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La mystérieuse haine de soi (« Selbsthass ») d’Andreas Lubitz. Par Olivier Mathieu.

27 mars 2015

Pourquoi Andreas Lubitz avait-il semble-t-il tant de « haine de soi » (en allemand, Selbsthass)? Déprimé ? Psychotique ? Traité en psychiatrie pendant un certain temps ? Ce ne sont encore que des questions, mais le portrait d’Andreas Lubitz s’affine. Comment admettre, comment comprendre qu’un homme de 28 ans, qui jusqu’à un certain point semblait « normal », ait pu soudain précipiter un avion vers l’anéantissement ? Pour quelle raison prend-il cette décision, juste après ce qui semble avoir été une sorte de dispute avec son commandant de bord ? D’après la presse, et d’après les enregistrements des conversations dans l’intimité de la cabine de pilotage, les deux hommes parlent normalement. Soudain, Andreas semble plus froid. L’aîné sort brusquement. Andreas ferme la porte. On connaît la suite. Quels étaient les liens entre les deux pilotes ? Etaient-ils amis ? Se fréquentaient-ils dans la vie de tous les jours ? Faisaient-ils souvent équipe ensemble ?

      Que de doutes ! Tous les journaux français et internationaux sont d’accord au moins sur un point ou deux, son âge et son domicile: Andreas Gunther Lubitz avait environ vingt-huit ans (à propos, je n’ai pas encore pu trouver sa date et son lieu de naissance : pourquoi donc ?), et il habitait chez ses parents.

      Tiens, arrêtons-nous un instant sur ce point : il habitait encore chez ses parents, à 28 ans. Certes, la presse italienne d’hier a prétendu qu’il avait une fiancée italienne, on a même indiqué l’identité d’une jeune femme italienne, mais la chose est totalement fausse. Aucune fiancée italienne.

      Le Procureur de la République de Marseille a cru utile d’indiquer que l’autre pilote, Sondenheimer, était marié et qu’il avait deux enfants. J’ignore le but de la précision (qu’importe que Sondenheimer ait trois, cinq ou douze enfants ?), mais puisque le Procureur de la République indique cela sur un des deux pilotes, j’en déduis en simple et pure logique que l’autre (Andreas Lubitz) était célibataire et sans enfants.

      Alors, l’une des questions à se poser, dans le but nécessaire d’arriver à une vérité au sujet d’un homme qui a emporté avec lui 149 personnes (des personnes qui auraient pu être vous ou moi), pourrait être : Andreas Lubitz avait-il une fiancée ?

Qu’en est-il de la (supposée) « rupture sentimentale » d’Andreas, dont les voix circulent (à tort ou à raison) sur les forums (souvent peu fiables) d’Internet ? Mais comment se fait-il que personne ne révèle le nom et l’identité de l’ex fiancée (voire de l’ex-fiancé) d’Andreas ?  Cette rupture sentimentale expliquerait-elle sa (supposée aussi) dépression ? Mais au fait, Andreas (dont une photo un peu « fleur bleue », sur Facebook, était prise à San Francisco, ville notoirement appréciée par les gays américains) était-il hétérosexuel ?

      Puisque « rien ne suggère qu’il s’agisse d’un acte terroriste », comme disent les enquêteurs, est-ce alors vers la vie privée qu’il faut diriger des investigations ? Andreas Lubitz, qu’il ait été homosexuel ou pas, a-t-il commis un suicide, un attentat, un attentat suicide ? Son suicide, certainement, a fini dans ce qui ressemble hélas, même si ce n’en est pas un, à un attentat. En ces heures dramatiques, jamais la frontière entre les trois concepts (suicide, attentat, attentat suicide) n’a peut-être été aussi floue.

Olivier Mathieu

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