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NOTE À PROPOS D’UNE LUBIE FÉMINISTE GROTESQUE, AFFLIGEANTE ET DÉCADENTE

9 juin 2015

En ce moment, on dirait qu’ils et qu’elles font exprès, je n’arrête pas de tomber sur des textes « internétaux » gratifiés, ou plutôt cochonnés de « professeure » et d' »auteure ». Et pire encore, je viens de me rendre compte que mon correcteur orthographique ne souligne même pas en rouge ces horreurs.

Ce qui me donne un préjugé immédiatement défavorable sur le contenu des textes où je vois ces mots ainsi écrits.

Je voudrais répéter encore une fois qu’il faut vraiment être débile et ignare en grammaire de base pour écrire une telle ineptie orthographique.

Si je veux bien dire « un prof », « une prof » ou « un professeur femme » ou « un professeur, une femme », et « un auteur », « un auteur femme », « un auteur féminin », « une femme auteur », je m’arrête là.

Cette tendance imbécile, née de media crétins et incultes et d’un féminisme pesant et vraiment mal placé, relève de l’illettrisme le plus crasse.

*

Schématiquement… et pour nous en tenir uniquement aux noms communs… Et en essayant de ne pas dire ou écrire de bêtises (moi aussi je fais des fautes, mais je n’écris pas volontairement certaines inepties orthographiques) :

En français, comme dans toutes les langues latines, certains substantifs sont masculins, d’autres féminins, d’autres peuvent (et doivent) varier en genre. D’autres enfin peuvent être qualifiés de neutres.

Ainsi des fruits sont féminins : pomme, poire, pêche, prune, nectarine, orange, mangue, tomate… D’autres sont masculins : brugnon, abricot, raisin. Idem pour les légumes : pomme de terre, patate, betterave ; radis, artichaut, rutabaga… Ces mots féminins n’ont pas de masculin ; et ces mots masculins n’en pas de féminin.

D’autres noms communs relèvent de la dérivation française, souvent mise à mal de nos jours : un chanteur, une chanteuse, un docteur, une doctoresse, un instituteur, une institutrice ; un maître et une maîtresse (qui n’est pas la même chose qu' »un amant et une maîtresse ») ; le poète et la poétesse. Ces mots se différencient en genre par leurs suffixes. Principe de dérivation que l’on retrouve dans nombre de noms propres : Christian et Christiane, Jacques et Jacqueline, Jocelyn et Jocelyne… Et que l’on retrouve également dans toutes les langues latines.

On peut y adjoindre des expressions comme « femme auteur », « femme ministre »… ou la différence est marquée par le mot « femme ».

Mais il existe une autre série de noms communs qui se différencient en genre par des racines lexicales différentes. Exemples pris chez les animaux domestiques: un bouc, une chèvre, une bique, une biquette, un cabri, un bicot ; un taureau, un bœuf (d’ailleurs, si « le bœuf » peut désigner le taureau castré, « du bœuf » désigne généralement de la viande de vache), une vache, un veau, une génisse ; un cheval, une jument, un poulain, une pouliche, un (cheval) étalon ; un cochon, un porc, (et « du lard »), un goret, une truie, un verrat. Et j’en oublie.

Enfin on peut utiliser un substantif qui ne marque aucunement (ni phonétiquement, ni orthographiquement) la différence entre le masculin et le féminin. Exemples : la secrétaire et le secrétaire ; on dit même maintenant, puisque ça existe, « la sage-femme et le sage-femme » (et non le sage-homme) ; le ministre et la ministre (qui est déjà une licence), etc. La différence est marquée uniquement par l’article.

Mais attention, ce n’est pas parce que certains mots s’écrivent de la même manière au masculin et au féminin qu’ils ont nécessairement le même sens. « Un mémoire » n’est pas « une mémoire » (bien que ces deux mots soient liés par un sens commun plus général).

