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OÙ EST LE (BON) BEC DE PARIS ?

5 juin 2015

Ce n’est vraiment pas à l’honneur de la BNF (qui fait pourtant beaucoup depuis ces dernières années pour donner au « grand public » accès aux livres rares, revues et journaux anciens grâce à son site irremplaçable Gallica), mais c’est ainsi, notre époque étant totalement décatie, sans vertu, sans grandeur et plus encore sans dignité.

Voilà qu’elle nous « gratifie », comme chaque année depuis 2009, d’un dit « Prix de la BNF » à gerber (pas à Bergé, mais c’est tout comme!). Cette année celui-ci « récompense pour l’ensemble de son œuvre » (sic) le sioniste, anti-musulman et arabophobe hystérique, l’extrême-droitiste bien connu, petit-fils d’une stalinienne coloniale dont il a pris le nom : l’alias Houellebecq né Michel Thomas.

Je précise ici que c’est le seul point commun qu’il a avec Louis, Ferdinand Destouches qui lui avait pris comme pseudonyme le prénom de sa grand-mère bretonne. Je dirai même (sans condition) qu’entre les deux c’est la nuit la plus noire du crétinisme conformiste et décadent contemporain opposée au jour le plus lumineux de la lucidité intégrale sur ce que vaut réellement l’humanité commune, « notre dégueulasserie commune de droite et de gauche d’homme » (cf. Voyage).

Et de ce que vaut Houellebecq en particulier, et autres fienteux anécrivains et plus encore antiécrivains de son espèce qui occupent sans relâche l’espace médiatique, qui fait le triste spectacle de notre misère artistique et morale des temps présents. Celui-ci a même osé commettre des « poésies » qui sont proprement, ou plutôt malproprement des insultes à l’art poétique, du moins ce qu’il en reste encore. Adulé des crétins, des incultes, des racistes petits-blancs et autres auto-élus comme il se doit.

Mais comme disait encore Ferdinand Bardamu évoquant la tare capitaliste : « l’être dont on se sert doit être bas, plat, voué aux déchéances », c’est sans doute pour cette raison que Houellebecq, l’employé de l’Assemblée nationale « en disponibilité » (ou plutôt en indisponibilité de talent et d’humanité), est l’heureux-zélu des vilains-zarts, lui qui par ailleurs, en courts moments de lucidité, reconnaît qu’il n’est qu’un raté de la littérature, un être de peu, un ersatz d’artiste.

Cul-et-chemise avec la pire engeance de notre époque, le sinistre individu, le pousse-au-crime finalement couard comme on l’a vu récemment, ne peut être que copain comme cochon, à Cochons-sur-Seine, avec les déchets de la Pensée, grands-maîtres en déconfiture morale, exploitation humaine et mécénat décadent (sur le dos des pauvres) magnifiquement représentés par un certain Jean-Claude Meyer dont il n’est pas inutile ici de rappeler en quelques mots le parcours.

Né en 1945 à Neuilly, fils d’un membre de l’Académie de Médecine, après des études à l’Institut d’Études Politiques, HEC et l’Université, l’individu fut, entre autres, directeur aux affaires internationales puis gérant chez Lazard Frères, puis Associé-Gérant de Rothschild & Cie Banque et enfin Vice-Chairman (sic) de Rothschild Europe. Il aurait même contribué au démarrage d’une autre banque Rothschild avec David et Édouard de (sic) Rothschild. Enfin, il est actuellement conseiller financier de la Côte d’Ivoire et du Monténégro. Ce qui lui donne donc tout talent pour être administrateur de l’Institut Français des Relations Internationales et plus encore pour être membre du Conseil Artistique (!!!) des Musées de France et Président du Cercle de la Bibliothèque nationale de France.

Ce Jean-Claude Meyer vient donc de remettre (au nom de la culture éternelle sans doute), un pourboire ridicule de 10.000 euros au sale individu précédemment nommé. Son discours est grandiose. « Pour ma part, souligne Jean-Claude Meyer, président du Cercle de la BnF et mécène du Prix, Michel Houellebecq est sans doute le plus grand écrivain français contemporain, même s’il peint une réalité souvent glauque, ou peut-être en raison même de cela qui reflète bien notre époque, je suis heureux que le Prix de la BnF l’ait ainsi consacré ». Glauque (et maffieux) et fier de l’être, on ne peut pas mieux dire ! Il s’y reconnaît.

Quant au président de la BNF, un certain Bruno Racine qui ne semble pas avoir tout à fait le talent de Jean, il déclare tout de go, tout en caressant le mécène dans le sens du poil : « Michel Houellebecq est un de ces rares écrivains qui ont su traiter les questions contemporaines avec courage et d’une manière qui interpelle le lecteur. La dérision qui habite ses romans reflète sa position d’observateur exilé et solitaire d’un monde revenu des idoles de la modernité. » Ce qui est encore plus fort ! Lui (Houellebecq) qui est le pur produit de cette dite modernité décadente. Le courage de Houellebecq ? Où, quand, comment ? Certes, il interpelle. Sur son (non) talent, sur son succès (relatif), et plus encore sur la décomposition sociale, morale, culturelle de notre pays pour ne pas dire de toute l’Europe dite occidentale. La dérision ? Quand on prend plaisir à exterminer les palestiniens, même dans un livre, il n’y a malheureusement aucune dérision, mais du premier degré à la Charlie. Houellebecq est le haineux dominant type de notre époque, du même acabit qu’un BHL ou qu’une Fourest. Et certainement pas un exilé et un solitaire. De plus il n’est aucunement iconoclaste. Il adule les idoles dominantes de la décomposition. Et en surajoute.

Donnons la liste complète des ostrogoths, pardon ! des wisigoths qui composent le jury qui décerne ce dit « Prix de la BnF » : Bruno Racine (président), Jean-Claude Meyer (vice-président et petit argentier mesquin), Laure Adler (fonctionnaire de la culture), Christine Albanel (ancien ministre), Jérôme Clément (autre fonctionnaire de la culture), Antoine Compagnon (professeur au Collège de France), Marc Fumaroli (de l’Académie française), Cécile Guilbert (auteur sans « e », je laisse le « e » d’un pseudo féminin aux décadents), Colette Kerber (libraire parisienne), et Denis Olivennes (PDG d’Europe-1 et président du directoire de Lagardère Active). Je ne commente pas plus, il y aurait trop à dire.

Enfin, pourquoi s’étonner de tout ça, de tout ce marigot gauche-droite, dont de droite extrême, quand on a pu voir l’été dernier toute une exposition à la BNF consacrée à Guy Debord, le soi-disant irrécupérable ultra-gauchiste mais pourtant parfaitement récupéré. Et ce n’est pas Cécile Guilbert dont je viens de citer le nom qui pourrait me contredire, elle qui est l’auteur d’un Pour Guy Debord mettant l’accent, à la suite de Debord, sur la décadence de la langue et de l’écrit propre à notre sinistre époque. Mais que fait-elle alors dans ce jury ? N’a-t-elle pas honte de cautionner un Houellebecq ?

Pourquoi s’étonner de tout cette farce entretenue par le propre président de la BNF, quand on connaît les scandales « conservateurs » d’icelle. Qui évoque encore ce responsable des manuscrits moyenâgeux qui avait découpé, il y a peu d’années, d’irremplaçables et je dirais sacrés codex enluminés pour les vendre « à la découpe », à de dits collectionneurs américains, le salaud ?

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