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TROUVÉ PAR HASARD

7 avril 2015

Je ne connaissais pas…

Ne fréquentant pas, ne fréquentant plus depuis plusieurs lurettes, aucune connerie de gauche (et ne fréquentant pas pour ça la connerie de droite sous toutes ses formes, non plus). Je suis tombé sur une photographie de moi inconnue jusqu’à il y a très peu…

Voici le genre de slogans que l’on pouvait trouver dans les manifestations « de gauche » d’entre-les-deux-tours, qui ont fait la campagne de Chirac (campagne à la limite de la légalité d’ailleurs, on n’avait encore jamais vu des manifestations contre un candidat éligible). Campagne hystérique et surréaliste qui permit le véritable plébiscite de Chirac (qui n’en demandait pas tant) au second tour des élections présidentielles de 2002 :

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On a pu mesurer la connerie et l’aplomb incommensurables de la petite gauche. Horreur : l’épouvantail fait plus que le manipulateur d’épouvantail !

J’ai même entendu certains qui en tout bonne foi affirmaient subitement : « la démocratie est fragile ! » Voir ci-dessus, un slogan du même acabit : « Le Pen touche pas à notre république ». Quelle outrecuidance ! Quelle prétention ! Quelle tolérance !

De quelle république et de quelle démocratie est-il question alors ? D’un totalitarisme du « Bien  » ?

J’ai également appris qu’un certain nombre de crétins de gauche ont alors émis l’idée que l’élection comptait vraiment pour du beurre, dont un certain nombre de pontes de la signature pétitionnaire, et que Chirac devait en toute décence démissionner pour qu’on recommence tout à zéro.

Et que le peuple, ce crétin adepte de « populisme », le salaud, vote cette fois comme il faut, autrement dit qu’il mette Jospin au-dessus de Le Pen. Quitte peut-être à bourrer les urnes comme aux plus belles heures des élections municipales dans les bastions péri-parisiens du stalinisme post-seconde-guerre-mondiale.

Avec : « votez escroc, mais pas facho », on atteint le sommet de la bêtise et du cynisme politiques. Je traduis en langage plus clair et plus direct : votez pourri, mais pas salop. Étant entendu que Chirac n’était pas plus pourri que les autres et que Le Pen n’était pas potentiellement moins pourri que Chirac. Et que la pourriture déborde souvent généreusement sur la masse. C’est comme ça que l’on obtient des municipalités inamovibles de droite ou de gauche.  Étant entendu également que faire front commun droite-gauche, union nationale contre le « mal absolu » a un nom : totalitarisme, généralement propre aux temps de guerre. Et qu’il n’y a aucune différence sur le fond des libertés individuelles entre un fascisme ou néo-fascisme « de droite » et un stalinisme ou néo-stalinisme « de gauche ».

La gauche, la vraie gauche (s’il en restait encore) avait l’occasion de se démarquer et d’appeler franchement à l’abstention. Chirac aurait été élu, mais non par un grand nombre d’électeurs mais par un petit. Chirac peu légitime, la gauche avait une occasion unique de remettre en cause cette pseudo-démocratie bourgeoise ou le peuple n’a presque pas de pouvoir, et de créer un mouvement social qui aurait peut-être pu déboucher sur une nouvelle constitution. Ô, c’est vrai : qu’attendre de ces êtres totalement englués dans le système, y compris à l’extrême-gauche.

Personnellement je n’ai voté, ni au premier, ni au second tour, de cette mascarade démocratique. De ce second tour grotesque où la gauche se la jouait à : facho, fais-moi peur !

Au fait pourquoi, à droite comme à gauche, rejette-t-on toujours aux calendes grecques l’usage de scrutins autres à la proportionnelle ? Pourquoi ne copions-nous pas les suisses dans le domaine des référendums ? Je vais vous le dire : parce que les français, du moins une masse de français votent mal ou ne votent même plus (à gauche comme à droite) et cela s’accommode très bien (jusqu’à un certain point à ne pas dépasser) du système présent.

Les limites de la « démocratie », on les connaît. Elles sont définies par certaines lois anticonstitutionnelles, en retrait par rapport au XIXe siècle ! comme la loi Pleven (de droite) et la loi Fabius-Gayssot (de gauche). Ou par une sorte de jurisprudence tacite et non-écrite de la bourgeoisie dirigeante : passer outre le « mauvais résultat » d’un référendum par exemple ; ou encourager l’existence d’un « mauvais parti épouvantail », mais le déclarer quasi hors-la-loi et recourir à l’union nationale s’il prend trop d’ampleur. Et j’ajoute le tout fondé sur l’esprit dichotomique et l’irrationalité inhérents à la pensée humaine moyenne.

Je ne cesserai de répéter que la démocratie parfaite a pour noms : dictature et totalitarisme. La « démocratie totalitaire » ou le « totalitarisme démocratique » comme l’a nommé un jour cet écrivain (et dissident) russe vivant en France dont je n’ai plus ici le nom en tête.

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