Sans oublier certains substantifs assez rares, masculins au singulier et féminins au pluriel (à l’image des mots neutres latins). Les inévitables : amour, délice et orgue, par exemple. Ou de genre ambigu, si l’on veut, comme le mot « œuvre ».

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Donc en résumé on peut dire que – certains substantifs n’ont qu’un seul genre, – que d’autres peuvent (doivent, grammaticalement parlant) avoir les deux genres.

Mais, où ça se complique c’est dans le fait qu’il y a plusieurs manières de marquer le genre. Ou pour le dire plus précisément pour marquer le féminin.

Soit par l’article : le secrétaire, la secrétaire ; un ministre, une ministre ; le chef et la chef. Ce sont des licences qui sont passées ou en train de passer dans la langue tant écrite qu’orale ;

Soit par un suffixe qui allonge le mot : le merle et la merlette ; le voyou et la voyoute ou la voyouse ; l’académicien et l’académicienne ;

Soit par des expressions du genre : « le chef d’État » et « la femme chef d’État » (en concurrence avec « la chef d’État » ; mais on n’a pas « la cheftaine d’État », ni « la cheffe d’État »).

Soit par deux mots différents : le bélier et la brebis, l’agneau et l’agnelle, le mouton et les ouailles…

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Ici, je voudrais faire encore (ou à nouveau) ces simples remarques.

« Chef » n’a pas de féminin, du moins s’il en a un c’est uniquement par l’article et non par une marque de dérivation (même muette). C’est un emploi assez nouveau lié au fait que les femmes ont pris une place accrue dans le monde du travail et en particulier dans celui des cadres. Et « Le bel amour » ne fait pas « les belles amoures » au pluriel. Qui osera : « les belles z-amoures de la cheffe » à par moi ici ?

Enfin, méfions-nous de la dérivation qui n’est pas toujours automatique au niveau du sens : une mairesse n’est pas une femme maire mais l’épouse d’un maire, de même la doctoresse est la femme docteur, mais en médecine seulement. Comme une conduite n’est pas un conduit femelle. De même une femmelette (qui a tous les aspects grammaticaux de la féminité) n’est pas une femme mais un homme que l’on pourrait dire du genre « châtré » ; et « hommasse » est un adjectif qui désigne en mauvaise part la femme d’apparence masculine.

*

Jamais, au grand jamais des mots masculins en « -eur » (qui sont souvent des mots en « -teur » d’ailleurs) n’ont fait leur féminin en « -eure » ou « -teure ». Ils le font, comme dit plus haut, pour les mots en « -teur », en « -teuse », « -toresse », « -trice », et sans doute d’autres formes qui ne me reviennent pas en tête présentement.

Quitte à féminiser les mots c’est « auteuse », « autoresse », ou « autrice » qu’il faudrait dire ; et de même « professeuse ». Cela dit je connais une femme dont le métier est celui d’ajusteur et non d’ajusteuse.

Ce « -e » final est d’autant plus ridicule qu’il n’existe pratiquement pas de noms communs en « -eure » féminins; personnellement je n’en vois qu’un : « heure » ; à l’inverse même, il existe quelques substantifs masculins en « -eurre » comme : leurre, beurre. Les autres mots féminins en « -eur » non justement pas de « -e » final (pour des raisons étymologiques) : fleur, ardeur, laideur, odeur, hideur, stupeur, peur, humeur, pudeur, raideur, valeur, saveur, douleur, sueur… ; c’est ce qui surprend quand on est écolier, mais qu’on apprend normalement dès l’école primaire. Si l’on compare avec l’espagnol on comprend mieux pourquoi : « heure se dit « hora » en espagnol, et « saveur » par exemple, « sabor ». Tout tient à l’étymologie latine : « hora » (mot féminin) et « sapor » (mot masculin). Autre exemple : « fleur » vient du latin « flos, floris », mot masculin, et non de « Flora » (Flore) ; ainsi dit-on « la flor » en espagnol et non pas « la flora ».

