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À PROPOS DE LA VIEILLE IDOLE

17 avril 2015

Extrait d’un article d’un certain « baba » paru sur le site : Vers Une Nouvelle Constitution Française (convention@vuncf.org), le 19 janvier dernier :

L’histoire des peuples est écrite par les vainqueurs. A cette occasion, le récit justifie le combat, la victoire et l’écrasement du perdant qui est FORCÉMENT le méchant.

Qu’il le soit effectivement reste possible, mais finalement secondaire. Chaque pays, ou plus précisément les dominants/vainqueurs de chaque pays, construisent, rédigent les légendes convenables, celles qui vont donner le catéchisme au peuple, afin que celui-ci ne questionne pas les vainqueurs politiques, dominants  économiques.

En ce moment, soit quelques jours après les meurtres à Charlie Hebdo et en périphérie, on voit des beaux esprits invoquer Voltaire et Les Lumières comme des certificats de vertus sociales, comme la preuve ultime de notre supériorité intellectuelle contre les barbares rétrogrades. Mauvaise pioche !

Cette invocation n’est pas un rappel à l’histoire, la vraie, c’est la régurgitation d’un catéchisme (imposé sous cette forme dans l’Éducation Nationale).

Voltaire escroc, Voltaire malfaisant, Voltaire traître à la Nation.

Vous vous demandez comment on peut parler aussi négativement de ce type. On peut effectivement le faire, dès lors que l’on laisse de coté la légende charmante, pour aborder sa vie, ses actes, ses paroles, avec un regard d’historien. [cf. l’historien Henri Guillemin].

Que des guignols de la ‘démocratie’ (avec guillemets !) utilisent Voltaire et les Lumières comme incantation de notre prodigieuse intelligence en tant que peuple, est une insulte.. à mon intelligence! A peu près aussi con que de penser que la France (66M d’habitants) soit une grande nation de foot quand un décérébré millionnaire marque un but. Passe encore, mais que des journalistes BAC +6, qui plus est prétendument de gauche, propagent l’amalgame entre deux écrits légèrement impertinents de Voltaire, qui certes écrit mieux que Tapie, pour nous en faire l’icône de la démocratie, c’est l’horreur totale.
Vraiment, à chaque fois que vous entendez ‘Voltaire’, remplacez par ‘Bernard Tapie’, pour voir ! […]

Voltaire s’est gavé comme un vulgaire Serge Dassault ou un Lagardère, ou un Bouygues, en escroquant l’État, se gavant d’argent facile obtenu par la falsification comptable. Imaginez qu’à l’ouverture du testament de Charb, on trouve 100 millions d’euros acquis en tant qu’intermédiaire en ventes d’armes. Car c’est précisément de cela qu’il s’agit. Ce n’est pas une image, c’est la vérité historique.

Voltaire s’est prouvé pernicieux, en rédigeant des horreurs signées Rousseau et éditées pour lui nuire [à vérifier, ce qui est assuré est qu’il a publié des textes anonymement pour le descendre et a encouragé les autorités genevoises, dont il était voisin, à brûler ses livres, j’en reparlerai] Une petite dernière : le point de vue de Voltaire sur le gouvernement d’une société : « Une société bien organisée est celle où le petit nombre fait travailler le grand nombre, est nourri par lui, et le gouverne. »

Quand aux « Lumières » : éblouissantes !

Que l’Encyclopédie ait été un refuge pour des scientifiques qui en avait ras l’éprouvette de penser à travers des lunettes en forme de bénitiers, c’est probable. Mais sa récupération politique a surtout permis de semer le doute dans les dogmes religieux, non pas pour atteindre l’Église, mais le pouvoir temporel assis dessus : la royauté, et l’aristocratie qui va avec.

Les ‘Lumières’, avec un très habile usage des mots, ouvraient la voie aux commerçants, banquiers et autres « businessmen » pragmatiques et rationnels. A l’époque 99% des français, soit en gros 23 millions, ne sait pas lire et à d’autre miches de pain à fouetter. L’Encyclopédie est une œuvre utilisée pour tuer un pouvoir et en asseoir un nouveau, et je ne suis pas loin de penser que ce nouveau pouvoir de l’argent était, et reste aujourd’hui PLUS totalitaire que le précédent. Ne me faites pas dire que j’aurai de la sympathie pour le royalisme : vous auriez gobé un peu vite qu’en ayant évoqué deux régimes, deux types de pouvoir, il n’y en aurait pas 50 autres à examiner. Il n’y a pas de ‘tiers état’ dans le capitalisme. Juste un roi, président de la finance internationale.

Remplacez  ‘Les Lumières’ par ‘Les pigeons’ [sic, “les pigeonneurs”, plutôt], cette association d’activistes de « startup » [« jeune pousse », industrie dans le vent et émergente à fort taux de plus-value] ultra-capitalistes, purement orientés vers le profit facile et déifiant l’argent et le marché, et vous aurez une meilleure idée du tableau. À cette réserve qu’en examinant de près le parcours de chaque contributeur de l’Encyclopédie, on n’y trouverai pas forcément toujours de la malice. Ils ont participé à une œuvre scientifique, sans soupçonner forcément la récupération nauséabonde [sic] qui serait faite ensuite de leur travail.

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