorialement le peuple (et stade suprême du cynisme : en son nom, au peuple).

Ce qu’il appelait à juste titre « le socialisme des intellectuels ». Du moins de l’idéologie dominatrice des intellectuels les plus productivistes et technicistes, scientistes et technologistes dont l’exemple le plus achevé et le plus caricatural a été le bolchevisme qui a même abouti, comme on dit, au culte stalinien de la personnalité (nouvelle forme de sacré, curieux ennemi des religions, mais c’est un autre sujet). Idéologie encore pleinement à l’œuvre dans l’actuel « communisme » qui fait le lit du capitalisme le plus sauvage en Chine.

Je ne vais pas dresser ici la liste interminable depuis un siècle des infamies socialistes, social-démocrates ou staliniennes à l’encontre de toutes les milieux : des classes populaires aux intellectuels rebelles. C’est une constante chez eux.

Et ils voudraient encore et toujours nous donner des leçons. Des leçons d’humanité. Ou pire, d’intelligence !!!

* Et bien évidemment Nietzsche dans sa critique de la décadence et de ce qu’il appelait « le nihilisme » du socialisme.

 

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