De même « auteur » vient du latin « auctor », au masculin comme au féminin (celui qui augmente la confiance, celui qui est garant, auteur) ; et « professeur » vient du latin « professor » (celui qui fait profession, professeur), mot qui n’a pas de féminin.

Il est d’ailleurs faux de dire que le « -e » est la marque du féminin en français. Elle l’est très souvent, mais pas toujours.

Voir déjà le nombre imposant de noms masculins dont la syllabe finale se termine par une consonne suivie d’un « e ». Donc avec consonne non muette. On peut même remarquer (du moins selon une logique qui reste au niveau de l’apparence mais non de l’étymologie) que certains mots n’ont pas de forme masculine alors même qu’elle serait possible graphiquement parlant. Exemple : « rebelle » qui ne fait pas « rebel » au masculin, ce mot venant du latin « rebellis » (de « re » et de « bellum, soit : qui recommence la guerre).

Voir à l’inverse, tous les concepts en « -té » (« -tà » ou « -zza » ou « -anza » en italien, « -tad », « -dad » ou « -za » en espagnol, « -tate », « eţe » et autres en roumain) du genre : liberté, égalité, fraternité, beauté, bonté, vérité, subtilité… Il existe également des noms propres féminins sans « -e » final derrière voyelle. Par exemple Psyché (qui est aussi un nom commun).

Mais à l’inverse, il existe des noms masculins en « -ée » comme : athée. Et des noms propres masculins du même acabit comme Persée.

Cela dit je veux bien accorder que le féminin d' »écrivain » puisse être « écrivaine » bien que je préfère l’expression « femme écrivain ». Comme on peut dire « femme poète » en double de « poétesse » (mot tombé en désuétude comme la personne qu’elle désigne ; il en va de même de « poète » d’ailleurs). Je ne saurais contester en ce domaine l’antériorité de la langue. En effet, je lis sur le Dictionnaire Godefroy d’Ancien-Français (tome troisième, page 446) : « escrivaine, féminin de escrivain » ; ce mot y est attesté (avec des variantes orthographiques) par deux exemples du XIVe siècle.

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Pour finir en hui sur le sujet, je dirais bien qu’écrire « auteure » et « professeure » me paraît être du (bas) niveau des premières années de l’école primaire. Un comble pour définir deux activités (supposées) de l’Esprit. Et que cela est aussi ridicule (et contraire à l’orthographe et d’un féminisme débile et obtus) que de vouloir écrire : « mon pèr qui est mair et ma mère qui est paire de France vont à la mere « ; selon le principe faux et plus encore dévoyé, pour ne pas dire ici infantile : « la marque du féminin est « -e » en français », surtout quand elle ne l’est justement pas pour les noms en « -eur » féminins !

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P.S. 1 – J’ai écrit plus haut que la dérivation française est souvent mise à mal de nos jours. En fait elle est quasiment morte sauf pour quelques suffixes du genre : -eux, -ous, -o, -et et -ette. C’est bien pourquoi, tout partant à vau-l’eau, des pignoufs journaleux, de dits écrivains et de dits enseignants peuvent entériner l’usage écrit de ce « e », de cette énormité orthographique décadente. Du conformisme débile au quart de tour. On ne va pas encore ajouter de l’aberrant à une orthographe qui demanderait déjà à gagner en logique, norme unique et élimination des exceptions (dont plus d’une ne sont pas même étymologiques). Ce qu’ont fait sans dommage les espagnols il y a plusieurs siècles de cela. Encore faudrait-il savoir de quoi l’on parle quand l’apprentissage du latin et du grec est en grand danger, quand un minimum d’histoire de la langue n’est pas enseigné à l’école, quand l’étude comparée des langues latines est quasi inexistante.

P.S. 2 – J’aimerais connaître la part de la petite gauche sioniste, « je suis Charlie » et anti-« négationnistes » (comme « y » disent) dans les adeptes de ces mots à la sauce ignare. Au maximum, je le pense.

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